Le flash info du printemps automnal 2021

Avec le déconfinement, de légers soubresauts ont eu lieu dans mon existence. Des week-ends ont été planifiés. Des terrasses réservées. Des billets de train achetés. Autant de petits signes qui font espérer un retour à la normale. D’autant plus que messieurs-dames, mon mari et moi nous sommes faits vacciner. En toute légalité. Mais non sans rebondissements. C’est parti pour le flash info du printemps 2021, option vent, averses, pluie et grêle.

Vaccination Covid en mode commando/Taxi 4

Depuis que notre cher Président a annoncé l’ouverture de créneaux à moins de 24 heures sans limite d’âge, je n’ai eu qu’un seul objectif de vie: me faire vacciner. J’y pensais déjà depuis plusieurs semaines, avec une haute conscience de mon devoir de citoyenne d’une part, mais aussi la pensée lancinante d’un possible refoulement à l’embarquement de notre avion pour la Corse cet été. Pour résumer, mon élan vaccinal est à la fois altruiste ET profondément égoïste. Que veux-tu, nous vivons une époque complexe.

J’ai téléchargé Vite Ma Dose le 10 mai, et dès le 11, je me suis levée Chronodose, j’ai mangé Chronodose, dormi Chronodose (#barbecueàl’ElyséepourGuillaumeRozier), j’ai eu les yeux défoncés à force d’actualiser les pages toutes les cinq minutes, et puis j’ai trouvé un rendez-vous, un soir, pour le lendemain midi. J’étais fière. Fière de ne pas avoir eu à gruger. Fière d’être dans les pionniers des rendez-vous à l’arrachée. Le lendemain midi, donc, je me suis retrouvée dans un gymnase municipal, entourée de 90% d’individus de moins de 40 ans, dont je doute qu’ils aient comme moi passé des heures à pianoter sur leur portable pour ne léser aucune personne prioritaire. J’en suis ressortie avec le précieux sésame, un bout de papier prouvant que je fais désormais partie de la catégorie des élus.

Il restait néanmoins une épine dans notre pied familial, une menace planant sur notre prochain avec comorbidité, tout autant que sur la silhouette de notre avion Air Corsica posé sur le Tarmac: mon pauvre mari, lui, était resté au bord de l’autoroute de la vaccination, se traînant comme une âme décharnée, implorant le destin de lui faire un signe, laissé pour compte, mis au rebut. Il me fallait agir. J’ai à nouveau armé mes doigts et dans un élan de rage désespérée, ai employé une journée complète à dénicher un créneau sur Chronodose à mon bien-aimé (Lui? Oh, il n’avait plus de place pour télécharger l’appli). Nous revenions d’une sortie avec les enfants en voiture, sur l’autoroute, quand subitement, j’ai décroché le Graal.

Il est quelle heure!?

16h42.

Putain (Oui, je dis putain devant mes enfants. Souvent. Trop souvent.), j’ai trouvé un créneau à 17h05 à Trifouillis les Ostrevents!!

Nan? On va y arriver tu crois?

Il le faut. (Mode commando) Carte vitale?

C’est bon.

Masque?

C’est bon.

LÀ!!! La sortie pour Trifouillis les Ostrevents est LÀÀÀÀ à droite, D567, sors!! SOOOOOOOOOOOORS!!

Cette adrénaline qui monte, mes amis. Cette embardée pour attraper la sortie de justesse. Cette sensation d’être les rois du monde, d’avoir trouvé un créneau vingt-cinq minutes plus tard, à deux doigts de la bonne sortie d’autoroute. Incroyable, ce vent d’aventure que peut vous faire éprouver une campagne de vaccination, dans les premiers jours d’ouverture aux publics non prioritaires. Ça vaut le coup de ne pas dépouiller les bulletins des élections régionales, tiens. On en sort grandi, je t’assure. Et l’épaule endolorie, aussi.

Nickel Boys, le Pulitzer mieux que l’autre Pulitzer

J’ai découvert Colson Whitehead avec Underground Railroad, prix Pulitzer 2017, dont je t’avais parlé ici. J’ai aimé ce livre, mais sans plus. Je crois que selon moi, il ne méritait pas un Pulitzer (oui, je sais, je suis une critique littéraire mondialement connue qui s’octroie le droit de donner son avis de spécialiste). Peut-être est-ce parce que le sujet de l’esclavage a été battu et rebattu, que des dizaines d’écrivains ont écrit dessus et qu’il est difficile de se forger une plume sur un sujet aussi éculé, déjà porté à son apogée selon moi par Toni Morrisson. Si tu veux te faire ton propre avis sur l’intrigue et que tu n’aimes rien lire d’autre que ma prose exceptionnelle, sache que Amazon Prime a sorti l’adaptation du livre, réalisée par Barry Jenkis, à qui l’on doit l’excellentissime Moonlight.

