Le flash info de fin d’hiver 2021

Apparemment, il se passe tout plein de trucs dans ma life. Ou alors j’oublie de te les raconter. Ou alors je fais exprès d’oublier de te les raconter comme ça ça me fait un stock de trucs à raconter. T’as vu la stratégie. Côté contenu, faut pas oublier que je suis en concurrence avec Nabilla et son sac Hermès à 65 000 euros. Faut que j’envoie du lourd. T’es prêt(e)?

Je n’aurai jamais de chat

Ce n’est pas que le mari ait définitivement fait entendre d’une voix tonitruante, et irrémédiablement désapprobatrice son éternel désaccord. Au contraire. Il a eu autour de lui quatre personnes de sexe féminin testant régulièrement ses capacités de résistance et de détermination. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il semblait flancher. Mais il est probable, non, je dirais plutôt possible, qu’il ait émis l’éventualité d’une hypothèse circonstancielle et conjoncturelle qu’un jour, on puisse -peut-être- posséder un chat.

Et puis Noël est arrivé. Nous sommes allés le fêter chez mon frère, qui détient désormais deux somptueux Maine Coon aux non moins somptueux poils longs. Et là, tous les rêves féminins de notre foyer ont volé en éclats. La petite dernière a commencé à renifler. Puis à se frotter les yeux. Puis à se gratter les yeux. Puis à se boursoufler. Au bout de deux heures, elle ressemblait à un champion de boxe terminé au tapis par KO. Deux jours de plus, elle aurait semblé souffrir d’une peste bubonique en phase terminale. Tu l’auras deviné: petite dernière est allergique aux chats.

Je ne comprends pas pourquoi le destin s’acharne sur mes espérances de la sorte. Pourquoi moi. Il m’avait pourtant semblé être claire, quand je me baladais en allant chercher ma baguette, le ciel m’était témoin, sous le soleil ou sous la pluie, je cherchais un chat, moi, merde. Paraît qu’il existe des versions hypoallergéniques des félins. Je n’ai pas encore décidé si j’étais motivée à ce point.

On a testé la sophrologie

Après la psy, après la Gelstat thérapeute et les livres d’Isabelle Filliozat, nous avons testé la sophrologue. Pour, comme qui dirait, apprendre à notre progéniture à Gérer. Ses. Emotions. Et. Ses. Angoisses. Chose dont je suis moi-même encore totalement incapable à 36 piges, autant dire: vaste programme en perspective. Mes filles ont été accueillies à plusieurs reprises par une dame tout à fait doucereuse, à qui on donnerait ses chacras en offrande rien qu’en l’écoutant parler.

Les deux premières séances, j’ai pu faire tout un tas de petits exercices avec elles, comme secouer mes doigts, sauter mais en fait j’ai pas sauté parce que ça allait défoncer mon précieux périnée du coup j’ai dit à la dame que je pouvais pas sauter en faisant semblant de souffrir vaguement du dos et elle m’a répondu c’est pas grave ne sautez pas madame mais au final l’exercice a perdu de son intérêt, j’ai aussi écouté cet ange me décrire tout plein de paysages apaisants et des sensations de prise-de-conscience-de-mon-corps, je ne sais pas si j’ai pris conscience de quelque chose mais quand elle a fini de parler ma tête était inclinée dangereusement sur mon épaule et j’en ai déduit que j’avais dû surtout perdre conscience, bref, j’ai testé tout plein de trucs prometteurs qui m’ont fait conclure que je n’étais pas à un chèque près pour qu’on passe de jolies journées et de douces nuits.

En sortant, mon aînée m’a demandé si on pouvait aller à la librairie du coin de la rue pour revoir le livre super d’Harry Potter qu’elle avait déjà feuilleté pendant 35 minutes la fois dernière mais il fallait quand-même absolument y retourner. J’ai répondu que je devais aller mettre sécher une lessive. Elle a chouiné et résisté, cette petite ingrate. Du coup j’ai logiquement gueulé. Quelques soixante secondes après être sortie de l’enjôleur cabinet de la sophrologue. J’ai gueulé en plein parking Et merde je te consacre déjà 90% de mon temps, alors quand j’ai une fenêtre pour faire un truc qui m’arrange MOI, tu me fous la paix, compris?!! sous le regard horrifié et amusé des quelques ados qui traînaillaient là (putain, ça te déglingue une meuf, la maternité). De là à dire que j’ai bousillé la séance sus-décrite, je…nan, rien.

Une piscine en plein air à mon boulot

Ouais, les gens. Ils construisent une piscine en plein air. Nouvelle. Dernier cri. En bas de MON boulot.

