Le legging sous la jupe en été: nouveau carcan pour petites filles?

Le legging sous la jupe en été…hum hum…j’y avais jamais pensé tiens! C’est un faux sujet, non? Ou alors, un non-sujet, un peu comme avec les boucles d’oreilles, c’est qu’elle vire sérieusement féministe avec ses trois gamines, la Lempicka…

Et pourtant. Tu ne t’es jamais interrogé(e) sur cette tendance, rampante depuis quelques années, d’affubler les (toutes) petites filles de leggings sous les jupes ou les robes, même au plus fort de la période estivale? Moi, si. J’ai vu cette pratique progresser peu à peu dans l’école où j’enseignais, j’ai saisi au vol des remarques, à priori anodines, fondues dans le quotidien, de papas, de mamans, des remarques qui m’ont peu à peu fait prendre conscience qu’on tient avec ce sujet un problème…un sérieux problème…

Le legging sous la jupe en été à travers trois exemples

Un dimanche après-midi, dans l’intimité d’un jardin familial, une petite fille d’une huitaine d’années navigue entre sa corde à sauter et la balançoire du fond à droite. Elle est en jupe, il fait une vingtaine de degrés, le soleil commence à se faire sentir sur la peau, signe qu’on approche des heures les plus chaudes de la journée. Son père l’apostrophe: « Tu mettrais pas un legging sous ta jupe? » Pas de réponse de la principale intéressée, peut-être qu’en faisant la morte, on lui foutra la paix. « Dis, t’as pas un truc à mettre sous ta jupe, là? » Elle fait non de la tête, le père abandonne.

Un mercredi, deux mamans se retrouvent pour boire un café. L’une d’entre elles a ramené les vêtements trop petits de sa fille pour la cadette de sa copine. Elles passent en revue les vêtements, quand la première désigne une jupe: « Celle-là, elle est un peu courte, mais de toute façon, je mets toujours un legging sous les jupes d’Emma « . Sous le regard étonné de sa congénère, elle se justifie: « Je sais pas, à cause des garçons, c’est plus sûr je trouve, en tout cas je suis plus tranquille ».

Un été, un centre aéré de l’Est de la France fait passer un mot à certaines familles, les enjoignant de mettre un short ou un legging sous les jupes ou les robes de leurs petites filles, y compris d’âge maternel, pour plus de praticité lors des activités, mais aussi, parce que des garçons de 10 à 12 ans pourraient faire des remarques ou avoir des comportements inappropriés.

Trois exemples, trois manières de considérer les jupes et les robes des petites filles comme un potentiel problème.

Le legging sous la jupe en été : une dérive préoccupante?

Pourquoi c’est préoccupant?

C’est préoccupant dès lors qu’on dépasse les simples considérations pratiques. Bien entendu, on peut mettre un legging sous une jupe le matin, quand il fait encore frais, avec l’idée que la tenue va évoluer au fil de la journée et que la petite fille l’enlèvera l’après-midi quand la température montera. Mise à part cette raison, il n’y a aucune justification à doubler la tenue d’une petite fille. Aucune.

C’est inesthétique. Un legging sous une jupe ou une robe, très très objectivement, c’est moche. Tu te verrais, toi, mettre un pantacourt ou un short en coton sous ta plus belle robe d’été? Tu te verrais te balader en plein mois de juin, par 26 degrés, avec un legging qui dépasse de ta jupe quand tu vas au boulot, ou à un repas chez des amis?

C’est inconfortable. Il n’y a rien de plus confortable et d’agréable que de porter une robe en été, de sentir le vent sur ses jambes, il ne faut jamais avoir porté de robe pour affirmer le contraire. Avec une robe, rien qui serre à la taille, pas de transpiration à l’entre-jambe, une véritable sensation de légèreté et de liberté. Avec un legging sous une jupe ou une robe, on a chaud. On a, dans le cas d’une jupe, deux serrages superposés à la taille.

