Comment j’ai quitté le métier de prof

J’étais le plus sérieusement du monde en train de réfléchir à la manière de clôturer mon blog. Plus d’idées, à part pour les flash info. Plus d’inspiration. Moins lue. Moins commentée. L’orgueil a son mot à dire. Et puis, je suis de celles qui aiment fermer des portes avec fracas, qui n’aiment rien laisser entre-ouvert, de celles qui ne veulent pas laisser de traces et que tout le monde se le tienne pour dit. Et puis j’ai reçu deux mails, coup sur coup. Deux mails de prof. Encore. Ces mails se ressemblent et pourtant, ils sont tous différents. Chacun d’entre eux me relate un parcours, un choix, une interrogation qui lui sont propres, chacun d’entre eux me laisse lire entre les lignes des raisons multiples de m’écrire.

Ces mails ont soufflé sur mon inspiration, comme un feu presque éteint qu’un coup de vent revivifie soudain. Ça y est. J’avais envie. Je savais quoi dire. J’ai ressenti à nouveau ces sensations qui accompagnent l’impulsion et le besoin d’écrire, un bouillonnement intérieur, un là tout de suite, un feu d’artifice cérébral qui demande à être accouché impérieusement. J’ai pris des notes. Plein. Et me voilà, je t’écris. Aujourd’hui, je te le dis, rien qui ressemblera aux drôleries des flash info, non, plutôt un approfondissement de ce que j’ai déjà pu t’écrire dans mon très imagé Une séparation. Ceux qui me connaissent ont su percevoir le sens caché de chaque image de ce texte. Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire librement. Sans sous-entendus. Précisément. Longuement, peut-être.

Je suis là pour te raconter comment on choisit un métier avec toutes les cartes en main ou plutôt en pensant les avoir, comment on se trompe, et comment on le quitte. J’ai choisi le mot comment, et pas pourquoi, parce que je trouve qu’il porte en lui les termes de la manière et de l’explication, il les englobe et les synthétise, il me convient. Comment devient-on prof, et comment cesse-t-on d’être prof? Ce métier « qui ne se quitte pas », comment vient-on à le quitter? D’où ça part, où ça aboutit? Je ne prétends pas que mon expérience puisse synthétiser toutes celles de mes collègues, ni même qu’elle dise quelque chose du malaise de la profession, de son devenir. C’est simplement une expérience parmi d’autres, produit de mon histoire, de mon passé, de mon milieu.

Je voulais aussi témoigner que ce métier qui a failli me faire mourir de l’intérieur rime aujourd’hui avec souffle de vie, car il m’amène à écrire et créer, il rime avec évolution, mutabilité. Je ne l’ai jamais fait rimer et ne le ferai jamais rimer avec échec, sclérose et rumination. Ce métier m’a projetée hors de moi-même et de toutes les illusions que j’avais bâties. Il est mouvement, il a été étincelle. Je ne regrette rien.

1.

L’origine

Les profs sont, dans leur grande majorité, d’anciens (très) bons élèves. Je colle parfaitement au cliché. Durant toute ma scolarité en primaire, j’ai été l’incarnation de l’élève parfaite: sage, participative, moteur, impliquée, soigneuse, tête de classe, bonne camarade, j’ai coché naturellement et d’instinct toutes les cases qui font la fameuse culture scolaire. L’école a été non seulement une évidence, mais une révélation, et un refuge. Ma mère me l’a verbalisé très tôt. Elle m’a expliqué comment j’avais été frappée par ma nourrice et comment mes parents m’avaient arrachée de cette maison où je dépérissais en me collant à deux ans sonnants et trébuchants dans une salle de classe. L’école m’a libérée, elle m’a épanouie. J’étais parfaitement à ma place, pourtant tout juste propre, encore bébé, pas encore enfant.

