Pourquoi ma fille fera finalement allemand ET latin

Ce reniement de moi-même, qui doit inspirer bien des sarcasmes à tous ceux -mes parents en tête- à qui j’ai martelé JAMAIS je ferai faire allemand à mes gosses, vous entendez? JAMAIS! ou encore Mais le latin quelle connerie, ça aide en français mon oeil (oui je suis vulgaire quand je suis convaincue), ça sert à que dalle, 6 ans de latin que je me suis tapés pour 5 points en plus au bac, tu parles d’une arnaque (rire sardonique), ce reniement de moi-même, donc, aurait pu survenir au détour d’une réunion de rentrée de Grande Section.

Cela aurait sonné plus tragique, je te laisse en juger par toi-même:

Enseignante: Donc, en écriture, la compétence attendue en fin de Grande Section est de savoir écrire son prénom.

Silence docte et quasi religieux de l’assistance parentale. J’attends la fin de la phrase, qui ne vient pas. Je lève la main :

Ex-prof des écoles chiantasse: Pardon, vous voulez dire écrire son prénom sur une ligne?

Re-enseignante: Euh non (ton contraint, presque navré) c’est fini ça, maintenant c’est seulement écrire son prénom qui est attendu mais rassurez-vous, si nous sentons que votre enf…

Je n’écoute plus. Mon cerveau commence à faire le compte du naufrage:

Mais attends je rêve de ouf là! (bienvenue dans mon cerveau) Ça veut dire qu’en 15 années, de mes débuts dans l’Education Nationale jusqu’à ma triste fin, on est passé de écrire-une-phrase-complète-avec-masjuscule-et-ponctuation-entre-deux-lignes à écrire-son-prénom-sur-une-ligne et enfin écrire-son-prénom? Mais c’est quoi cette escroquerie? En quoi les gamins de 5/6 ans d’aujourd’hui seraient moins capables d’écrire entre deux lignes qu’il y a quinze ans?

Ça y est, c’est officiel, je suis révoltée. Je vais en faire illico une anecdote (que tous mes proches connaissent d’ores et déjà). Je commanderai dès la fin de la réunion, à 20h06 très précisément, deux cahiers d’écriture à lignage pour ma fille de presque 6 ans. Non mais.

Mais mon reniement, que dis-je, mon apostasie n’est pas issue de cet épisode. Elle a eu lieu en juin. Elle est moins avouable, plus prosaïque. Elle a eu lieu lorsque ma fille aînée a ramené une feuille d’inscription pour la classe 6ème bilangue. Anglais – allemand. No choice. No espagnol. Avec lettre de motivation à remplir et tout et tout (tain ça doit être le truc hyper demandé, je suis sûre qu’on est déjà tous penchés sur cette feuille à trouver toutes les qualités du monde à la langue de Goethe, ça va être la foire d’empoigne, pire, un massacre, vas-y hop, quels arguments je peux trouver sur le net, heureusement que j’ai fait 12 ans d’allemand et que j’ai l’habilitation ça sonnera plus vrai).

Voilà comment ça s’est fait. Comment ça s’est joué. On n’était au courant de rien a priori, on ne voulait pas spécialement que notre fille fasse allemand. Mais cette feuille, c’était comme si l’Education Nationale me sussurrait: Pour une fois, nous allons essayer, sans garantie de résultat mais au moins nous allons faire un effort, nous allons essayer donc de tirer vos enfants vers le haut, en leur réclamant un peu plus que le strict minimum, sans que vous ayez à débourser de l’argent ou à courir après un établissement prestigieux.

Deux heures de langue en plus, pendant un an. C’est pas la prépa langue non plus, hein. Mais on s’est dit: allez, un peu d’élitisme intellectuel, ça peut pas faire de mal. On savait que ça ne garantirait pas « une bonne classe », puisque les effectifs sont mélangés, à raison (finalement, il ne seront que 12 à choisir la classe bilangue, dont 11 garçons). On y a vu l’occasion pour notre fille d’améliorer son anglais plutôt moyen (anglais et allemand ont les mêmes racines) et surtout de lui inculquer le goût de l’effort.

On ne lui a absolument pas demandé son avis. Et on ne le lui demandera pas non plus pour le latin.

Quand je suis entrée au collège, je crois bien qu’un tiers des élèves, voire la moitié, faisait assez naturellement latin dès la 5ème. Il n’était pas rare que des profils scientifiques choisissent et poursuivent le latin jusqu’à la Terminale. Personne n’en est mort. Je dirais même qu’on s’est bien marrés, surtout au lycée. Aujourd’hui, on est plutôt autour d’un dizième (et encore) des effectifs sur le collège de ma fille (favorisé).