J’ai senti le potentiel, malgré tout. Alors j’ai investi dans Nickel Boys, prix Pulitzer 2020. Six mois que cette oeuvre traînait sur mon étagère, six mois que je relisais sa page de garde, puis son prologue, six mois que je plongeais mon nez dans ses pages tout en les feuilletant à la vitesse de l’éclair, comme je le fais pour chaque objet-livre tombant entre mes mains.

Nickel Boys raconte la trajectoire d’Elwood, adolescent noir vivant aux Etats-Unis en pleine ségrégation des années 60, Elwood dont le destin a été brisé par un évènement anodin qui incarne en réalité le système tout entier d’alors. Elwood va devoir intégrer Nickel, une école de redressement en Floride, qui ne le redressera pas, non, elle le brisera jusqu’à la moëlle.

Ce livre est dur. Très dur. Très violent, brutal et magnifique. Il m’a fait pleurer toutes les larmes de mon corps, et pas seulement parce que la dédicace de Barack Obama est apposée sur la couverture. J’aime de plus en plus le style Whitehead. J’adore sa manière de croquer un personnage en une phrase incisive, ses ellipses distillées avec intelligence pour mieux servir la construction de son récit -qui s’apparente à un thriller. Le sujet m’a bouleversée, peut-être parce qu’il est plus proche de nous temporellement, et que des échos de ce qu’il décrit résonnent encore trop souvent dans l’Amérique d’aujourd’hui. L’absurdité de ce qui arrive au personnage principal confine à l’irréel, et pourtant, l’école dont parle l’auteur a existé jusqu’en…2011.

J’ai terminé ma lecture le cerveau gonflé, rempli, et comme souvent dans ces occasions, j’ai remercié en mon for intérieur l’auteur et le monde de savoir accoucher, parfois, de telles plumes, de telles miettes de génie. Nickel Boys se lit facilement et rapidement. C’est rare, pour un excellent livre. Alors, n’hésite pas. Pour moi, c’est LE livre de l’année 2020.

J’écris pour autrui

Certains de mes proches le savent, d’autres pas, mais depuis tout récemment, j’écris pour quelqu’un d’autre. Quand on me l’a demandé, j’ai dit oui parce que j’étais dans un période de défis personnels (devenir formatrice au pied levé, tout ça tout ça), dans une dynamique et que cette commande tombait à point nommé, mais sincèrement, je ne savais pas si ça allait me plaire. Ecrire sur des sujets qu’un autre choisirait à chaque coup à ma place? Ecrire en étant bridée par une frontière thématique à ne pas dépasser? Ecrire pour reformuler un récit déjà formulé?

Je me suis lancée. Et j’ai été abasourdie par la facilité avec laquelle les mots me viennent, avec quelle fluidité je pratique l’exercice, et à quel point j’y prends du plaisir. Plaisir décuplé quand la personne qui reçoit mes mots me dit en être émue aux larmes, parce que j’ai compris.

Voilà, depuis peu, je crois avoir saisi que je peux et que je sais écrire pour moi, mais aussi pour les autres. J’ai saisi que je sais mettre en mots mes propres pensées, mes propres vues et volontés, mais aussi celles des autres. Sacrée découverte. J’ai passé une étape supplémentaire. Vers quoi, je n’en sais rien, mais j’ai passé une étape.

L’école de ma reconversion ferme

Je n’y ai passé que deux gros mois, et pourtant…L’école où j’ai effectué ma formation lors de ma reconversion va fermer définitivement, et ça m’a fait un pincement à la poitrine. Je ne pensais pas qu’une période si courte aurait pu me marquer si profondément. Je ne pensais pas que je serai attachée à ce lieu et aux souvenirs qu’il renferme après y avoir passé si peu de temps. Au final, je sais pourquoi il a marqué mon coeur et ma mémoire au fer rouge: à cause de l’intensité de ce que j’y ai vécu. Intensité des rencontres, surtout.

Mais aussi la sensation d’avoir été le témoin privilégié de ma propre transition, comme si on avait mis ma vie, ma folle vie, les enfants, le boulot, les courses, les rendez-vous, tout ça entre parenthèses, ou dans un sac en toile qu’on aurait fermé avec un noeud tout simple, un noeud qu’on enlève et qu’on remet facilement, et comme si on m’avait dit: Va. Prends. C’est pour toi. Profite. Expérimente. Essaie. Vis. Ne pense qu’à toi, de toute façon tu n’as pas le choix, alors ne pense qu’à toi.