Je suppose que comme de nombreuses petites filles, j’ai exprimé dans mon enfance la volonté de devenir « maîtresse ». Je n’ai jamais « rêvé » d’être maîtresse, comme on peut le lire régulièrement dans certains témoignages qui me font sourire, en même temps qu’ils me laissent un goût amer dans la bouche. Car je trouve terrifiant qu’on puisse vouloir exercer un métier dès ses cinq ans, et ne jamais dévier de cette trajectoire, quelques soient les évènements qui surviennent sur notre chemin, comme si notre destin était écrit, ou comme si l’on ne voulait surtout pas renier ce que cette part d’enfance a toujours voulu et forcément idéalisé.

Plus tard, au collège, mon goût pour le français et toutes les matières humanistes s’est révélé. J’y excellais, sans être mauvaise dans les matières scientifiques par ailleurs. Mais le français et moi, c’était une connivence qui ne me demandait aucun effort, ni pour faire, ni pour réfléchir. Je suis devenue la chouchoute de mes profs d’Histoire et de Français, le bulldozer à rédaction, celle qui ne s’inquiétait jamais, au grand jamais des notes qu’elle pouvait récolter dans ces matières.

Au lycée, a émergé l’idée d’être prof de français. Pourquoi? Aucune idée. Je n’avais aucun prof dans ma famille proche, n’en connaissais personnellement aucun, mais voilà, j’étais bonne, voire excellente en Lettres, alors prof, oui, pourquoi pas. Je ne connaissais absolument rien des réalités du métier. Ne me suis jamais renseignée plus avant. J’ai hésité un moment avec styliste, ou quelque métier d’art, mais après avoir visité deux-trois écoles et trouvé que leurs étudiants étaient décidément trop étranges et underground pour la personne lisse que je pensais être, j’ai décrété que les écoles d’arts appliqués, c’était terminé, et que ce serait prof. Point. Je n’ai plus dévié de cette trajectoire. Jamais, je ne me suis informée à propos d’autres voies également versées dans la langue française, journaliste, orthophoniste, bibliothécaire, archiviste ou sur d’autres concours qui m’auraient permis d’avoir accès à des métiers insoupçonnés.

Les miens, de profs, ont bien poussé les hauts cris quand ils ont appris que je ne ferai pas de prépa littéraire. Aucun ne comprenait mon choix. Je savais que la prépa existait. Je savais aussi que non seulement, elle menait le plus souvent à la fac, c’est à dire là où je m’apprêtais à me rendre, mais qu’en plus, j’étais moralement totalement incapable d’y aller et d’y faire face. Car si je me suis fermé des portes, ce n’est pas seulement en suivant des voies intellectuelles, mais en suivant également des voies psychologiques. Car à l’époque, j’avais déjà la clairvoyance de me savoir fragile, et pas suffisamment armée moralement pour soutenir le rouleau compresseur de Khâgne/Hypokhâgne. Et puis pour quoi? Je ne voulais ni être journaliste, ni faire l’école normale sup. Je me retrouverais en Licence à la fac, autant y aller directement sans passer par la case prison. Je n’ai jamais regretté et ne regretterai jamais ce choix. Avec du recul, je trouve que j’ai fait preuve d’énormément de lucidité et de connaissance de moi-même du haut de mes 17 ans. Reste l’idée sous-jacente, un peu pénible, que mettre ne serait-ce qu’un orteil dans ce microcosme élitiste m’aurait permis d’avoir accès à un catalogue professionnel inconnu et dérobé.

Car avec le temps et l’analyse, je me rends compte aussi à quel point le milieu joue sur les choix d’avenir professionnel, non pas en bouchant des voies (mes parents m’ont suivie et encouragée dans tous mes choix), mais en subtilisant à la vue des concurrents à l’ascension sociale certaines possibilités. Mes parents étaient informés, certes, mais moins que d’autres. Prof, pour eux, c’était déjà très bien. Jamais il n’avaient entendu parler des IRA, par exemple. Un éventail très large de potentialités ne m’est tout simplement jamais venu aux oreilles. Je suis donc devenue prof par défaut, mais sans en avoir conscience, en ayant véritablement le sentiment d’avoir toutes les cartes en main pour choisir mon métier.

