10 ans de maternité

Il y a 10 ans, je venais de mettre au monde mon premier enfant. Je suis pleine d’indulgence et de compassion pour celle que j’étais alors.

J’étais jeune, je voulais être maman depuis des années déjà, j’avais eu peur de ne pas pouvoir le devenir, ou très difficilement, ça avait accentué cette envie viscérale que je ne m’expliquais pas vraiment, mais je me souviens que ça me prenait réellement aux tripes, une sensation animale, purement physiologique. J’étais maman. J’avais imaginé vaguement quelle maman je voulais être: à peu près comme la mienne, que je considère encore comme un modèle aujourd’hui. Je rêvais surtout de câlins, de bisous, d’étreintes, d’amour pur, profond, emportant tout sur son passage. Le reste…je n’y avais pas vraiment réfléchi.

Pourtant, il me semblait avoir préparé tout ce qu’il fallait, matériellement, il ne nous manquait absolument rien, et ma première fille est née dans un cocon aimant et sécurisant, ce que je considérais être comme la base de tout, les fondations sur lesquelles construire ma parentalité. Avec du recul, je me rends à compte à quel point je n’étais pas prête à devenir maman, ni mentalement, ni physiquement. Dans mon entourage, seule l’une des mes amies proches avait été maman avant moi, trois mois auparavant. Je ne le savais pas, ou ne voulais pas le savoir, mais elle traversait un tunnel qui l’avait empêchée de mettre en mots ce qu’elle vivait réellement, la violence de ce qu’elle vivait. Personne d’autre ne m’a vraiment prévenue. Préparée. Alertée. Conseillée. Je suis arrivée au jour de mon accouchement persuadée que tout se passerait pour le mieux, vu que tout cela était tout ce qu’il y a de plus naturel.

Ainsi, je n’ai pas compris pourquoi mon ventre n’est pas redevenu immédiatement plat après mon premier accouchement. Je n’ai pas compris que personne, personne ne m’ait dit que le ventre restait gonflé pendant plusieurs semaines, comme si un bébé l’habitait encore. Personne. J’en souris aujourd’hui et ce souvenir anecdotique a pris dans ma mémoire l’aura d’un symbole, celui de ma naïveté de l’époque. 26 ans, c’était peut-être trop jeune, finalement. Je n’ai pas non plus compris pourquoi mes seins saignaient après seulement cinq minutes d’allaitement, pourquoi je ne produisais pas même une goutte de colostrum, oui, pourquoi, alors que tout cela était censé couler de source. Je n’ai pas compris pourquoi le manque de sommeil m’hébétait autant, me rendait dépressive, je ne comprenais pas pourquoi c’était si violent, à 26 ans je devais pourtant avoir de la ressource et j’en manquais déjà.

Je n’ai plus manqué de ressources, ensuite. Mes enfants ne m’ont pas laissé le choix. J’ai découvert les premières maladies, les pas graves, les moyennement graves, les oublis, ceux qui me mortifiaient, comme la fois où je n’avais pas bouclé la ceinture du siège-auto, ou encore cette nuit où je n’ai pas mis mon réveil alors que ma cadette avait une forte fièvre. J’ai découvert la culpabilité. Partout. Tout le temps. J’avais toujours peur de ne pas consacrer suffisamment de temps à mes enfants, de ne pas les stimuler assez, de ne pas leur parler comme il le fallait, je me forçais à jouer avec ma grande alors que je n’en avais pas envie, je me forçais à lui lire des livres alors que j’étais crevée, je m’oubliais beaucoup, au milieu de tout ça, j’avais opté pour un début de maternité aux accents d’abnégation. Après tout, c’est ce qu’on nous serine, ce qu’on nous a toujours seriné : une mère ferait tout pour ses enfants. Une maternité construite sur des positions arc-boutées et dichotomiques aussi, comme si en quittant son statut de nullipare on avait besoin d’ériger en étendard ses principes pour mieux asseoir sa nouvelle identité.

L’amour maternel a été tel que je l’avais toujours imaginé: plein, entier, rond, englobant, évident et viscéral. Je me suis rapidement et définitivement sentie à ma place, celle que l’amour maternel m’avait désignée dans ce monde, je n’avais pas failli à cette mission, j’ai aimé être mère. J’aime être mère. Mais j’aime mieux être mère aujourd’hui. Même si la toute petite enfance a été une période bénie pour moi. J’aime les bébés. J’aime leur rapport immédiat et spontané au monde, j’aime que leur mode de fonctionnement ne soit pas encore trop modulé par l’éducation et leur personnalité, qu’ils embrassent le quotidien simplement avec besoin ou envie, besoin et envie, j’aime la générosité qu’ils mettent dans chaque relation et la joie bienheureuse qu’ils font circuler dans une maison. J’aime leurs bras potelés, leurs dents qui poussent, leurs cheveux qui frisottent et leurs joues rouges.