Une robe ou une jupe peuvent être un frein à certaines activités (sportives), c’est un fait. Dans ce cas, pourquoi ne pas tout simplement demander de privilégier un short ou un legging seul les jours où le besoin se présente, plutôt que de faire porter une tenue à moitié, une-jupe-mais-pas-trop, pourquoi dévoyer un vêtement qui a ses avantages dans d’autres contextes?

Le legging sous la jupe en été ou l’enjeu des centimètres de tissu

La petite fille en jupe ou en robe gêne. Elle gêne des papas, des garçons, des animateurs/trices, des mamans, des maîtres et des maîtresses. Elle ne gêne pas en soi – quel souci concret peut donc poser un bout de tissu qui, par inadvertance, peut se soulever? – non, elle gêne pour ce qu’elle représente et déclenche. Déjà. A 4, 5, 8 ans.

Couvrir les jambes et les cuisses d’une petite fille, c’est lui signifier, dès le plus jeune âge, que l’exposition de certaines parties de son corps est un problème dans l’espace familial et social. C’est lui signifier qu’elle doit adapter son comportement et ses tenues aux regards concupiscents, aux remarques déplacées, aux esprits mal tournés, et que montrer certaines parties de son corps expose à des risques qu’il convient d’annihiler en supprimant non l’origine du problème, mais la façon dont il se déploie et se manifeste.

C’est lui signifier que son corps ne lui appartient pas, à elle, mais qu’il appartient au cercle familial, à l’école, à l’extérieur, à la société toute entière qui exercent un contrôle sur lui, qui fixent les limites à ne pas dépasser, qui ont un droit de regard et de rectification: en dessous ou au dessus du genou, risque de soulèvement, centimètres de tissu plus ou moins décents.

Le legging sous la jupe en été: foutons la paix à nos filles

C’est lui envoyer un message déjà très négatif pour son avenir de femme libre et assumée.

Foutons la paix à nos gamines. Laissons-les porter des shorts et des pantalons si elles préfèrent, laissons-les porter des robes et des jupes à 100%, laissons-les s’en foutre que leurs vêtements puissent se lever au vent, laissons-les s’en foutre tout court.

Eduquons nos garçons. N’imposons pas à nos filles un carcan précoce supplémentaire, qui n’a de logique que celle d’adultes mal à l’aise avec l’exposition publique du corps féminin. Ne pervertissons pas leur rapport au corps et aux autres, à un âge où il se construit. Laissons-leur cette liberté, leur liberté, pour quelques années encore et on l’espère, pour toujours.

27 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Natha dit :

    Je n’avais jamais remarqué cette pratique vestimentaire mais je suis choquée qu’elle existe.

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    1. Elle est assurément plus visible dans certains milieux que d’autres, mais c’est une pratique qu’on trouve partout, malheureusement.

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  2. Picou dit :

    Je suis tout à fait d’accord, je trouve que c’est un vrai sujet… quand mes filles étaient petites j’avais tendance à faire ça (même si dans ma tête c’était surtout pour éviter les genoux chromés!), mais j’y prête attention depuis.

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    1. Oui, le réflexe peut facilement être celui de protéger les genoux, mais fait-on de même avec ceux des garçons? 😉

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  3. Alors là ton article me sidère car je n’avais même pas pensé que cela puisse exister avec des petites filles et c’est effectivement effrayant !
    Je trouve par contre que souvent la robe ou la jupe sont moins pratiques car cela peut limiter les mouvements d’une petite fille et dans ce cas je privilégie alors un simple short. Et quand ma fille le demande, c’est jupe ou robe mais sans inquiétude sur sa longueur ou sur le risque de voir un bout de culotte apparaître.
    Comme tu le dis, l’effort doit vraiment se faire sur les petits garçons et je serai très attentive à ce sujet avec mon petit gars maintenant que je connais ce phénomène !