J'ai testé pour toi (4)

 


42 réflexions sur “Comment j’ai quitté le métier de prof

  1. on est donc sur une histoire a épisodes ! j’adore lire les récits de vie… d’autant plus lorsqu’ils sont écrit avec une si jolie plume. Quelle personne de 16/17 ou 18 ans peut se targuer de choisir un métier en ayant connaissance de tout ce qui existe ?? c’est tout bonnement impossible. c’est pour cela que depuis quelques années, les reconversions explosent. on se donne maintenant le droit de changer de carrière et c’est très bien ! évoluer et grandir tout au long de sa vie, c’est quand même plus excitant que de se dire qu’on signe pour les 40 prochaines années…. la vie vaut la peine d’être vécue à 100 %, pour tout le monde. et comme dirait mon mentor :  » tu mérites ce qu’il y a de meilleur dans la vie ». cette phrase s’applique à absolument tout le monde ❤

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    1. Merci Sophie, je savais que cet article te parlerait, merci de venir encore commenter par ici! Bien sûr, tu as raison, personne à 17, 18 ou même 20 ans n’a toutes les cartes en main, mais je reste persuadée que de gros progrès restent à faire dans la manière d’envisager et d’orienter les élèves en France. Ce n’est pas pour rien que notre pays est champion de la reproduction des inégalités sociales. Il y a des voies, des choix possibles, qui sont totalement inconnues de la classe moyenne lambda, ou qui l’étaient en tout cas à l’époque. Je trouve salutaire que les reconversions explosent, parce qu’au delà du besoin dont elles témoignent, le fait qu’elles augmentent prouve que c’est possible et que les gens osent de plus en plus se lancer. Et oui, je mérite de ne pas m’éteindre dans ma vie professionnelle 🙂

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  2. I’m here! juste en rappel du lieu où l’on s’est connue à cette époque. Et c’est d’ailleurs tout ce qu’il m’en reste d’anglais. Mais ça valait le coup!
    Bref, juste pour te dire que je te lis et aujourd’hui, point de procrastination. Je commente de suite…pour te dire que je suis là. ^^

    J’ai hâte de lire la suite et je valide voire sur valide ton choix de ne pas avoir fait la prépa car ma soeur y est passée. Et bien que je n avais de toute façon pas le nuit pour y aller, son expérience d’un an m’a suffit. JAMAIS pour moi même si j’en avais été capable. A moins évidemment d’une carotte si grande que le jeu en vaut le chandail.

    Bref, vivement la suite en attendant la fin.

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    1. Moi aussi, c’est tout ce qu’il m’en reste! Je me souviens encore des soirées pluvieuses passées là-bas et de nos discussions dans les toilettes 😀
      Merci d’être toujours là. Je ne dis pas ça pour remplir mon commentaire. Vraiment, merci.
      Pour la prépa tu connaissais déjà ma position et clairement, ça rejoint ce que tu dis: mon projet professionnel n’en valait absolument pas la chandelle. J’aurais fini anorexique, boulimique ou les deux 😀

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  3. Merci de partager ton histoire, hâte de lire la suite! Je suis contente pour toi que tu aies trouvé ta voie! C’est vrai que c’est un métier pas facile à quitter par rapport à la sécurité de l’emploi et surtout pour faire quoi d’autres… j’ai des amies qui continuent car elles ne voient pas comment se reconvertir…

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    1. Merci beaucoup pour ton retour, je ne dirais pas que j’ai trouvé ma voie, parce que je n’ai pas ne voie, mais j’ai trouvé un métier de remplacement et des conditions de travail qui pour l’instant, me conviennent tout à fait! C’est très très très compliqué de sortir de l’Education Nationale, j’aurai l’occasion de le détailler dans la suite de mes aventures 😉

