Le flash info de l’automne 2020

Je sais ce que tu te dis: cours de street dance, changement d’alliance, cette blogueuse confidentielle a une vie tout à fait trépidante, comme j’ai bien fait de m’abonner! Tu ne crois pas si bien penser. Ce début d’automne a été…bien rempli. J’ai morflé ma race de mère de trois enfants. Petit tour d’horizon avec un pot-pourri de sujets comme tu les aimes.

Rentrée de ouf de mère de trois enfants

C’est bien simple, le contre-coup du changement de métier, c’est maintenant. Il faut dire qu’il y a un an, j’étais en train de bavasser en cours, tout en réfléchissant à ma séance de sport du soir et à l’endroit où j’allais boire un verre le lendemain. Le tout, en ne foutant absolument rien de mes journées, à part poser mon postérieur sur une chaise de classe. Forcément, après trois mois de confinement et deux mois d’été, le retour à la réalité a été quelque peu brutal.

Faut dire qu’on s’est pas simplifié la vie en inscrivant les filles à deux cours artistiques (théâtre et dessin) en plus de leurs (note le pluriel) cours de danse. Des tarés. Le résultat de cet auto-punition n’a pas tardé à se faire sentir.

Ca a commencé dès le 7 septembre, avec l’oubli pur et simple du rendez-vous orthodontiste que j’avais pourtant arraché de haute lutte après des mois d’attente. Ma dignité de mère a été égratignée.

Puis, j’ai enchaîné 5 jours plus tard avec l’oubli pur et simple de la réunion de rentrée de ma cadette. Moi. L’ex-prof. Qui sait, oui qui sait pertinemment ce que pensent les instit des parents qui ne viennent pas aux réunions de rentrée. Comme c’était mon mari qui devait y aller et qu’en fait je ne sais même pas pourquoi je dis que c’est moi qui ai oublié alors que c’est lui qui a oublié, c’est lui qui s’est tapé le mot d’excuse à rédiger, avec tout plein de je vous saurai gré et empêchements dedans. La maîtresse n’a même pas daigné répondre. Pas même un Vu. Pas même un signature. Une croix. Un gribouillis. Rien. En mode allez vous faire foutre bande de raclures. Ma dignité de mère a été écorchée.

Enfin, ça s’est terminé avec l’oubli pur et simple de la validation de l’inscription au centre à la Toussaint. Et une pitoyable supplique au pôle famille de ma ville, avec le mode mère désespérée allumé, une larmichette dans la voix. Ma dignité de mère a été achevée.

J’en suis là. Moi, la mère modèle d’organisation, d’anticipation, réduite à oublier les rendez-vous les plus traditionnels de rentrée. J’ai lancé à mon mari, en reniflant: Si on lâche sur la santé et l’école, on est quel genre de parents, hein? QUEL GENRE??! Actuellement, je suis en pleine phase d’acceptation de la dégradation de mon statut de mère sinon parfaite, du moins qui assure au quotidien. J’espère que le puits a un fond.

Ma gynéco part à la retraite

Ouais. Cool. On s’en fout, dois-tu te dire. Eh bien non, on s’en fout pas. Parce que ma gynéco correspondait à la définition exacte que je me fais d’un super médecin. Cette femme m’a suivie pendant douze années, alors que je débarquais de mon Nord natal et que je devais refaire tout mon contingent de soignants.

Elle a suivi mes grossesses, réalisé mes premières échographies, comme pour toutes les patientes, mais surtout, surtout, elle a été d’une humanité, d’une écoute, d’une intelligence et d’une bienveillance rarement rencontrées chez un praticien. Elle m’aimait bien, ça se voyait, elle n’avait pas besoin de le dire.

Avec elle, je pouvais discuter de mes interrogations, de mes doutes, sans jamais craindre le jugement ni la condescendance. Elle me faisait sentir que mon opinion, même profane, avait le droit d’être considérée. Avec elle, je pouvais avoir de mini-débats sur un sujet de société ou une décision récente du gouvernement. Elle avait cette mesure dans ses réactions, cette bonté dans les yeux, cette douceur dans la voix, qui fait que j’avais envie de lui donner mes ovaires en offrande.

Elle écrira un mail d’au-revoir à tous ses patients, comme son mari et confrère l’a fait avant elle. Quel médecin fait ça? Quel médecin remercie ses patients pour tout ce qu’ils lui ont apporté? Des médecins comme ma gynécologue. Merci, madame A.

On ne m’arrête plus

C’est ce que mon mari et mes copines me disent quand je leur fais part de mes projets.

Je viens d’être titularisée. Je voudrais déjà repasser un concours. Mais je ne peux pas. Je ne peux pas parce que si je repasse un concours, il y aurait 6 mois de formation en région, d’une part, et le gros gros risque de retourner à l’Education Nationale, d’autre part. Autant me…non, rien.