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    1. Non seulement ça existe mais c’est assez répandu! Je ne pense pas qu’une robe ou une jupe limite les mouvements, à moins qu’elle soit vraiment moulante. Au contraire, on est libre de ses mouvements en robe et en jupe. Enfin, en théorie 😉
      Même les petites filles doivent être sensiblisées à ce type de phénomène. Mon aînée refuse catégoriquement de mettre des jupes et des robes à l’école, on ne sait pas pourquoi. Les filles intériorisent très rapidement des codes et des interdits, même lorsqu’ils sont symboliques ou non dits 😦

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  4. Cynthia dit :

    Ben voilà maintenant je vais épier les petites filles pour voir si elles ont un legging sous leur jupe, lol.
    Tu as bien raison en tous cas, c’est vrai que c’est pénible de voir les filles s’adapter à la pudeur de la société. Par contre j’avoue que pour Valentine, on fait attention à ce que les vêtements ne soient pas trop courts, notamment avec la mode des crop tops, mais je pense que c’est plus une question d’âge.

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    1. Rien qu’hier j’en ai vu 3, dont une avec un legging qui descendait aux pieds, et aujourd’hui encore 2…Hier la grande est partie avec un short très court, je l’ai laissée faire, tant qu’on ne voit pas ses fesses, tout va bien. Elle s’en foutait en fait, elle voulait mettre un short très court parce qu’il faisait très chaud 😉
      J’avoue que je n’ai pas d’avis tranché sur les crop tops et autres habits spécial ados, je ne sais pas comment je gèrerai ces sujets dans quelques années…

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  5. Morgane Chatelain dit :

    Merci pour cet article ! Je rejoins ton point de vue, on est dans les prémices du voile pour éviter les regards et c’est la petite femme en devenir qui est culpabilisée d’être ce qu’elle est, alors que le vrai combat c’est le regard empreint de désir que portent certains (jeunes ou non) hommes sur des enfants! C’est grave !
    #metoo

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    1. Pour le coup c’est vraiment un phénomène qui transcende les cultures, même si évidemment je comprends ton parallèle avec le voile. La maman de la petite Emma, c’est du véridique. Au-delà du regard des hommes et des garçons sur les petites filles, ce qui me dérange, c’est qu’on leur mette dans la tête, même si ce n’est pas dit clairement, que dévoiler son corps est dangereux, que se dévoiler est risqué, on normalise ce rapport prudent, inquiet au corps.
      L’argument souvent avancé et qui me hérisse est celui de la pudeur. C’est un argument dangereux parce qu’il est séduisant. Comme si l’on ne pouvait pas être pudique en portant une robe. Comme si le problème n’était pas précisément que la notion de pudeur ne s’applique jamais aux hommes et aux garçons. Attention à la pudeur. J’aime pas ce mot.

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  6. Une amie m’en avait parlé quand sa fille a commencé à aller à l’école. C’est tellement incroyable que j’ai bien dû lui faire répéter deux fois.
    Laissons les filles tranquille. Et arrêtons aussi de penser que les garçons sont le mal…

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    1. Et pourtant, c’est quasi normalisé, la preuve, beaucoup de personnes n’y ont jamais prêté attention. Evidemment, les garçons ne sont pas le mal. Le mal vient de ce que la société dit implicitement et explicitement de leurs rapports aux filles et aux corps des filles. C’est là qu’il faut agir.

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  7. Mummy dit :

    Super ton article ! Malheureusement, ce genre de problème ne date pas d aujourd’hui, ni même d hier….Quand j étais en primaire (et c était il y a longtemps 😁), les pantalons nous étaient interdits et quand nous avons été autorisées à en porter, nous étions obligées de porter au-dessus…robe ou jupe !! … Je comprends les mamans inquietes, peut être ont elles été dans une situation déplaisante mais tu as raison ne laissons pas ces temps révolus refaire surface ! Eduquons, Eduquons filles et garçons !