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  4. Ah mais cet article tombe à pic pour me rappeler que je suis peut être à 10 jours de l’examen qui va changer ma vie professionnelle… Ou pas ! Mais en tous cas ton expérience me guide et me rappelle tous les jours qu’on peut rêver d’une autre voie, d’un chemin qui nous permettra de nous réaliser ou même d’une confirmation que finalement on est vraiment fait pour le chemin emprunté… L’avenir le dira mais les rencontres ne se font pas par hasard et la vie nous porte où nous devons être ! En tous cas aucun regret d’avoir croisé ton chemin dans cette école idéale et d’avoir partagé tes questionnements sur l’avenir au pied du bac à sable !!! ❤️

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    1. Je te contacte en privé pour les détails, merci de continuer à commenter, merci pour ton enthousiasme aussi, comme je le disais à une autre lectrice ça fait tellement du bien de savoir que c’est possible, juste possible, et que si l’on ose, on peut y arriver! J’espère que de ton côté cette année (tronquée) aura été fructueuse et qu’elle te permettra de repartir de bon pied, quelque soit le chemin que tu emprunteras. Je parle encore de vous régulièrement à tous les gens que je croise. Cette école et vous, resterez gravées à jamais.

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  5. Je suis d’accord avec toi, les élèves sont vraiment mal orientés à la sortie du lycée. Il y a 2 ans la baby-sitter des enfants me disaient qu’elle aurait voulu faire un bts après son bac mais que sa maman ne trouvait pas ça assez bien… résultat elle se retrouve à faire une licence de psycho à la fac. C’est vraiment dommage, même si aujourd’hui on ne fait plus une carrière de 30 ans dans le même métier/société.
    Hâte de lire la suite 😊.

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    1. Entre les barrières qu’on se met, les barrières que le système maintient, les barrières que les parents érigent, les barrières financières, temporelles, on se dit qu’au final, le métier qu’on choisit est une espèce de compromis entre plein de composantes, et qu’il ne peut pas être idéal! Et oui c’est dommage de gâcher des années dans des études qui ne nous conviennent pas (surtout qu’après un BTS, on peut poursuivre sans problème ses études…)

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  6. Une nouvelle fois je me retrouve exactement dans ton parcours… La scolarité sans embûches qui m’a menée à l’enseignement également. J’ai retrouvé mes bulletins récemment, je n’en reviens pas d’avoir été si bonne élève…Le fait de ne pas avoir eu l’envie d’aller en prépa littéraire, contre l’avis de mes profs. Je me connais, je suis un diesel : très longue, très lente, besoin de plusieurs tours de chauffe pour me révéler. Ton image de rouleau compresseur est parfaite, il me faisait peur aussi ce rouleau et j’avais besoin de souffler. Mes parents, que je comprends mieux maintenant, étaient trop stricts. J’ai regretté un peu en revanche car la fac ne me convenait pas. J’ai totalement lâché à ce moment là. La liberté, la fête , les garçons… C’était trop pour moi ! L’école de journalisme, j’en rêvais mais c’était exclu. Il fallait financer et je travaillais déjà à côté. J’ai vite eu hâte d’être indépendante pour de bon. Mon niveau en fac d’anglais a stagné des la deuxième année et je n’ai pas eu le cran de partir un an à l’étranger (merci Gilles, ou Sylvain, ou…) Donc adieu le CAPES d’anglais. Je n’ai même pas tenté, quel manque de courage finalement…Le stage que j’ai effectué en licence m’a tout de même décidée. C’était un vrai bonheur de travailler avec et pour des enfants. Il n’y avait rien de facile, mais je sentais que j’avais le « truc » avec les petits. J’étais douée pour capter leur attention et puis gagner sa vie en chantant des petites chansons « y a pire ». Je mettais de côté la préparation que j’avais déjà à faire en me disant qu’avec l’habitude j’en aurais forcément moins… La blague ! J’ai donc passé le concours. Sans soucis, je m’étais remotivée car je n’en pouvais déjà plus de mon métier de surveillante de lycée. Comment ai-je pu ignorer ces indices ? L’éducation nationale m’ avait déjà déçue mais j’y suis allée quand même.
    Ce métier m’a broyée, tu le sais bien. 15 ans d’incertitudes , de remise en question, d’insatisfactions, de frustration et de travail acharné. J’ai eu beaucoup de bons moments avec les élèves heureusement. Je pense que j’étais meilleure éducatrice qu’enseignante. Je n’avais pas de soucis de discipline ou peu. J’etais respectée par les familles. Mais ce métier n’était pas pour moi.
    Je me dis qu’il m’a permis d’arriver là où nous en sommes. Quand j’ai eu le concours, je me rappelle de la joie intense que j’ai ressenti devant mon minitel (et ouais, don’t judge, mais c’était la dernière année du minitel aussi hein) au fond de moi je savais que je ne serai pas instit toute ma vie, mais j’avais mis le pied dans un système qui me permettrait peut être mieux. Je m’étais offert du temps et de la sécurité. Après 15 ans de tour de chauffe me voici prête à me relancer dans des études de Droit de l’urbanisme. Cette fois je vais savourer ce temps d’apprentissage, comme j’ai savouré celui de l’an passé avec toi. 15 ans pour savoir ce que je voulais, ou plutôt ce que je ne voulais plus… Un vrai diesel, ils avaient raison les profs.