La petite enfance a été plus compliquée à gérer pour moi en tant que mère, alors même, ou peut-être justement parce que je m’occupais d’enfants de cet âge toute la journée. Je connaissais leurs phases de développement, de langage, leur façon de réagir et de fonctionner, et pourtant, c’est la période de ma maternité à laquelle j’ai le plus sacrifié de mon temps et de mon énergie, celle où je me suis le plus oubliée. Celle où j’ai le plus crié, le plus pleuré. Celle où j’avais toujours l’impression de courir, d’être tiraillée, bouffée par les moments de famille qui grignotaient toujours sur quelque chose qui m’appartenait, et si je faisais en sorte que ça ne grignote pas, je culpabilisais. De toute cette période, je garde la sensation d’avoir vécu en pointillé. Un bonheur en pointillé. Entrecoupé de moments douloureux, pénibles ou fatigants. Tout cela manquait d’une sensation d’englobement, d’évidence, pour que je me sente totalement en phase avec mon rôle de mère.

Je suis très heureuse que ma première fille ait 10 ans. Parce que ça veut dire que les deux autres en ont 8 et 4. Parce que ça veut dire que tout ça est derrière moi, j’entre dans une phase bien assise de ma maternité. Je sais que je ne suis pas une mère parfaite. Ça fait très, très longtemps que j’ai renoncé à un être une. Je me pose encore des questions. Je me demande parfois si je n’écoute pas trop mes enfants. Si je ne psychanalyse pas trop leur rapport au monde. Si je les écoute assez. Si je ne devrais pas me forcer quand-même à jouer parfois avec elle. Encore et toujours, si je leur consacre assez de temps. Mais je ne culpabilise plus. Je sais aujourd’hui que j’ai été et que je suis une mère présente. Je suis la mère que je voulais être, tout simplement parce qu’il m’est impossible d’en être une autre. J’ai un rapport plus simple et plus coulant au quotidien, il faut dire que l’âge dans lequel sont entrées mes filles est une véritable révélation pour moi: j’aime cette enfance intacte bien enveloppée dans son autonomie, ces personnalités qui se dessinent et ces individus sur lesquels on peut s’appuyer davantage.

J’ai plus que jamais la sensation d’avoir construit une entité familiale qui s’élargit et s’approfondit au fil des mois. Je sens que les années passant, les expériences, les souvenirs sont capitalisés, agglomérés, ils font le tissu de notre histoire familiale, la nôtre, celle qu’on gardera qu’on le veuille ou non, quoiqu’il arrive, même si notre famille devait ne pas être éternelle. Nous nous appuyons tous sur cette expérience familiale, elle forme une sorte de volée de petites marches irrégulières, et la différence avec le temps qui passe, c’est que je ne me sens plus seule quand il s’agit de les monter, de les descendre ou d’en grimper quelques unes pour avoir un autre point de vue. Il y a mon mari, évidemment, qui les emprunte avec moi, mais il l’a toujours fait.

Aujourd’hui, surtout, il y a 6 petits pieds, de tailles variées, qui marchent dans nos pas. Qui interviennent sur notre quotidien, qui appuient, secondent, rallient ou contestent nos choix, nos valeurs, nos positions et notre vision de la vie. Aujourd’hui, j’ai la sensation qu’être devenue mère a pris un autre sens, ma maternité ne se peut plus se suffire à elle-même: je vais pouvoir désormais et plus que jamais la déployer dans une nouvelle dizaine, celle de tous les carrefours et de tous les possibles.


24 réflexions sur “10 ans de maternité

  1. Ton texte est magnifique…et vraiment très juste. c’est exactement ce que j’ai ressenti et qui m’a amenée à prendre avec sérénité la décision d’un petit 3e : ce sentiment qu’un jour, enfin, ça s’apaise et se calme – que finalement tout roule sans efforts, et qu’on se retrouve au centre d’une vraie équipe sans n’être plus qu’un commandant en chef. Et ça change tout pour ma 3e maternité : je sais l’après. Reste à découvrir l’après-après – mais il faut bien se garder un peu de suspense!

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    1. Merci beaucoup Picou pour ton retour! Je pense que c’est moins une folie de faire un 3ème enfant qu’un premier. Comme tu le dis: on sait que le tunnel a une fin, que chaque phase est provisoire, que les difficultés peuvent s’aplanir. Pour moi aussi, il y a cette sensation de davantage faire équipe avec les membres de la famille. L’après sera tellement différent…quelle aventure!!