Je sais à quel point il doit être donné à peu de personnes mères, ou pères de trois enfants de pouvoir vivre un tel épisode de vie. Alors je chéris ce chapitre étrange, ce chapitre qui est une digression dans mon histoire, une faille spatio-temporelle pour ce qu’il est: un cadeau que je serre et serrerai sur mon coeur pendant de très nombreuses années.

Je vais devoir me réfréner, oui, incroyable, je vais devoir me réfréner, alors que j’ai encore des trucs à raconter. C’est que mon article avoisine déjà les 1500 mots et il paraît que les articles longs c’est bon pour le référencement Google mais faudrait pas abuser et lasser le lecteur et puis manquerait plus que je perde des fidèles en cherchant à en gagner. Ce serait bien fait pour moi, ceci dit, d’avoir cru et voulu faire croire que j’allais arrêter d’écrire alors qu’il semble que j’en sois tout bonnement incapable.

On se retrouve bientôt pour un flash info je l’espère, vraiment estival.

21 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Picou dit :

    Youpiiiiii elle est encore là! Toute belle, toute fraîche, et même vaccinée! Moi je n’ai pas cet honneur puisque je me suis vertement faite refouler alors que j’avais trouvé un créneau…Je dois bien être la seule, c’est vraiment rageant! Depuis j’écluse les chronodoses sans trouver la moindre trace d’un petit espoir de rendez vous… A suivre! En tout cas… Heureuse de te lire, encore, toujours^^

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    1. Vaccinée c’est certain, et encore, à moitié 😉 Effectivement je pense que le fait de se faire refouler doit être rare et doit dépendre de la politique du centre de vaccination…Ne lâche rien pour chronodose, l’effet d’annonce va forcément retomber! Et merci d’avoir commenté, ça me fait trop plaisir!

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  2. maman délire dit :

    hhhaah ?? mais moi j’étais bien partie pour continuer à le lire ton article ! bon. 2 mois de formation et des souvenirs gravés… ton récit m’a donné des frissons ! et moi qui repart en formation en septembre pour 6 mois, j’ai hâte !!!!

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    1. Faut savoir distiller et doser, c’est toute une stratégie si je veux pas que ce blog meure! Ca me fait trop plaisir ce que tu écris sur le dernier paragraphe parce que je me demande toujours jusqu’à quel point les gens vont s’en foutre totalement! 6 mois de formation, le rêve!! Tu m’étonnes que tu aies hâte!

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  3. J’étais sûre que tu recommencerais à écrire juste après avoir annoncé que tu n’écrirais plus. Bon, que des bonnes nouvelles tout ça. D’ailleurs, tu ne vois pas un lien entre la vaccination et ce subit bouillonnement d’idées ? Mais c’est la puce 5G ma grande, c’est évident ! Bravo pour tout cela. Et je me note ton Pulitzer, même si je suis une femme sensible. De mon côté, je te recommande « le courage de la Nuance » de Jean Birnbaum. Depuis que je le lis je me sens super intelligente.

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    1. Tu me connais trop bien, en tout cas aussi bien que mon mari qui avait dit la même chose. Pourtant j’étais convaincue sur le coup, et même les semaines qui ont suivies. Et puis Libé a remis le feu à l’allumette 😉 Donc rien à voir avec une puce 5G mais je vais surveiller, on ne sait jamais!
      Si tu es une femme sensible tu vas pleurer. Dès la page 105 je pleurais et m’étais retenue de pleurer 10 fois. Quel livre puissant.
      Je note ta référence et je viens d’acheter « La dernière tentation du Christ », j’ai dû le commander et tout et tout, c’est dire si je t’aime!

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  4. Toujours un plaisir de te lire!
    Bravo pour ta patience pour le vaccin. C’est un vrai boulot à temps plein.
    Mon beau-frère a fait le forcing pour que je décroche un RDV. Et j’ai trouvé ça relou, mais c’est notre seule chance de pouvoir partir en vacances, alors…
    Je note ce livre et cet auteur.
    Je comprends le pincement au coeur pour l’école. Il y a tant de souvenirs accrochés aux murs et aux rencontres. Tu avais fait un article sur le sujet et on sentait bien tout ce que cette parenthèse t’avait apportée.
    Hate de te lire à nouveau, quand le soleil daignera nous bénir de sa présence. Restons plein d’espérance!!

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    1. Oui, j’y ai passé mon week-end de l’Ascension! Oui c’est relou d’en arriver à ces extrémités, à se battre comme des chiffonniers pour une dose, mais je suis certaine que l’effervescence va bientôt retomber avec la fin des critères.
      Je ne suis pas la seule à avoir ressenti ça à l’annonce de la fermeture de l’école. On est beaucoup à avoir vécu des moments très particuliers.
      Merci beaucoup d’être venue commenter!