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    1. Merci maman. Et tu as raison de faire ce parallèle. Beaucoup de parents, suite à l’affaire du centre aéré, ont évoqué une forme de régression: jamais, dans les années 80/90, on aurait imaginé que ça puisse exister, d’ailleurs ça n’existait pas, à cette époque on portait robes et jupes, point. Notre époque est faussement progressiste sur certains aspects, il faut rester vigilant…

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  8. maman délire dit :

    moi j’allais en robe à l’école au printemps… et ma fille c’est vrai, avait tendance à mettre des leggings, mais pas systématiquement. il faut dire qu’en primaire elle jouait toujours par terre, a faire le chien ou le cheval bref… c’est sur qu’il y a un loup la dessous en tout cas. j’imagine la fameuse scène de Marylin si elle avait eu un legging sous sa robe blanche… encore une fois, éduquons les garçons et foutons la paix aux filles.

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    1. Oui, il y a un loup, ne serait-ce que parce qu’il vient « spontanément » à l’idée de nos filles de mettre des leggings sous leurs robes et leurs jupes, ou de ne plus en porter. Elles intériorisent les limites, elles les sentent, elles les font leurs.
      Marylin avec le legging 😀

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  9. Ma fille est déjà grande, je n’ai donc pas été hyper attentive à cette tendance même s’il est vrai que je l’ai constatée parfois. Quand elle était petite, c’était soit short / salopette, soit jupe, mais je n’ai jamais combiné les deux. C’est clairement fait dans le but qu’on ne voit pas la culotte. Dans la tête des parents, je pense que c’est histoire de ne pas exciter les pédophiles potentiels tout en satisfaisant le besoin de jupe de leur fille.

    Sur la question de la pudeur que tu abordes dans un commentaire, c’est une problématique intéressante. Il y a réellement une sexualisation des petites filles. Mais à côté de cela, je ne sais pas si je pourrais m’en affranchir totalement, pas tant par rapport au regard des autres que par rapport à moi. Je préfère garder la vision sur ma culotte et ma poitrine pour mon chéri. Mon corps intime est pour moi et nous deux. Je ne mets jamais de jupes courtes, sauf à la plage, je préfère le long qui est plus harmonieux à mon goût. Pourtant si je vivais dans un monde idéal avec des hommes éduqués, je serais sans doute plus cool donc je reconnais bien que ce n’est pas qu’une question de pudeur « interne » mais que le regard prédateur joue un rôle là-dedans.

    Cependant, je m’interroge aussi sur cette tendance à vouloir à tout prix montrer son ventre, ses épaules, son décolleté etc… L’autre jour à propos de legging, je voyais une étudiante qui portait une jupe tellement courte qu’on voyait le pli de sa fesse et sa culotte dès qu’elle se penchait légèrement. Personnellement je m’en fiche. Mais il n’y a pas de réciprocité masculine à cela. Quand il y avait eu un grand débat sur l’habillement des lycéennes l’an dernier je crois, des personnes disaient que les garçons n’étaient jamais soumis à ce genre de diktat. Mais aucun garçon ne vient au lycée avec un débardeur échancré ou un short tellement court qu’on lui voit presque le scrotum. Ca fait vieille rabat-joie de dire ça, mais c’est pas faux. Ca m’interroge quand même sur les injonctions qui dirigent, sans doute à leur insu, ces jeunes filles qui veulent à tout prix s’habiller court au prétexte que c’est juste de la peau. Pour moi, la peau de l’intérieur interne de la cuisse ou du pli de la fesse n’a pas la même connotation érotique que la peau de l’avant-bras ou du front. Grave débat, que je ne règlerai pas en un commentaire 🙂

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    1. Je pense vraiment que ce n’est pas qu’une attention portée aux potentiels pédophiles, mais justement une précoce attention à la pudeur qu’est censée avoir la fille/la femme.