Ma fille fera latin. Attention, hein, je n’ai pas changé d’avis sur la question de l’utilité de cette langue en soi (proche de…pas de zéro, quand-même pas hein, mais avouons-le, si t’es une quiche en orthographe, ce n’est pas en déclinant rosa, rosae, rosam que tu vas soudainement devenir un champion de la chaîne d’accords). En revanche, je suis convaincue de l’utilité du bagage culturel et intellectuel que cette langue donne. Faire du latin, c’est lire et réfléchir sur des textes qui questionnent le monde très tôt, c’est se constituer un corpus à la fois personnel et universel d’auteurs qui ont influencé notre culture et notre littérature, c’est apprendre à penser, à travailler son esprit critique.

Je fais partie de ces gens peu fréquentables convaincus que le niveau baisse. Le fameux nivellement par le bas, marronnier cher à la droite (et je ne suis pas de droite). Faut dire que ce n’est pas un scoop et qu’il n’est pas difficile, ni exceptionnel d’être convaincu(e) de cette évidence: le QI baisse continuellement depuis 20 ans (j’en avais parlé dans cet article il y a 4 ans déjà), mettant fin à une progression constante de plus d’un siècle (je t’invite à regarder cette vidéo navrante d’ARTE sur le sujet), et les résultats de la France aux tests PISA s’en font le triste écho, même si je ne suis pas certaine que les deux réalités soient directement liées. C’est ce nivellement par le bas qui, par exemple, fait qu’aujourd’hui on étudie au lycée des extraits d’oeuvre plutôt que des oeuvres intégrales.

La moralité que je suis tentée de tirer, c’est que mes enfants sont sinon sûrement, du moins potentiellement plus cons que moi. Avoue que ça ferait chier le premier clampin venu.

Faire faire de l’allemand avec un an d’avance à notre fille et du latin (au même titre que du code informatique en club collège), c’est une manière pour nous d’entrer en résistance, oui, rien moins que cela. De refuser le mieux que rien, le si déjà elle s’en sort. Pas par rapport aux autres, mais avec le souci d’une exigence vis à vis d’elle seule. Certes, on ne lui laisse pas le choix. Mais il n’y a aucune raison qu’on le lui laisse à cet âge. Elle n’a pas la maturité pour saisir les tenants et les aboutissants de ce type d’option. Elle ne connaît ni l’allemand, ni l’espagnol, et part donc sur un terrain vierge. Elle est bonne élève et il n’y a aucune raison qu’elle ne soit pas poussée plus loin, à défaut d’être poussée dans ses retranchements. Évidemment, si elle est nulle, si elle n’aime pas, nous ne la forcerons pas à continuer jusqu’à ses 20 ans. Mais elle aura essayé. Elle aura tenté, pris goût peut-être à se fixer une discipline, à se dire qu’elle peut plus, qu’elle peut mieux. Elle aura, on l’espère, pris goût au savoir, et à l’effort.

Et vous savez quoi? Mais que c’est bon, de relire et de redire de l’allemand avec elle. Qui l’eût cru?

28 commentaires Ajouter un commentaire

  1. GToch dit :

    ♡♡♡
    Je ne suis pas convaincue de la réelle baisse de niveau. Je pense qu’on leur demande de faire plus de choses dans plus de domaines et qu’en conséquence c’est moins approfondi au premier abord. Après je ne dis pas que c’était une bonne idée 😉

    A l’entrée en 6ème Pilou1 hésitait entre classe artistique ou bilingue, voir les deux ! Après discussion avec lui je lui ai demandé de faire un choix. Il a pris artistique. Ok.

    Cette année en 5ème, il poursuit l’option artistique. Après la batterie, c’est le cor ! J’ai envie de pleurer 😉
    Entre espagnol et allemand il a demandé allemand. Son choix car il voulait être sûr que je puisse l’aider. Ok.
    Puis il est venu avec sa feuille de latin… ha… nous n’étions pas chaud face à la charge de travail mais il était convaincu. Et surtout il espère partir à Rome 😉

    Les semaines peuvent être un peu compliquée et chargées mais il a fait ses choix. Ce n’est pas un bourreau de travail mais il est très curieux de tout.