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    1. Ahahaha, tu crois encore au hasard de cette rencontre dans le car vers les mines de Douai? 😀
      Je trouve qu’au contraire, tu as été courageuse, de mon côté je n’ai jamais dû travailler à côté de mes études, et puis tu as eu le courage de passer un autre concours, pas forcément plus simple, par plus polyvalent. Je trouve aussi que tu as été plus lucide que moi, dès le départ. Tu as quand-même mis un pied dans la réalité. Tu verras, de mon côté c’était tout autre chose…Mais attends, j’apprends un truc en exclu là? Tu fais une formation? Tu reprends la fac? Dis-moi tout!!

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  7. moi non plus je ne sais pas ce que c’est qu’un IRA.
    Contente de te revoir par ici ! tu vois que l’inspiration peut revenir 🙂 et bien sûr j’attends la suite avec impatience. Je pense que tu aurais largement eu la carrure de faire khâgne; ta culture est grande, ta pensée est extrêmement structurée, et même si tu es sensible, tu es quand même sacrément solide. Mais ce n’est pas moi qui te jetterais la pierre, car j’avais exclu d’office de faire médecine pour les mêmes raisons que toi 😀

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    1. Je l’ai découvert pendant ma reconversion. C’est un institut qui forme les cadres de la FP, on y entre sur concours. J’aurais pu y aller à l’époque, aujourd’hui, avec les enfants, impossible (6 mois de formation en région). On s’est auto-censurées en quelque sorte. Enfin, je me suis surtout protégée. Moi j’arrivais à être stressée à la fac alors je te dis pas en prépa 😀

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  8. J’ai souvent eu l’impression d’avoir suivi le chemin qu’on m’avait tracé, ou que je m’étais tracé, je ne sais pas vraiment. Je connaissais toutes les étapes pour devenir journaliste, depuis plusieurs années. Je n’ai jamais relevé la tête pour savoir ce qu’il existait d’autres. Même quand j’ai passé l’un des concours d’entrée aux Instituts d’Études Politiques, l’idée restait de « faire ça » pour faire une école de journalisme après. Admettre, après quelques années de pratique, après les stages, après les études, après les détours parce que je n’étais pas assez douée, ou en tant cas « appliquée » et travailleuse, pour prendre un chemin direct, que ce n’était pas un métier pour moi, a été difficile. Hâte d’en savoir plus, je vais partager ton article sur mes propres réseaux.