      Pour ta remarque sur la pudeur, c’est intéressant. Pour ma part je dissocie totalement ma poitrine de ce terme vu que ma poitrine n’a rien d’impudique, même avec le plus indécent des décolletés. Je ne me freine pas sur les jupes non plus. Je ne vais pas mettre plus court que 3/4 de cuisses (sauf à la plage), et je ne me mets pas en jupe quand je sais que je vais devoir courir après un bus, mais sinon, l’idée qu’on puisse voir par inadvertance un bout de ma culotte ne me met pas dans tous mes états.

      Les tenues montrant le pli de la fesse me choquent autant que toi, pour moi elles ne devraient même pas être vendues. Sinon les débardeurs non, absolument pas, ni même le ventre si c’est porté avec quelque chose de « décent » par ailleurs (genre pas de crop top avec un mini short, mais un crop top avec un beau pantalon pourquoi pas) ou le décolleté. Quand il fait chaud je suis plus à l’aise avec un truc qui ne me remonte pas jusqu’au cou. Concernant les garçons, il y a quand même le caleçon qui dépasse…le fait qu’ils puissent se balader torse nu…le tee-shirt hyper moulant pour montrer les muscles…la différence avec les filles c’est qu’il n’y a aucune connotation sexuelle dans ces démonstrations et je te rejoins quand tu t’interroges sur le comportement de certaines filles, qui en réduisant les bouts de tissu sautent à pieds joints dans l’hypersexualisation de leur corps, de leur image, tombent dans la surenchère et deviennent une caricature à elles seules. M’est avis que c’est typiquement adolescent, une manière de tester les limites tout comme le fait de s’habiller grunge ou tout en noir. Ça ne veut pas dire qu’il ne faille pas fixer des limites, mais que les limites doivent aussi être tutoyées. Sinon ce ne sont plus des limites 😉

      Merci d’avoir étoffé le débat, comme à ton habitude ❤️

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  10. 3kleinegrenouilles dit :

    Je vais me faire l’avocat du diable mais mes filles portent systématiquement des leggings (longs en hiver et courts en été) sous leur jupe ou robe. L’hiver, c’est bien plus pratique et agréable qu’un collant qui glisse. L’été, cela leur permet de mettre une jupe ou une robe, si elles en ont envie tout en ayant une liberté de mouvement complète. On évite le risque de s’arracher la peau des cuisses ou de se brûler sur le toboggan, on peut s’asseoir dans le sable sans risquer d’avoir du sable rentrant dans la culotte (ce qui est très désagréable et peut engendrer quelques petits soucis) et oui, c’est vrai, elles peuvent toutes les cabrioles qu’elles veulent sans qu’on vienne leur dire qu’on voit leur culotte. Mais un garçon, dont on verrait le slip en entier, aurait aussi des réflexions à ce propos.
    Dès mon enfance, j’ai détesté les robes et les jupes (et c’est resté, je n’en porte jamais) à cause de ce manque de liberté de mouvement. Je n’ai pas voulu interdire à mes filles d’en porter et pour moi, le legging est une bonne solution.

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    1. Tu as eu raison de commenter, c’est très important de lire des avis qui divergent. Je comprends tes arguments même si je ne partage pas ton avis.
      Je trouve qu’une jupe/robe, si elle n’est pas moulante ou longue, offre autant, sinon plus de liberté de mouvement qu’un pantalon et que le seul problème réside dans le « risque » qu’on voie la culotte, c’est pour cette raison qu’on y a associé une diminution de la liberté de mouvement. Ce week-end j’ai fait le tour de Strasbourg à vélo en robe, j’étais bien, pas de tissu qui frottait contre la selle et mon entrejambe. Mes filles portent des jupes et robes depuis 10 ans et ne se sont pas plus écorché les genoux qu’avec un short, et elles ne se sont jamais brûlé ni arraché la peau des cuisses. Encore une fois, on ne prend pas toutes ces précautions avec les garçons (qui peuvent en théorie aussi s’arracher la peau des genoux et des cuisses en short, on pourrait leur mettre des leggings dessous pour les protéger).
      Quant au sable, mes filles sont en général en maillot de bain quand elles sont assises dessus et ont du sable dans la culotte quoiqu’il arrive, tout comme les garçons en short de bain je suppose. Qu’on puisse mettre un legging de temps en temps quand l’occasion ou le temps s’y prêtent, je le conçois, mais de manière systématique, non. Merci en tout cas d’avoir donné ton avis de manière mesurée et argumentée 😊