    Ma fille entre l’année prochaine en 6ème. Elle a déjà décidé bilingue anglais-allemand (pas le choix des langues) et voudrait faire espagnol et latin en 5ème en plus… je pleure déjà mais si elle est chaude go !

    Je n’ai rien forcé ou choisi à leur place. Les différentes options sont présentées par le collège directement. Mais j’avoue que ça m’arrange.
    1 ça occupe l’emploi du temps car à cause du transport le collège est calé sur les horaires du lycée.
    2 il n’y a personne pour aller les chercher si ils finissent tôt.
    3 Ils vont ENFIN être brassés avec d’autres élèves et je l’avoue les petites crottes du village qui sont avec eux depuis la maternelle sont nullement intéressées par ce genre d’option. C’est moche mais c’est vrai.

    Pardon…

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    1. Je suis d’accord avec toi, il y a une tendance à l’éparpillement. Mais toujours est-il qu’entre le moment où j’ai été élève en primaire-collège et le moment où mes enfants le sont, l’équivalent d’une année scolaire a été « perdue » en maths. Les élèves de 4ème d’aujourd’hui ont le niveau de 5ème de ceux d’il y a 30 ans. Il y a de quoi s’effarer.
      C’est génial que tes enfants aient été partants d’eux-mêmes. Ça doit grandement te soulager au moment de signer les feuilles d’orientation.
      Franchement, ici, ma fille n’a pas rechigné contre la classe bilangue. On lui explique (quand-même) à quel point c’est une chance qui lui est offerte. C’est plus contre l’allemand, qu’elle a rechigné. Mais pourquoi? Parce que tous ses copains vont faire espagnol. Elle n’a pas d’opinion sur la langue en elle-même, même si je pense que sa réputation de langue difficile et élitiste a pu lui venir aux oreilles. Et comme elle manque de confiance en elle…

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  2. Cindy dit :

    Ah la la !! La question des options et autres réjouissances… un délicieux casse-tête pour certaines familles. Étant prof d’espagnol autant te dire que je me suis régalée à te lire. 😜
    Alors chez nous la question de la seconde langue ne s’est évidemment pas posée. Dur de se dire que son enfant n’etudiera pas la langue que tu chéris et enseignes depuis 15 ans. Mais pour le latin, la question s’est posée. J’en ai moi-même fait pendant mes années collège et à la fac. J’adorais. Mais je ne voulais en aucun cas décider pour ma fille, parce que finalement cela demande un investissement supplémentaire de l’enfant. La décision de ma fille de faire latin est finalement venue du fait que le professeur avait annoncé qu’il n’y aurait pas de devoirs et certainement un voyage à Rome. Il n’en fallait pas plus pour ma grande….c’était signé. Et aucun regret pour l’instant car elle s’est rendue compte très vite que c’était avant tout un apport culturel et linguistique intéressant. Tant mieux. Pour ce qui est de l’allemand, si sa fibre littéraire se confirme, elle pourra en faire au lycée en troisième langue, comme sa digne mère !😉

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    1. J’aurais été prof d’espagnol, j’aurais fait comme toi bien évidemment (sans compter l’appui que tu peux lui fournir). Ici c’est vraiment la classe bilangue qui nous a fait décider pour l’allemand. Mon mari a fait espagnol, il était bon et aimait cette langue donc les deux options étaient possibles. C’est plus la possibilité du bilangue qui a fait pencher la balance.
      Pour le latin, je vends évidemment aussi le voyage à Rome (que, soit dit en passant, je n’ai JAMAIS fait au collège, arnaque, jusqu’au bout) mais surtout, je n’hésite pas à lui sortir des arguments auxquels je crois: oui, le latin donne un beau bagage culturel, oui, il va t’aider à réfléchir très tôt à des concepts philosophiques et OUI, je crois qu’il faut que tu fasses latin parce que tu en es capable et qu’il faut viser haut. Si elle en devient convaincue par elle-même comme la tienne quand elle suivra les cours, j’aurai tout gagné 🙂

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  3. ADELINE dit :