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  2. Pour moi, tu le sais, la petite enfance avec des jumelles à été très difficile ! Je me reconnais dans les bonheurs en pointillés. Et ça a duré 5 ans ! Jusqu’à leur autonomie… Relative.
    J’ai eu comme toi de GROSSES déconvenues et douleurs physiques, qui ont changé mon corps à jamais. Et même à 30 ans je n’étais pas prête !
    Mais les 10 ans, 11 ans, 12 ans ont été une véritable bulle de bonheur où ma relation à elles s’est magnifiée et où j’ai vu, comme toi, l’effet de mon éducation !
    Par contre, prépare toi, les 13 ans c’est une bombe 😂

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    1. Oui, je le sais, et je sais aussi que ça a émergé après coup, et c’est tellement normal, la fameuse « tête dans le guidon ». Et tu as raison: finalement, on n’est jamais prête. Tant de choses peuvent survenir sur ce chemin de la maternité, certaines qu’on aurait jamais soupçonnées…Tu me donnes bien envie pour les 3 prochaines années! Pour les suivantes…on verra 😉

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  3. Moi aussi j’ai beaucoup aimé ce texte, je m’y retrouve complètement. La maternité est bien plus douce et apaisante au fil des années : même si l’on s’émerveille moins, la confiance grandissante en soi et en ses enfants aide à accepter de mettre derrière soi cette expérience intense qu’est l’enfantement, dont, comme toi, j’avais tant rêvé plus jeune. L’idéalisation et le manque d’objectivité font que l’on ne vit parfois pas bien ses premiers pas en tant que parents… Il faut s’ajuster, se trouver, définir et redéfinir sans cesse les contours de cette relation délicate. Les enfants plus grands nous aident, nous montrent la voie, nous amènent à nous remettre en cause plus positivement. Qu’il est riche cet échange ! Bon, maintenant, je mentirais en disant que j’attends avec impatience les dix prochaines années, entre l’adolescence qui se profile et le départ du nid… 10 ans, 8 ans et 4 ans, c’est fabuleux : si tu trouves le bouton « pause », fais-moi signe !

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    1. Voilà un parfait exemple d’un commentaire non creux! Tu as parfaitement résumé ce glissement d’une maternité à une autre, celle des découvertes à celle de la confiance, et c’est sûrement ce qui nous permet de tourner la page sans trop souffrir, ce qui nous permet de passer d’une rive à l’autre en faisant un deuil progressif du plus jamais d’autre enfant.
      Moi aussi je trouve cet échange très riche, plus riche encore maintenant, parce que j’ai vraiment la sensation que l’apport est plus horizontal, mieux distribué, un bonheur! Moi aussi j’aimerais profiter plus longtemps de cette période, mais j’ai déjà dit ça plusieurs fois il me semble ces dix dernières années 😉

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  4. Tu sais je suis devenue maman à 38 ans suite à un très long parcours en PMA et je n’étais pas prête non plus à la réalité que j’avais tellement fantasmée …..ça a été un long tunnel. Et puis petit à petit j’ai pris mes marque mais je me suis beaucoup oubliée aussi et là mon fils a fêté ses 11 ans et comme toi je sens qu’une nouvelle phase commence et j’ai envie de renaitre à moi même.
    C’est un très beau billet, il me semble que la parole se libère aussi beaucoup sur la maternité et que cela va aider beaucoup de jeune maman à comprendre que c’est normal d’être KO après un tel bouleversement.

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    1. Merci beaucoup pour ton retour que je trouve très intéressant, ce n’est pas la première fois que je lis un témoignage allant dans le sens du tien, et finalement je me dis que quelque soit la manière et le temps qu’on met pour devenir mère, on n’est jamais prêtes, on se prend toutes une claque, on idéalise et on fantasme toutes l’enfantement. Ça rassure et ça apaise, je trouve.

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  5. J’aime beaucoup ton article car la maternité est une sacré claque et on commence doucement à lever le voile sur le sujet.
    J’ai encore plus idéalisé la maternité que nos débuts ont été chaotiques, du fait de ma situation personnelle et de toutes les émotions traversées pendant ma grossesse. Je ne sais pas si j’ai cherché la perfection mais j’ai cherché c’est certain à être irréprochable, à compenser l’absence d’un père tout en me reconstruisant. Un challenge un peu corsé!
    Mon fils vient d’avoir 8 ans et ces dernières années, comme toi, je me suis beaucoup oubliée, je me suis lâchée la main et doucement je sens que je reviens vers moi. Une vie en pointillés, moi c’est ça, l’image que tu utilises est très juste, une vie avec beaucoup de cris, de larmes, de peurs au final.
    Intégrer sa maternité, c’est ouvrir le champ des possibles et se souvenir que tant qu’on donne avec le coeur, on donne le meilleur aussi.
    Merci.