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      1. 3kleinegrenouilles dit :

        Les garçons ne portent pas de short court. Par contre, c’est compliqué de trouver un short qui ne soit pas trop mini pour une fille, c’était une demande de ma fille, qui trouvait désagréable que le short s’arrête juste en-dessous des fesses.
        En fait, on ne voit jamais le slip des garçons car ils n’ont jamais de vêtements qui le laissent apparaître (bon ok, sauf les kékés en baggy). Ma fille s’était ouverte en faisant du toboggan car il y avait une petite vis qui dépassait, ce qui n’était pas arrivé aux enfants en pantalon.
        Le problème du sable se pose chaque jour à la crèche car les enfants adorent jouer dans le bac à sable, s’y rouler, allonger, etc.
        Du coup, oui, c’est vraiment systématique ou tout du moins en semaine de mettre un legging quand les filles mettent une jupe. Les autres petites filles de la crèche sont aussi pour la plupart en legging quand elles sont en robe/jupe et je n’ai pas du tout l’impression que ça soit pour des raisons de sexualisation des petites filles mais vraiment uniquement pour l’aspect pratique.
        C’est intéressant car pour moi, la robe / la jupe est vraiment un vêtement désagréable à porter, pas pratique (s’asseoir directement sur le plastique froid ou trop chaud d’une chaise par exemple ou avoir les cuisses qui frottent, c’est tellement inconfortable).

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      2. Je vois pas mal de garçons avec des shorts bien au-dessus du genou même si la mode est aux shorts longs, par contre, je te rejoins totalement sur les shorts courts pour les filles, il faut se lever tôt pour leur trouver des bermudas, et c’est anormal.

        Pour le sable je t’avoue ne pas y faire attention. Ni pour mes élèves à l’époque, ni pour ma dernière qui a un bac à sable à l’école. Je ne l‘habille qu’en fonction de la météo ou d’une séance de sport prévue. Jamais je n’ai conseillé aux parents de mettre des leggings sous les jupes pour plus de praticité. A vrai dire ça ne m’a jamais traversé l’esprit. Preuve que je ne le jugeais pas nécessaire.

        Et c’est intéressant pour moi aussi, parce que je comprends tes ressentis désagréables vis à vis de la jupe, même si je ne les partage pas. Une robe, pour moi, est synonyme de liberté et de féminité (même si on peut être hyper sexy et féminine en pantalon). Je pense que les femmes font des va et vient vis à vis des vêtements dans leur vie, en ce moment mon aînée ne veut porter des robes qu’en dehors de l’école (ça pose question quand même…), je pense qu’au collège elle n’en portera plus du tout, y reviendra peut-être plus tard…

        Débat intéressant en tout cas, il y en a des choses à dire 😉

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  11. 3kleinegrenouilles dit :

    Bon, j’ai validé mon message avant de l’avoir terminé. J’avais noté pêle-mêle mes idées et je voulais les réorganiser un peu…

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  12. Ton billet fait écho à mon vécu. A la rentrée en petite section de ma fille, le directeur de l’établissement nous a vivement encouragés à mettre un short sous les jupes et robes de nos filles afin dixit : préserver leur intimité. L’inquiétude insinuée dans mon esprit, j’ai obéi mais c’est fini. Autant à 3 ans, j’estimais ma fille trop petite pour veiller à ne pas montrer sa culotte lorsqu’elle jouait par terre, autant aujourd’hui, elle comprend qu’on ne soulève pas sa jupe ou sa robe dès lors que les sous-vêtements sont exposés. Ce carcan du short sous la jupe aura duré quelques mois et tu as raison de soulever le problème qui se cache derrière. D’un côté les pervers pédophiles pour lesquels on ne peut rien faire, de l’autre les garçons lambda qui doivent être élevés dans une société respectueuse des femmes, de leurs droits et de leurs corps.