    Prof de collège depuis 15 ans, je confirme, le niveau baisse… en public. Et c’est UNIQUEMENT la responsabilité d’une politique d’inclusion SANS MOYEN (6h d’accompagnement AESH pour un élève qui ne peut pas écrire car porteur de handicap, laissez-moi me gausser… et pleurer sur son triste sort, au passage), qui nous fait déployer une énergie monstre, voire inhumaine, pour les élèves à besoins particuliers et oblige les meilleurs à être autonomes. Or, en 6ème, si on n’est pas poussé par un tiers, ben l’autonomie, c’est relatif.
    Le naufrage est enclenché, et avec nos petits bras, nos classes à 30, nos multiples injonctions à diversifier, nos heures de bénévolat « oui-mais-tu-comprends-c’est-pour-le-bien-des-élèves », nos parents qui ont autre chose à faire que de prendre du temps pour guider leur enfant, nous sommes trop peu pour écoper.
    Nous n’en demandons pas plus au élèves. Pauvres chats, faudrait pas les brusquer. Nous attendons moins. Et les IEN de se targuer: « Ah c’est bien, on a 48% des élèves qui maitrisent la numération au CE1. » Donc bah c’est bien, qu’elle a dit, la dame. Et si on fait la moindre grimace, gare à nous. PAS DE VAGUE. Ya pas besoin de toute façon, on prend déjà l’eau de toutes parts.
    La bilangue, chez nous, c’est fini. On n’a pas les heures. L’euro? Bah! Qui pleurera la fin de cette section élitiste? Ne reste que le Latin. Qui meurt à petit feu, qu’il faut défendre mordicus tous les ans et qu’on galère à coller sur les emplois du temps parce que  » bah oui mais si Minou fait Latin, il pourra pas manger prio à la cantoche. »
    T’as raison, on ne meurt pas de trop savoir. Mais on meurt d’ignorance, alors battons-nous pour l’ouverture d’esprit!

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    1. Je suis également convaincue que la baisse de niveau est due aux politiques éducatives successives plutôt qu’à la baisse de QI (le QI baisse dans de nombreux pays, mais de nombreux pays ne voient pas leur score PISA chuter dramatiquement pour autant). Je pense sincèrement que le cap donné aux programmes depuis des dizaines d’années veut absolument donner dans l’égalitarisme plutôt que l’élitisme, la bienveillance plutôt que l’exigence…avec les résultats qu’on connaît. Ce n’est pas en adaptant le niveau à celui des élèves en difficulté pour lisser l’accession aux diplômes qu’on va résoudre la chute (chute libre même) du niveau de l’éducation en France. Tous les élèves devraient pouvoir faire du latin, ne serait-ce qu’en version civilisation plutôt qu’en version langue. Tous les élèves devraient pouvoir étudier des oeuvres intégrales plutôt que des extraits. C’est en ayant cette exigence-là pour tous et évidemment, en y mettant de vrais, bons, gros moyens, qu’on pourra renverser la vapeur.
      Blanquer a fait de la merde, mais c’est lui qui a rétabli les classes bilangue et euro que la gauche avait vouées aux gémonies pour cause d’élitisme, comme tu le dis si bien. Ici, c’est la classe euro qui a permis à l’époque à mon mari d’aller chercher autre chose que le strict minimum dans sa scolarité. C’est la classe euro qui lui a permis de rencontrer des camarades d’autres milieux, d’ouvrir un peu son horizon. Il faudrait élargir ce type de dispositif au maximum, et le proposer surtout aux élèves et familles qui n’y penseraient pas de prime abord.

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      1. ADELINE dit :

        Ah, je crois que tu n’as pas saisi l’ironie de mon commentaire: je fulmine sur la disparition de l’euro, de la bilangue, et de toutes les sections qui permettaient l’ouverture d’esprit des élèves qu’on pouvait pousser plus loin. Et Blanquer, il a dit: ok pour l’euro. Mais il n’a pas rétablit les heures que nous avions avant la réforme. Donc aujourd’hui, les collèges doivent choisir entre: l’aide perso, le latin, les dédoublements en sciences, en langues, la bilangue, l’euro. Dans les établissements autour de chez moi, c’est l’aide aux élèves en difficulté qui prime. Donc plus d’euro, plus de bilangue, plus de dédoublement sauf si les collègues « pèsent dans le game » et font du chantage à l’arrêt du bénévolat, des actions, de l’ouverture du collège sur l’extérieur. Ça se passe comme ça, chez nous. Et à l’arrivée, on se retrouve avec des établissements privés qui ont une large offre d’options… et nous, avec nos petits moyens: tous les ans, on nous sucre des heures. L’enveloppe s’amoindrit et il faut continuer à faire tourner la machine: donc les options pour les bons, ce sont les premières à sauter.