Je dois donc attendre cinq ans pour pouvoir passer l’examen professionnel qui me garantira de rester dans mon nouveau domaine de compétences. Cinq ans. Ca va passer vite, m’étais-je dit. Oui, ça passe vite. Mais…mais j’ai envie de faire plein de choses.

J’ai envie par exemple, de passer un Master. En socio. Ou dans un autre domaine. Je me suis bien renseignée sur les master en criminologie, mais ils sont très orientés vers le droit pénal, et je n’ai jamais fait de droit pénal (même si officiellement, j’ai une licence Lettres-Histoire-Droit). Du coup je me suis renseignée pour une certification en psychologie criminelle. Faudrait que je prenne un congé de formation. J’ai envie d’apprendre. Je me sens délivrée et pleine de potentialités. En quoi la psychologie criminelle a quelque chose à voir avec ton nouveau domaine de compétences, dois-tu te dire? Rien. Mais je m’en fous. Je veux juste apprendre et me faire plaisir. La criminologie m’a toujours fascinée. Alors bien-sûr ces projets sont à construire et à préparer, mais j’y pense sérieusement. J’ai même contacté ma RH en cette fin de semaine. A suivre…

Point bouquins

Bah ouais, tu vas avoir le droit à un point littérature. Désolée mais c’est mon blog, merde. Et ça fait trop longtemps qu’on n’a pas causé bouquins, ici. Je suis tombée par hasard, à la bibliothèque, sur ce livre:

Bon, je te l’avoue, c’est son bandeau rouge qui m’a attirée. Prix Pulitzer. Faut dire que le dernier Pultizer que j’ai lu, c’est la Pastorale américaine de l’excellent Philip Roth, et que surtout, mon premier Pulitzer a été Beloved, ce chef-d’oeuvre qui m’a tellement transcendée que je réfléchis très sérieusement à l’idée de me faire tatouer son titre sur l’avant-bras.

Un Pulitzer, donc. Et même deux. Puisque Whitehead vient de se payer le luxe d’un second avec Nickel Boys.

Je me suis donc plongée dans Underground Railroad avec une impatience légèrement tendue. C’est un bon livre. Très bon, par endroits. La fin est superbe. Mais comment dire…lire un livre sur l’esclavage aux Etats-Unis après Beloved, c’est comme aller à Tablapizza après avoir goûté aux restaurants étoilés. Et souvent, je me demande…je me demande si je revivrai un jour cette expérience intellectuelle, ce feu d’artifice cérébral avec une autre oeuvre littéraire que Beloved ou Cent ans de solitude. Je cherche, ma soeur cherche, pour l’instant, nous n’avons pas trouvé. Mais dis-moi, si t’as une idée.

Enfin, ma collègue m’a offert pour mon anniversaire ce livre, qui a fait grand bruit à sa sortie, et auquel le Monde a consacré un excellent article, ici.

C’est à lire, parce que le sujet, explosif, est plus que jamais d’actualité. C’est à lire pour l’immersion totale que la lecture procure. L’auteur opte pour une écriture émotionnelle, percutante et qui colle aux tripes. Ce qui m’a le plus choquée, dans cet ouvrage, c’est le racisme latent, omniprésent, rampant, assumé, décomplexé de la police. Le dénuement et la pauvreté des forces de l’ordre aussi, dénuement et pauvreté à prendre au sens le plus large des termes. Un livre nécessaire et courageux dans sa démarche.

Voilà, j’ai sûrement perdu 50% de mes lecteurs à ce stade, mais que veux-tu, le blogging est quelque part égoïste dans sa démarche. J’espère que ta rentrée a été plus calme que la mienne. Paraît que je vais enfin basculer un peu en télétravail prochainement. J’ai trop hâte de dormir un peu plus le matin.


29 réflexions sur “Le flash info de l’automne 2020

  1. Quelle rentrée!!!
    et oui je suis toujours là.. Je lis mais ne commente que très rarement…
    Pas évident de reprendre le rythme après ces vacances et cette période confinement.. Le rythme est repris et les vacances arrivent: et rien n’est anticipé!!!
    Bonne journée,
    au plaisir de te lire

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  2. J’étais pas partie pour commenter, mais quand j’ai lu que tu parlais de “Cent ans de solitude” qui est dans mon top 3 des livres que j’ai lu 500 fois, mon sourcil a tressauté… Je note donc le livre Beloved que je ne connaissais pas et que je vais de ce pas me procurer ! Concernant les romans sur l’esclavage, j’ai été retournée par “Autant en emporte le vent” (le livre, pas le film), j’avais même fait une chronique sur mon blog tellement j’avais été marquée par ce livre… Tu l’as lu ?
    Bon courage pour cette rentrée chaotique!