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    1. C’est encore pire quand c’est institutionnalisé. Et le pire c’est que oui, sur le coup, on se dit pourquoi pas, on cède à la facilité, à la solution tout-en-un. Ce directeur s’est-il posé la question de la véritable source du problème? Effrayant.

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  13. J’ai copié-collé ton commentaire ici Lexie 🙂

    C’est drôle car je me suis interrogée un court instant cette semaine. Ma cadette de 5 ans s’est fait embêter à l’école par des garçons qui soulevaient sa jupe. J’étais furieuse quand je l’ai su. Le lendemain, je lui ai mis un short plutôt qu’une robe. Sa sœur lui a dit « Maman te met un short pour ne pas que les garçons t’embêtent ». Alors je me suis emportée en disant que non, que personne ne devait jamais les dissuader de porter les vêtements qu’elles voulaient, et que si un garçon retouchait à sa jupe elle avait le droit de lui mettre une gifle s’il ne réagissait pas aux mots « arrête tout de suite », et qu’elles auraient toujours notre soutien pour ce type de problèmes. J’ai quand même attendu le lendemain, soit aujourd’hui, pour lui reproposer une robe car sa prof était absente la veille et je voulais qu’elle intervienne si nécessaire. Je lui en ai parlé en la croisant. Elle est devenue soudainement froide, comme en colère, elle s’est tournée vers ma fille et lui a dit « ce n’est pas normal, c’est un code rouge ça tu le sais. Je veux savoir qui a soulevé ta jupe tout de suite. » Elle a chopé les deux garçons concernés et les a sorti du groupe. Ils ont été avertis et la classe entière a eu droit à une petite remise à jour sur le sujet. Toute ma vie j’ai entendu des trucs comme « couvre toi, ça perturbe les garçons ». Ce ne sont pas de fichus animaux bordel, ils doivent être capables de se tenir quand ils voient une fille ou femme, quel que soit la tenue qu’elle porte. Et je trouve qu’on leur donne bien peu de crédit en obligeant les filles à se couvrir sous prétexte que les garçons ne savent pas se retenir. On voit quand même rarement une fille au bord de l’apoplexie parce qu’elle voit passer un mec torse-nu. L’inverse devrait être vrai aussi. Ce n’est pas qu’ils sont incapables de se juguler, c’est que la société les autorise à se comporter ainsi. Ici c’est beaucoup moins toléré. Merci pour ton article, la sexualisation du corps des enfants est un sujet qui me met hors de moi.

    LexieSwing

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    1. Je suis assez mortifiée de constater à quel point certains garçons ont déjà un comportement très connoté sexuellement envers les petites filles, et ce, dès l’école primaire. Dans la classe de mon aînée, il y a un petit gras qui est littéralement obsédé par la chose, depuis le CP, et très franchement, il m’inquiète, je me demande quel ado et quel homme il deviendra, je me demande aussi ce que ses parents peuvent bien lui raconter (ou ce qu’un adulte a bien pu lui faire…) pour qu’il ait l’esprit aussi biaisé aussi jeune. Peut-être est-ce à cause de lui que ma grande ne veut plus mettre des jupes. En tout cas, tu as eu bien raison de réagir ainsi, et la réaction très ferme de l’enseignante devrait être la réaction systématique de tout représentant des institutions: il est hors de question de céder du terrain sur ces sujets, de plier, de se soumettre. Le fait que les hommes fonctionnent par le visuel est ancré dans nos mentalités, et on devrait ménager ces messieurs. Et bien non. Ne nous couvrons pas. Se couvrir ne protège de rien, c’est un leurre, les études sur les viols l’ont malheureusement maintes fois démontré.

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