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      2. Ok, je résume: il a quand-même fait de la merde. Ce qui ne m’étonne pas de lui au final. Il était très très légèrement remonté dans mon estime, il est redescendu aussi sec 😉 Je suis désolée de te lire, mais pas étonnée. Du coup les établissements privés peuvent ajouter des heures? Comment font-ils pour continuer à proposer leur « offre »?

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      3. Adeline dit :

        Certains collèges privés font le choix de ne pas proposer d’aide personnalisée dans les disciplines ou de ne pas dédoubler les classes en sciences ou en langues: ça laisse un volant d’heures pour autre chose, les options. Avant la réforme, ces heures options n’étaient pas intégrées à cette enveloppe. C’étaient des heures postes, au même titre que les autres disciplines. Je ne te raconte pas la foire d’empoigne quand il a fallu que chacun défende son bout de gras. La bilangue et l’euro peuvent être réintégrées, mais elles font partie de l’enveloppe volante: donc il faut choisir. Suivant le bassin de captation des élèves, tu comprends bien qu’il y a des priorités diverses… or, dans une région où le privé est très présent, et peut filtrer les inscriptions, notre priorité à nous, c’est plutôt l’aide. C’est toujours l’histoire du: on supprime, on enlève des heures, on réintègre mais on ne redonne pas les heures. Faire plus avec moins, en somme… C’est pas nouveau, ça n’a pas de couleur politique, ça sent juste bon les économies dans un domaine qui ne rapporte pas. J’attends de voir comment va se mettre en place la réintégration des maths au lycée, mais je suis prête à parier qu’il n’y aura pas les heures postes dédiées. Il faudra rogner ailleurs.
        Moi j’ai décidé de faire autre chose: je fais faire de la couture à certains élèves, une heure par semaine. ça aussi, ça ouvre l’esprit!

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      4. Merci pour ces explications qui montrent bien les effets d’annonce « ah, c’est bien, ils ont rétabli les classes euro! », ou « ah, c’est bien, ils vont enfin remettre les maths au lycée! » derrière lesquels se cachent la misère à laquelle on nous a habitués et le clientélisme des établissements privés. De l’extérieur, en simples parents d’élèves, on ne « voit » pas tout ça, même si on se doute un peu des arrangements qui ont lieu (pourquoi ma copine a pu inscrire son fils en classe euro alors que dans mon collège ça n’existe même pas? Mystère…)
        Bonne idée la couture! Les enseignements manuels sont tellement dévalorisés…

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    2. ADELINE dit :

      Je viens de voir que mon nom apparaît en entier sur mes publications précédentes, peux-tu les supprimer? Vu ce que ça t’a apporté comme problème, je me dis, on ne sait jamais! 🙂

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      1. C’est rectifié, tu as raison, on n’est jamais trop prudent dans la maison EN…

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  4. Nath dit :

    Je ne saurais dire mieux tellement je me retrouve dans ton article! , Le nivellement par le bas n’est pas une illusion, la multiplication des activités n’est que poudre aux yeux pour masquer le désastre, la disparition des notes également, en plus d’être une horreur qui démotive absolument tous les enfants quelque soit leur niveau (passer de 8 à 9 sur 20 peut motiver, mais passer de jaune à jaune non…). (c’est du vécu pour avoir eu mes enfants dans un collège sans puis avec notes!)

    Et avec ces options, bien sûr que tes enfants vont se retrouver dans une « bonne classe » »! les établissement s’en défendent bien sûr car ce n’est pas politiquement correct, mais bizarrement on retrouve systématiquement les meilleures classes dans ces sections!

    Lutter contre le nivellement par le bas n’est pas être de droite. C’est plutôt la « gauche » qui trahit ses idéaux depuis des décennies avec la destruction minutieuse de tout ce qui se fait de bien dans l’instruction!

    Bon courage pour le collège!

    Nath

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    1. Je n’ai jamais testé le sans notes, que ce soit dans mon expérience de prof ou à travers mes enfants. Mais tout ce que je sais, c’est que l’évaluation par compétences et par couleurs, qui avait débuté peu de temps avant que je ne quitte le navire, m’avait laissé le goût d’un truc brouillon, flou, délayé.
      Quant à la bonne classe, je dois te donner raison. 12 élèves motivés pour faire 2 heures en + que leurs camarades, ça fait des élèves sérieux et bosseurs, et rassemblés dans une classe, ça fait la moitié d’un effectif. Résultat: il nous est déjà revenu aux oreilles que la classe de notre fille était la meilleure 6ème du collège.
      Pour ta dernière phrase, je te rejoins et te laisse lire ma réponse à Adeline ci-dessus…