J’étais pas au courant moi. C’est ma binôme, dont je t’ai déjà parlé, qui dit comme ça, alors qu’on longeait une clôture pleine d’ouvriers en allant faire notre marche habituelle pas anti-cellulite-ni-miraculeuse-mais-c’est-déjà-mieux-que-de-rester-le-cul-sur-une-chaise-pendant-huit-heures, ah là là, je sens que je vais aller piquer des têtes et bronzer en bikini le midi moi, ça va être trop bien, qu’elle dit comme ça. Tu te doutes bien que ces termes, qui n’avaient strictement rien à faire là, au milieu de la gadoue d’un début de mois pluvieux de février, ont réveillé en moi la femme d’été, celle aux jupes légères et aux sandales pailletées.

Hein?? que je lui ai répondu, de quoi tu parles?

Bah, ils construisent une piscine en plein air, là, derrière la clôture, qu’elle a répété.

Hein?? que j’ai redit, visiblement frappée de surdité suite à cette annonce, quoi, mais c’est trop bien je savais pas moi c’est pas vrai mais c’est trop bien on va pouvoir…

Et là, tout a brusquement disparu de mon champ de vision. Le ciel gris. Les pigeons obèses. Le chemin mi caillouteux, mi boueux. Les passants encapuchonnés et les arbres nus. Je me suis vue, par une journée caniculaire, descendre les marches grises et sans âme du bâtiment où je travaille, m’envoler cheveux au vent sur le parvis, serviette de plage sous le bras, bikini enfilé sous la robe, et aller nager et barboter, là, au milieu d’une journée de travail, dans une piscine extérieure flambant neuve, ponctuant ces phases rafraîchissantes de potins échangés avec ma binôme, toutes deux affalées sur des transats, elle au soleil, moi à l’ombre (évidemment).

Le bonheur de ces sensations sensuelles, estivales et balnéaires, totalement déplacées en un mot peut-il, voire doit-il être compatible avec l’ambiance laborieuse exigée d’une cité administrative? Dans quelques mois, je tenterai de résoudre pour toi cet épineux questionnement, avec objectivité et abnégation, cela va de soi.

Ce genre d’article nécessite, j’espère que tu en as conscience, une mémorisation soigneuse de tous ces petits rien qui font le tissu stupide mais irrésistible de nos quotidiens. Capacité que j’ai dû décupler depuis que les restos sont fermés et qu’on est assignés à résidence à l’heure où les poules se couchent. Finalement, tant de choses à raconter par les temps qui courent, c’en est presque grisant.

18 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Non mais tu as réussi à me faire rire avec tes propos sur le parking : à une tournure de phrase près, j’ai tenu les mêmes hier^^.

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    1. AH!! Voilà!! Hein!! On est d’accord 😄

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  2. Je tiens exactement ce genre de propos à mon fils, parfois, j’essaie pourtant de « gérer mes émotions » mais c’est corsé cette histoire!
    Je confirme à 40 ans c’est encore un territoire inconnu pour moi, par contre la sophrologie, ça m’apaise et ça a l’air de fonctionne pour mon fils aussi. Ouf, les psys ça a toujours été de l’argent fichu par les fenêtres pour lui!!!
    Merci pour cette chronique fort sympathique.

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    1. Ahaha, personne n’est infaillible, et surtout pas avec ses enfants 😉
      Ici c’est justement la psy (une véritable trouvaille qui a fait du super boulot avec les filles) qui nous a conseillé la sophrologie…je ne suis fermée à rien quant il s’agit d’aider mes enfants à aller mieux! J’attends de voir ce qu’elles en feront sur le long terme!

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  3. Madame Bobette dit :

    Le rêve cette piscine en plein air… En fait, en ce moment, je rêve de n’importe quelle piscine ^^

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  4. mamoundines dit :

    J’aime beaucoup l’anecdote du parking… surtout pour une amatrice de livre comme toi. J’aurai pas cru! Comme quoi ! Tellement jouissif ce genre d’anecdote de la vie courante et réelle.