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    1. Je veux attendre d’avoir complètement oublié ce livre avant de le relire…peur qu’il perde sont effet, que je l’use à force de relire les mêmes phrases…ce livre…la fin m’a fait chialer, chialer devant tant de génie, jamais ressenti ça sauf avec Beloved (les 2 font partie de la liste des 100 meilleures livres de tous les temps qui est un vivier pour mes choix de lecture)!
      Jamais lu Autant en emporte le vent mais tu me donnes envie du coup!
      J’espère que ces 2 premiers mois post reconversion se sont bien passés de ton côté!

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      1. Tu peux aussi lire « L’amour au temps du choléra » de GGMarquez. Très bon livre également ! Et oui, ce premier mois post reconversion a été super et je savooooouuurrreee chaque jour en me félicitant d’avoir pris cette décision !

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      2. Ahahah mais ma chère, tous les GGM sont passés entre mes mains! Je lui ai préféré « chronique d’une mort annoncée » d’ailleurs. On y retrouve tellement son style, ce goût pour l’absurde et le burlesque 😍😍😍

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      3. Je les ai aussi tous lus ! Et j’ai énormément aimé « Chronique d’une mort annoncée », même si j’ai un petit faible pour l’histoire d’amour complètement absurde de « L’amour au temps du choléra » ! 😉

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      1. J’ai lu ta chronique, passionnante. Whitehead a cette capacité à écrire par et pour les sudistes, à nous faire embrasser leur point de vue, c’est un parti pris qui donne encore plus de force à l’immonde. C’est la grande réussite de ce livre.

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    1. Ce livre est un véritable chef-d’œuvre, inclassable, je le conseille à tout le monde mais il est difficile d’accès. C’est une écriture très métaphorique, qui procède par focus progressif. Il y a une scène d’évasion qui est et restera pour moi une anthologie de la littérature. Inégalable.

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    1. Oui, j’ai déjà lu plein de livres sur les serials killers et serial violeurs, je suis fan de la série Mindhunter 😉J’ai trouvé une certification en psychologie criminelle dont le programme me fait tout simplement baver d’envie…
      Pour les activités on l’avait promis aux filles quand j’aurais repris le travail, et vu avec quels sourires elles en reviennent, on se dit que ça en vaut la peine…

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  3. Dis toi que tu n’es pas la seule à zapper des rdv ou oublier les réservations au centre de loisirs. Je compatis parce que c’est du vécu ! Je ne sais pas si ça te rassure. Il est temps de nous délester de cette charge mentale ! Viens on fait grève !
    Pour les études, je t’admire, je crois que je serai incapable de me motiver à recommencer tout ces apprentissages, le stress qui va avec.
    Pour les livres, je suis sur du bien plus léger de mon côté, en ce moment Virginie Grimaldi, c’est rapide et efficace.

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    1. Si, ça me rassure, désolée que ce soit à tes dépends 😀 Ici ça a provoqué une espèce d’électrochoc chez l’homme quand-même…
      Pour les études je suis sûre que je les aborderais de façon plus zen qu’à la vingtaine: je suis insérée socialement, sur le marché du travail, qu’est-ce qu’il peut m’arriver d’horrible? Que je le rate, et ça ne jouera pas sur mon avenir, ni sur la réussite de ma vie. J’essaie vraiment d’envisager ça comme une occasion d’apprendre…je plane sans doute hein!
      Je n’ai jamais lu du Virginie Grimaldi, c’est un peu ce qui fait de moi une connasse littéraire, tu te souviens, j’avais préparé un article sur ce magnifique thème 😀 Faudrait peut-être que je le publie!

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  4. Ah la la, quelle galère ces gynécos retraitées… J’ai vécu à peu près la même chose il y a quelques années, quelle tannée pour en retrouver une correcte…. Sinon, je veux bien faire criminologie avec toi. Mais il y a des côtés gore, n’oublie pas. Pour les bouquins, je piocherai allégrement dans ta wishlist, et moi après Gone with the Wind, j’ai lu « Scarlett » d’Alexandra Ripley, qui est une suite un peu à l’eau de rose mais chouette quand même si comme moi, tu es restée un peu sur ta faim… Bonne lecture ! (Les rois Maudits dont parle Miss Texas c’est excellent aussi, sauf le 7e tome que je n’ai jamais réussi à finir)

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    1. Du coup je pense me faire suivre par mon ancienne sage-femme (il me semble qu’elles peuvent réaliser le suivi lambda depuis quelques années)! Oui y’a des trucs vachement gore mais bizarrement ça ne rebute pas la grande sensible que je suis (en tout cas, pas au premier abord, je changerai peut-être d’avis si j’arrive plus à dormir)! Et merci pour tes idées de lecture, je crois que j’en suis à mon 4ème bouquin en attente, avec ces gosses et ce mari c’est une tannée pour trouver des créneaux pour lire! 😄

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