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  5. Ah, tu prêches une convaincue ! Ma fille a fait allemand-anglais dès la 6e et espagnol en plus en 5e. Malheureusement, elle a eu en 4e une très mauvaise prof d’allemand qui l’a dégoûtée de la matière (je lui en veux encore, à cette prof).
    Je n’ai pas pu lui faire faire latin ou grec pour des problèmes d’horaires, et je le regrette vraiment. De mon côté j’ai fait latin et grec jusqu’en terminale tout en étant en filière scientifique, et même si je serais bien embêtée de faire aujourd’hui une version, j’en garde un merveilleux souvenir et une culture générale qui est précieuse (comme l’enseignement religieux, en fait, croyant ou non ça donne accès à la culture, au sens dans la peinture, la musique, l’histoire etc…)
    Et puis comme dit Gtoch, blinder l’horaire de son enfant ça l’occupe et ça l’empêche qu’il glande devant la télé en rentrant plus tôt ! très intéressant ton reportage d’ARTE, je viens de le regarder et je suis absolument convaincue de ce qu’ils disent. Bref, je vais continuer à pousser mes enfants à lire, et à limiter la conso d’écrans, pour qu’ils ne perdent ps trop de points de QI! Mort au bullshit !

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    1. Alors ici, le deal c’est: l’allemand est la 2ème langue, pas de 3ème langue possible et pas de possibilité de changer en cours de route, notamment en 5ème. Grosse pression donc au moment du choix. Le prof est très important. Je détestais mon prof d’allemand au collège, je n’aimais pas sa personnalité ni sa façon d’enseigner, et je me suis davantage réconciliée avec la matière au lycée grâce à une très bonne prof (Mme Bontemps, si vous me lisez, spéciale dédicace).
      Pour le latin je te rejoins. En tant qu’ado on a souvent une vision très comptable de cette langue avec les points en plus au bac, mais en mûrissant j’ai pris conscience de tout le bagage qu’elle m’a apporté (et tu le sais, je te rejoins mille fois pour la culture religieuse, qui m’a énormément servi lors de mes études).
      Le reportage d’ARTE m’a été conseillé par une ex-collègue avec qui j’avais déjà discuté de cette baisse généralisée du QI (qui, on l’aura remarqué, a lieu parallèlement à une explosion miraculeuse des profils HPI chez les enfants après des diagnostics de psy complaisants: lire un excellent article de Libé sur le sujet). Luttons!

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  6. Mummy dit :

    Ahaha, sans commentaire particulier 😉 mais souviens toi de l option math en terminale ! (Ou en 1ère ? )

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    1. Fontaine je ne boirai pas de ton eau, y’a que les cons qui changent pas d’avis, tout ça, tout ça! Savoure maman 😉 Mais pour les maths, ça n’a rien à voir! J’étais nulle (parce que je ne faisais pas d’efforts, certes), j’avais 9 de moyenne, j’abhorrais cette matière! Là on est sur une enfant capable et qui n’a pas encore d’opinion sur les matières qu’on lui fait essayer. Et allemand 1ère langue on ne l’aurait jamais fait. La priorité est et restera toujours l’anglais.
      Enfin, on reparlera des maths dans quelques années…je remangerai peut-être mon chapeau, ahaha.

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  7. Nath dit :

    Ah oui j’ai regardé le documentaire d’Arte également. Contrairement à d’autres, je ne suis pas convaincue du tout. Il font dans le sensationnel sans rien apporter de vraiment nouveau (les produits chimiques sont pointés du doigt depuis un moment par tout le monde).

    Par contre, ils évitent soigneusement l’explication centrale: depuis les années 80 (fin 80’s peut être), on investit de moins en moins et dans l’éducation et dans la recherche publique: hausse du nombre d’élèves par classe, baisse du nombre d’heure de cours sur la semaine, réduction d’effectifs (enseignants et surveillants), baisse des moyens, inclusion sans moyens dédiés, ce qui conduit forcément à moins d’attention pour chaque élève, et on baisse les exigences pour masquer la misère…

    Ben forcément, si on a des élèves moins bien entraînés, on va avoir de moins bons résultats aux tests de QI, qui restent très corrélés à la performance scolaire (malgré les tentatives pour s’en détacher).