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    1. Mais tu le sais, je peux être atrocement vulgaire à mes heures…moi aussi j’adore ces anecdotes. Et j’adore encore plus les raconter 😁

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  5. Ariane dit :

    Ha ha, quelle vie palpitante, il n’y a pas à dire ! Même en se couchant comme les poules, il est possible d’avoir des anecdotes croustillantes à raconter, à faire pâlir d’envie les copines (on imagine déjà le corps de naïade que tu vas nous exhiber bientôt grâce à ton boulot !)! Bon, trêve de plaisanterie, Maman Lempicka, je vais te redonner le sourire ce soir. Si si, parce que j’ai LA bonne nouvelle de la journée pour toi, concernant le point n°1 : la peste bubonique de la petite dernière n’est absolument pas rédhibitoire, tu peux encore avoir un chat, si si je t’assure ! Comment diable puis-je t’assurer de cela ? Eh bien, parce que nous sommes passés par là récemment, et que, sur les conseils de ma soeur, déjà passée par là avec son cher et tendre, nous avons persévéré ! Eh oui, sans aucun signe avant-coureur auparavant (notamment pendant un séjour d’un mois à Nouméa avec deux chats 24h/24), Bérénice s’est mise à éternuer, se moucher etc., dès l’arrivée de Tokyo à la maison en août. J’étais catastrophée ! Ma soeur m’a donné cash son avis : « Fais comme moi, tiens bon ! ». Mon beau-frère, gravement allergique aux chats, a tenu bon trois mois (avec l’aide de temps de temps d’antihistaminiques) et l’allergie est partie toute seule. Quand ils sont partis à Nouméa, ils ont vécu deux ans sans leurs chats, avant que ceux-ci ne leur soient envoyés par avion. A leur arrivée, rebelote, Thomas a eu droit à la totale pendant trois mois, puis tout est rentré dans l’ordre. Désensibilisation par la force, qu’elle m’a dit la soeurette doctoresse. Force est de constater qu’elle avait raison ! Après deux mois et demi de rhume non-stop, éternuements et conjonctivite, Bérénice est totalement redevenue elle-même (à mon grand soulagement). Plus la désensibilisation se fait jeune, mieux c’est ! Bref, n’abandonne pas ton rêve ! Sinon, il te reste toujours l’option du Sphynx sans poils, mais je ne suis pas sûre que tes trois demoiselles s’extasient devant !

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    1. Alors pour le corps de naïade, je ne sais pas si le fait de rester larvée dans un transat en grignotant des chocolats va jouer en ma faveur 😅 avec le covid j’ai totalement abandonné la natation.

      Alors là, tu m’en bouches un coin pour la désensibilisation, mais en même temps ça me paraît logique! Mais franchement vu le calvaire qu’on a vécu sur 24 heures, je ne sais pas si je tiendrais 3 mois! Elle faisait peur la poulette! Mais je retiens bien évidemment très volontiers ton super argument, que je viens d’ailleurs de relayer au mari. Sais-tu ce qu’il a répondu? On peut pas la désensibiliser, on n’a pas de chat. Certes. Implacable.

      Merciiiiii Ariane ❤️

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  6. Miss Zen dit :

    Moi j’ai un chat et j’ai passé mon samedi matin aux urgences vétérinaires et je n’ai pas dormi de la nuit vu qu’elle ne supportait pas sa collerette et a passé la nuit a foncé dans les meubles ….. tu vois qu’il y a des avantages et des inconvénients ! J’espère que ta poulette a retrouvé son apparence normale 🙂
    Piscine tu as dit piscine, je crois que je pourrais commettre un très grave délit pour en avoir une à ma disposition (si possible avec maison dans le Sud) . C’est un de mes plus grands rêves (oui je sais, je suis terriblement matérialiste mais quand on a grandi dans les années 80, on a des circonstances atténuantes)

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    1. Ahaha, merci pour l’anecdote, il y a aussi le chat qui vomit sur le canapé, le chat qui ramène des souris décapitées ou encore mieux, vivantes, le chat malade, le chat à confier pendant les vacances…tu vois finalement, elle est pas si folle la guêpe 😉

      La piscine est un de mes rêves également. Bien plus que celui d’habiter près de la mer (confère mes anciens articles Ahahah). Matérialiste? Hum, je dirais plutôt hédoniste. Plus classe, à défaut d’être bon pour la planète!

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  7. Cynthia dit :

    Top ces anecdotes ! C’est là genre d’histoires que tu racontes le soir à ton mari pour résumer ta journée, lol.
    Je sens que tu vas être hyper motivée pour aller au boulot cet été ! Un peu comme quand tu sais qu’il va faire 40 degrés à Paris et que tu as la Clim au boulot, pas d’hésitation à avoir… 😆

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    1. Tout à fait, y’a que lui pour comprendre tout le tragique et la portée de ces petits événements 😅

      Et oui, je crois également qu’il n’y aura pas de télétravail les semaines où ils prévoient 35 degrés à l’ombre hahaha (qu’ils la finissent, cette piscine!!)

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  8. Tu m à fait beaucoup rire, j adore ton style !!!!! Continueeeee

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    1. Merci ça me fait plaisir! 😊

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  9. lexieswing dit :

    J’adore te lire, j’attends avec impatience le prochain bilan.

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