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  5. Miss Zen dit :

    Dis donc ça en fait un bon paquet de bonnes nouvelles !
    Je trouve ça formidable que tu aies le courage et la volonté et la ténacité de prendre ce temps pour toi : car oui il en faut du courage pour imposer ses besoins quand on est maman.
    Allez à très vite j’espère pour ce billet estival !

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    1. Merci pour ton retour 🙂
      On m’a souvent fait la même remarque que toi. La vie m’a toujours rendu cet investissement personnel, et je n’ai jamais eu la sensation de sacrifier quoi que ce soit, ni ma vie de maman, ni mes enfants. Je vois ça comme des étapes temporaires, nécessaires, du coup je les vis très bien!

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  6. Hey bravo pour ta vaccination, tu rejoins le clan des bienheureux ! Si je te dis que ma 2ème dose est prévue le 5 juin et que j’ai hâte d’y être, tu me crois ? Félicitations pour ce tout nouveau statut de nègre dont la réussite ne me surprend nullement. Ton talent est indéniable et je serais curieuse de découvrir les dessous de cette activité !

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    1. Yes, je l’appellerais comme ça aussi ce clan! Et moi aussi hâte d’être au 24 juin pour boucler la boucle 🙂
      Je ne peux pas en dire beaucoup plus sur cet espace mais quand on se verra (parce qu’on va bientôt se voir hein?) je pourrai tout te dévoiler!

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  7. lexieswing dit :

    Je suis contente de lire toutes ces nouvelles de toi! Vaccinée ici aussi (première dose, ne vendons pas l’ours et sa peau trop vite quand même !). Tu m’as donné envie de lire Whitehead, j’espère en avoir le courage, je suis d’une couardise sans nom quand il s’agit de trucs violents 🙂
    Qu’entends tu par « écrire pour qqun d’autre? », est ce un travail de rédactrice ou de « prête plume »?

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    1. Autour de moi de plus en plus de gens sont vaccinés ça fait plaisir de voir que ça avance 😊
      C’est un travail de rédactrice!

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  8. Cynthia dit :

    Mais on dirait effectivement que tu ne peux pas nous abandonner comme ça ! Toujours ravie de te lire. J’adore l’épisode de la vaccination, il fallait vraiment être motivé pour le coup ! Vivement que la vie reprenne normalement.

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    1. Oui j’étais convaincue pourtant, mais faut dire qu’on ne se débarrasse pas comme ça d’une habitude vieille de plusieurs années 😉
      On est sur-motivés effectivement! Et puis j’adore quand ça se transforme en anecdote à raconter!

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  9. Cindy dit :

    « je ne t’écrirai plus, je n’en ai plus besoin, je ne t’écrirai plus maintenant tout va bien… ». C’est du Claude Barzotti qui me vient en voyant que tu réécris. Du coup ça me fait sourire. La notion de plaisir est à présent plus forte que celui du besoin. Tu as toujours mêlé les deux, mais là c’est évident que tu as passé une étape. C’est ta came ! Écrire te rend heureuse. Ecrire te nourrit et nous nous nourrissons. Elle est belle la vie quand elle est simple. Simple comme la perspective de lire un bon livre. Je vais suivre ton conseil lecture. Les grandes vacances vont enfin me laisser du temps. Le soleil, un livre, du temps. Combo gagnant ! Grosses bises !

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    1. Et bien oui, il faut croire que je fonctionne ainsi désormais et franchement, je crois que c’est un bienfait, je cherche moins à utiliser mon blog comme une catharsis, la maternité apaisée sans doute!
      J’espère que mes conseils de lecture t’apporteront du bonheur! Merci de commenter encore et toujours Cindy ❤️

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  10. sophie dit :

    Bonjour,
    J’avais posté quelques messages, comme toi professeure des écoles je tentais le concours de SA…et je suis admise. J’attends mon affectation. Une nouvelle vie commence peut-être.
    Ton blog m’a montré que c’était possible, et que tu t’épanouissais dans cette voie, ça m’a vraiment porté !!
    Merci beaucoup
    Sophie

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    1. FELICITATIONS Sophie! Je me souviens parfaitement de tes messages et de ton parcours, crois-moi, une nouvelle vie commence, tu n’imagines pas à quel point! Je te souhaite beaucoup de bonheur sur ce nouveau chemin!

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  11. sophie dit :

    C’est toi qui m’a envoyé un message sur ma boite pro ?? Je ne te retrouve pas sur Facebook

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