    Ce que je me demande, c’est si le reportage pratique sciemment l’auto censure afin de diriger l’attention du chaland loin des sujets qui fâchent (l’abandon de l’éduction et de la recherche par l’Etat), ou si c’est un oubli sincère… dans les 2 cas ça n’est pas bon…

    Moi j’ai très très peur de l’abandon des notes qui se profile… cela sonnerait clairement le glas de l’école publique!

    Encore merci pour ton article et la possibilité d’échanger!

    Nath

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    1. Pour avoir assisté à une conférence animée par une éminente professeure du CIRC, je peux te dire que malheureusement je suis convaincue. Il a été prouvé que les perturbateurs endocriniens empêche l’hormone thyroïdienne de jouer son rôle de tuteur dans la construction du cerveau dans les 5 premiers mois de grossesse et ampute ainsi son potentiel (en résumé hein). Ce n’est sûrement pas la seule cause et heureusement, et comme toi je suis certaine que la politique éducative en France manque d’ambition et surtout, de moyens et qu’on exige de moins en moins de nos enfants. C’est pas bon, comme tu dis…

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  8. mamoundines dit :

    Ahhhh! la grande question des options!
    Ici c’est Espagnol et Latin. C’est elle qui a décidé et moi ça me va. Bon, pas sûre qu’elle fasse du latin (et un peu de grec apparemment) jusqu’au Lycée mais au moins elle acquière un peu le goût de l’effort.
    Et si elle avait pu faire Espagnol dès la 6ème je pense que je l’y aurais mise. Mais malheureusement cette option n’existe que pour les germaniques (ça attire). Mais c’est dommage.

    Bref. Merci pour ton article qui m’a replongé quelques temps dans mes cours de latin (Pour gagner quelques points au BAC. Franchement, vue la masse de travail que ça demandait c’était clairement pas un bon plan stratégique. Mais je ne regrette pas)

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    1. Ahaha, le fameux goût de l’effort, on en a déjà parlé ensemble il me semble. C’est super qu’elle ait décidé seule pour le latin. Ici, fille aînée est de plus en plus convaincue de l’intérêt de cette option. Et depuis son entrée au collège, je suis largement rassurée par son goût de l’effort 😉 Comme si cette section lui avait mis une pression, mais dans le bon sens du terme, elle a tout de suite eu le pied à l’étrier et les résultats s’en ressentent.
      Oui, peut-être qu’ils réservent la carotte du bilangue à l’allemand qui reste une langue dépréciée et mal-aimée. Bon ici ça n’a pas fonctionné des masses. Il y a 3 ans, 20 germanistes en bilangue. Aujourd’hui, 12…

      Je ne me souviens pas d’une charge de travail de ouf en latin. En tout cas plus de boulot au lycée qu’au collège (hum, le doux parfum des versions et des thèmes…je serais incapable d’en refaire!!)

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  9. Cynthia dit :

    Je n’ai pas fait de 6è trilingue, je ne faisais que de l’anglais.Mais plus tard, j’ai étudié également l’allemand et le latin, puis l’espagnol… J’en garde très peu de souvenirs et n’en ai plus l’utilité aujourd’hui, sauf pour l’anglais. Tout ça pour dire que je suis d’accord de la baisse du niveau des élèves en France mais je ne sais pas si apprendre 3 ou 4 langues en même temps soit une solution. Est-ce qu’on ne devrait pas renforcer l’apprentissage de l’anglais plutôt ?
    Je ne peux pas croire que tu prennes du plaisir à entendre parler allemand régulièrement 😄…

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    1. On est bien d’accord que la langue n°1 à privilégier quoiqu’il arrive c’est l’anglais. Moi non plus je n’ai plus d’utilité à pratiquer l’allemand, et le latin n’en parlons pas. Tout au plus cela m’aide-t-il à capter quelques mots d’espagnol justement (semper/siempre). Et siii je prends plaisir à parler allemand! Même moi je n’en revenais pas! En fait je rends compte de la maîtrise orale et écrite que j’avais de cette langue et ça revient vite, c’est hyper gratifiant même si ça sert à rien ahaha
      Je te rejoins sur le fait qu’apprendre 3 ou 4 langues n’est pas la solution miracle à la médiocrité ambiante. Mais en tous temps, à toutes les époques, ce sont les profils diversifiés et complets qui ont fait la différence. Ça passe par les langues de manière assez classique dans les établissements publics, mais ça peut être aussi une option musique (le premier commentaire le mentionne) ou arts, c’est juste qu’on ne nous le propose pas dans la majorité des cas. Anglais renforcé ça existe d’ailleurs (moi j’avais allemand renforcé en option au bac). Et renforcer l’anglais ça passe par le déploiement des classes européennes par exemple, et donc par des options. Je pense aussi que les langues ont des ponts entre elles et qu’en apprendre plusieurs peut renforcer leur apprentissage mutuel (les gamins bilingues sont souvent très bons en langues). Je trouve qu’aujourd’hui on conclut trop vite « que ça sert à rien » pour abandonner des options dont on a pourtant vu l’utilité pendant des décennies. Même si ça ne sert pas à l’âge adulte, je suis convaincue que ça sert pour la formation du cerveau au moment où on étudie.