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    1. Merci pour ton retour! J’ai l’impression que pas mal de tabous ont été levé autour de la naissance d’un enfant, mais pas suffisamment sur la suite…on parle d’épuisement, mais pas suffisamment de culpabilité. Et les témoignages manquent de petits exemples qui permettent de se dire « bon, ça va, y’a pas que moi qui était totalement à l’ouest ».
      C’est déjà très compliqué de devenir maman quand tous les « critères » sont réunis, alors quand ce n’est pas le cas, je n’ose imaginer ce qu’il faut réussir à porter seule, sans l’appui principal…j’espère que ces prochaines années te permettront de te retrouver, de démarrer une page de ta maternité plus apaisée.

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  6. Merci pour ce bel article. Je ne m’attendais pas à ce chamboulement interne en devenant maman. Jules a 3 ans et je crois que je suis encore dans le tunnel, avec des phases de clarté (comme tu le dis, une vie en pointillé).Je me remet beaucoup en question, je doute, je culpabilise encore. Je suis même une thérapie pour m’aider, finalement je me dis que je grandis et j’apprend avec lui mais c’est une épreuve au quelle je ne m’attendais pas. C’est vrai qu’autour de moi, j’ai l’impression que c’est facile pour les autres, ce n’est peut être pas le cas mais les témoignages se font rare! Alors merci de me rappeler qu’il existe un renouveau avec les années qui passent et qu’on en sort plus fort et grandit

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    1. Merci beaucoup pour ce commentaire Audrey, je pensais que la parole se libérait davantage avec les réseaux sociaux, mais il faut croire que c’est plutôt l’étalage de le vie parfaite qui y prime…je pense que ce n’est facile chez personne, et qu’il est difficile d’assumer et d’oser dire que la maternité ne nous comble pas de bonheur…qu’elle puisse nous apporter des moments de bonheur oui…et après tout, n’est-ce pas la définition de la vie, un bonheur en pointillés?
      Tu as tellement raison pour ta thérapie, ça peut aider à reprendre pied. Nous vivons une époque extrêmement exigeante pour les mamans.

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  7. L’entrée dans la maternité…est on prête un jour?
    J’avais 27 ans pour ma 1ère et un peu comme toi théoriquement prête mais en fait non. Quand j’y repense! Pas de regret parce que j’ai fait ce que j’ai pu mais si je devais revenir en arrière je changerai 2 3 bricoles et en 1er l’aide de mon mari. Il n’était pas absent à proprement parlé mais pas là non plus. Solitude, voilà ce qui revient quand je pense à cette période.
    Je savais qu’un bébé ne faisait pas ses nuits mais je pensais que les siestes oui…ben…pas aussi longues que dans ma tête. Je pensais aussi qu’on pouvait les coucher à 20h, comme les enfants…ben là aussi raté. Bref, Tant de choses inconnues. Après on fait ce qu’on peut et je me demande toujours si au temps de louis 16 ils se posaient autant de questions! Pas qu’il ne faut pas s’en poser mais bon…
    Bref, je ne suis pas là pour raconter ma vie. Merci pour ce post et joyeux anniversaire à Melle 10 ans.

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    1. Non, on n’est jamais prêtes je pense. Moi je changerais des choses en amont. Je me serais davantage documentée. Mais je ne pense pas que la parole était aussi libérée il y a 10 ans qu’aujourd’hui.
      Justement, j’ai adoré lire ton petit listing des petites croyances pré-bébé que tu avais. C’est ton ventre-plat post accouchement à toi. Moi, c’est encore pire, je n’avais même jamais réfléchi à toutes ces questions concernant bébé avant d’accoucher alors…

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    1. Tout nous enjoint à en faire notre religion. La masse des injonctions qui pèse sur nos têtes et toutes les occasions qu’on a de se comparer et de constater qu’on ne fait jamais assez et assez bien. Je pense que quand les enfants grandissent, deviennent plus autonomes, on lâche. Pas complètement, évidemment, mais il y a des positions d’oubli de soi qui n’ont plus lieu d’être…parce que les enfants plus grands ont moins besoin de nous.