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  10. Miss Zen dit :

    J’ai eu la même colère que toi hier soir – première réunion des parents depuis la rentrée au collège (mon fils est scolarisé en Belgique). RDV avec le prof de français, je suis un peu inquiète du contenu du cours….
    Réponses affligées de la prof :
     » des dictées ? oh ma bonne dame c’est interdit par l’éducation nationale »
    « de la grammaire ? oui mais de manière ludique je n’ai déjà que 10 élèves qui suivent , sans parler des recommandations pour adapter mon cours aux dyslexiques, dyspraxiques, HP etc. »
     » vous êtes la seule qui me félicite pour la liste des livres – certains parents pensent que c’est trop…. »
    J’étais arrivée bien remontée mais face au désarroi et au stress de cette femme, je ne savais plus trop si j’avais envie de pleurer ou d’hurler sur le peu d’estime que l’on accorde à notre jeunesse en leur proposant toujours de viser le plus bas possible !

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    1. Quand ma fille a osé dire qu’elle n’avait pas choisi de faire allemand (comme si elle était la seule dans ce cas), ses camarades l’ont encouragée à se « rebeller » (sic) contre nous. J’y vois le signe que des enfants de 10-11 ans trouvent totalement normal qu’on leur laisse le plus libre choix dans leurs options ET dans la quantité de travail à fournir, la plus petite possible évidemment (si tu penses que ce sera trop pour toi, alors c’est que ce sera trop pour toi, mon/ma chéri(e), et tu feras ce que tu veux), comme si ce n’étaient pas les profs les plus compétents pour savoir jusqu’où pousser la sélection d’une liste d’oeuvres où savoir à qui conseiller telle ou telle option, parce qu’il/elle en est capable.
      Ma fille non plus ne fait pas de dictée au premier trimestre. Pour ne pas les brusquer et commencer « en douceur ». Mouarf.

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  11. Mi dit :

    Bonjour,
    C est intéressant d observer comme on peut raisonner de diverses façons: comme notre fils n est pas très doué pour l anglais, nous lui avons conseillé de prendre espagnol. Je n aurais pas pensé qu au contraire cela puisse l aider, peut-être à tort du reste…cela dit, je suis prof d espagnol mais, pour les classiques raisons de « bonnes classes » j etais a priori assez favorable à l allemand. Nous avons imposé sans état d âme le latin cette année (il est en 5e) car je suis convaincue des bénéfices de cette langue et, effectivement, la tendance à toujours en demander moins me chagrine. Il aime bien mais râle d avoir cours à 8h quand d autres ont cours à 9… pour ce qui est du naufrage de l enseignement en général et de l immense hypocrisie des annonces (on a « revalorisé les langues »…en diminuant les horaires et en supprimant les dédoublements !), cela me semble une évidence et une lectrice ci-dessus a parfaitement expliqué le fonctionnement actuel des établissements …et sinon, merci d avoir repris la plume!

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  12. J’ai encore une année devant moi pour que le sujet arrive sur la table!
    Mais je te rejoins sur le nivellement par le bas, l’éducation nationale n’a pas assez de moyens, de grandes classes avec des niveaux différents, ce qui fait que les enseignants ne peuvent pas s’occuper de tout le monde – tous mes amis profs ou instits me répètent la même chose.
    Et je vois bien ce qu’apprend mon fils, j’ai la sensation qu’ils sont déjà loin de ce que nous nous faisions en CM1.
    Alors oui je suis pour les pousser un peu et quand c’est possible leur offrir un regard sur autre chose.
    Le latin, même si comme tu le dis, ça n’aide pas plus pour le Français, ça ouvre culturellement parlant, ça permet d’étudier des oeuvres passionnantes, j’en garde un super souvenir!
    Pour les langues, mon fils préférerait Italien, on verra si c’est possible…

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