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  8. Bel article !
    Mon aîné va bientôt avoir 10 ans et je me souviens que les premières semaines, j’avais ce sentiment d’injustice, que mon mari ait juste à passer la porte pour retrouver sa vie « normale » tandis que pour moi, le simple fait d’aller faire des courses ou chez le médecin nécessitait une organisation précise, notamment parce que mon fils était allaité. J’ai trouvé les quatre premiers mois difficiles, stressants puis cela s’est apaisé. L’arrivée de la cadette a été facile à vivre, j’étais bien plus détendue, elle était un bébé facile à vivre, toujours content. La naissance de la petite, mais surtout la prise de conscience de ses problèmes, le diagnostic d’une maladie extrêmement rare, l’enchaînement des rendez-vous médicaux et thérapeutiques et l’angoisse pour son futur ont tout bouleversé. Il m’a fallu quatre ans pour réussir à vraiment refaire surface, à retrouver de l’énergie pour faire autre chose qu’assurer le quotidien.

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    1. Je n’ai pas allaité, et pourtant je me souviens avoir eu l’impression d’être prisonnière de mon premier bébé. Le sentiment d’injustice, je l’ai surtout ressenti pour la 3ème, quand mon corps a été abîmé alors que mon mari était intact à côté de moi, portant son bébé dans les bras sans avoir fourni le moindre effort…
      Quant à tes ressentis pour la dernière, je ne peux que les imaginer, imaginer à quel point cette période a dû être difficile.

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  9. Pour moi, cela fait environ un an que je trouve la vie plus facile, que je n’ai plus besoin de me lever 1h avant les enfants pour que tout soit fait le matin. Ma grande a été autonome assez vite, en partie parce qu’elle a du prendre le bus seul pour la 6e et que cela l’a fait grandir. Depuis, je la laisse assez libre et j’ai la chance qu’elle n’en abuse pas (faut dire qu’avec le confinement, ça limite). Mais c’est vrai qu’avoir de vraies conversations avec ses enfants, au delà des discussions de bébé, c’est vraiment très chouette. Je ne regrette pas du tout la petite enfance, même si mes enfants étaient particulièrement adorables et craquants -évidemment- car il faut reconnaître que c’est beaucoup de fatigue. A nous la 40aine et ses libertés retrouvées !

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  10. C’est assez rassurant de voir qu’on vit toutes la même chose. Par exemple d’oublier d’attacher le siège auto au siège de la voiture ! Quelle galère les premiers mois. Tout le monde dit qu’il faut en profiter mais chez nous on a toujours préféré ce moment où ils commencent à bien se faire comprendre, où on peut échanger, rigoler… 10 ans quel bonheur ! A cet âge ils ne sont pas encore ado et plus des bébés, je trouve cette période très sympa.

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    1. Yes, ça fait du bien et c’est le genre de petites anecdotes que bizarrement, tu ne cases pas facilement au milieu d’une conversation!
      Et oui, tout le monde m’a aussi dit « profite, ça passe vite », au final je ne sais pas si j’ai profité. De la période bébé oui, c’est sûr, mais des 2/3/4 ans…euh…attends voir…moi aussi j’adore les 8/10 ans. Âge d’or 🤩

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  11. La claque, je l’ai prise plutôt à la naissance de ma 2e. Pour la première, les choses se sont globalement passées comme je l’avais imaginé, ce qui a certainement aidé. Pour la 2e, j’ai eu le jackpot : la solitude, la dépression post-partum, l’ainée qui vivait hyper mal l’arrivée de sa soeur, un bébé difficile à gérer au niveau du sommeil, du reflux, etc. Ça m’a vaccinée de l’envie d’en avoir d’autres 🙂 Elles ont désormais 8 et 5 ans et j’aime vraiment beaucoup ce que l’on vit maintenant, je me sens bien mieux comme mère, même si je n’ai tjs pas renoncé à cette abnégation qui m’étrangle souvent. Je le sais, mon conjoint me le répète, mais je n’arrive pas à changer. Du coup, ça me pèse car j’ai l’impression d’être en permanence dans le sacrifice. Je finis par prendre du temps pour moi et je culpabilise.

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    1. Pour moi aussi ça a été plus difficile avec la 2ème sur le papier. Pourtant c’est à la naissance de la première que j’ai fait une dépression. Comme toi la première a été un bébé facile et quelque part heureusement, sinon je ne sais pas si j’aurais pu émerger aussi vite…
      Cette idée du sacrifice est très présente dans la façon dont nos sociétés et nos histoires ont construit l’image de la mère, la vocation de la mère. Rien d’étonnant qu’on continue toutes de se débattre avec, même si certaines arrivent à lâcher davantage prise, la culpabilité n’est jamais loin…

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