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    1. Je me retrouve totalement dans tes mots. Il suffit de remplacer les termes de ton parcours par les miens. Pour moi aussi, tu le verras, admettre que je m’étais trompée a été très long, tortueux et douloureux. Et merci beaucoup pour tes partages qui m’ont amené quelques lecteurs du Québec 😉

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  9. Tu touches du doigt un élément commun à beaucoup de filières, notamment littéraire car c’est aussi celle que j’ai suivi – comment pouvoir ne serait-ce qu’apercevoir les possibilités réelles d’orientation professionnelle, quand on est si peu armés, et qu’elles sont si difficiles à connaître? Combien de vocations sont ratées juste parce qu’à l’âge du lycée, des jobs passionnants aux noms barbares et mal mis en valeur nous sont purement et simplement inconnus? Bonne élève moi aussi, résolument tournée vers les lettres et les langues, je n’étais pas attirée par une carrière de prof. Que reste-t-il, alors, qui soit mis en avant dans les filières littéraires? J’ai longtemps fait face à cette grande inconnue et tatonné avant de trouver ma voie, qui finalement était plus une voie par défaut ou par opportunité qu’un chemin conscient et réfléchi. En tout cas je suis ravie de lire que l’inspiration revient et cette série promet d’être passionnante! (et au passage : je commente moins par ici, mais 1. moins le temps et 2. problème technique avec wordpress – mais je lis toujours ;o))

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    1. Je te rejoins complètement sur ton analyse, et suis persuadée que « faire L » implique un double handicap: celui de choisir une voie « de garage » et donc d’assumer les conséquences de notre choix pour la suite. J’ai eu l’impression d’être totalement abandonnée en Lettres côté orientation, sortie du triptyque prof/journaliste/droit, on est face à un vide intersidéral, quand on ne nous induit pas en erreur (on a dit à mon cousin qu’il ne pourrait pas être pompier avec un bac L…ce qui est faux. Bac S c’est plus physique, c’est connu…). J’espère pouvoir donner à mes filles toutes les clés plus tard, quelque soit la voie qu’elles choisiront. Je leur laisserai le choix, mais je veillerai à ce qu’elles aient eu connaissance d’un maximum d’options, et qu’elles puissent sortir des professions clichés des « grandes familles » de métier.
      Merci beaucoup de continuer à venir commenter, sache que de mon côté je lis tous tes articles, absolument tous, mais je manque aussi de temps pour laisser à chaque fois trace de mon passage!

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  10. Merci pour cet épisode qui promet pour la suite ! Alors oui je partage totalement ton point de vue qu’on ne peut pas avoir toutes les cartes en main pour choisir « sa » voie professionnelle avant 20 ans, mais je dirais que même à 35 ans ce n’est pas évident, surtout si on nous a mis/on s’est mis soi-même dans un carcan que l’on croit naturel : école, prépa, école d’ingénieurs… La voie « normale » pour quelqu’un de (très) bon à l’école (ou plutôt devrais-je dire très bon scolairement) qui ne sait pas vraiment quoi faire… tout simplement parce qu’on ne lui a jamais donné l’occasion d’explorer ses goûts et ses possibilités. Ce qui fait que j’ai évolué tard en tant que personne – disons après mes 20 ans donc, et que personnellement en tout cas je me retrouve à ne plus du tout être la même personne (une fois libérée des injonctions parentales). La maternité nous fait également changer je pense. Tout cela pour dire que trouver sa voie n’est pas une histoire de chemins croisés à 20 ans seulement mais que nous rencontrons sûrement plusieurs carrefours dans nos vies. Que nous pouvons être amenés à dévier ou en tout cas à un éclair de clairvoyance que nous ne sommes pas faits pour ce système bien sage destiné à former de bons moutons grâce à certains coups de pied au cul (un licenciement pour ma part). Bref les déviations ne sont pas faciles à vivre et peuvent amener leur lot de difficultés (stress, angoisse, voire dépression), mais que le jeu en vaut la chandelle (je crois ?) si le but est de trouver son nouveau « soi ». Bises !

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    1. Je pense qu’à 20 ans on manque d’informations et de maturité, et à 35/40, on manque de temps, d’argent et de liberté. Si j’avais été aussi libre qu’à 20 ans pour me reconvertir, je n’aurai pas fait le choix que j’ai fait. Mais voilà, j’ai des enfants, un crédit sur le dos, alors j’ai fait un choix « rapport qualité-prix » que je ne regrette pas une minute. J’ai aussi fait une croix sur le métier de mes rêves. Quand je réfléchis bien, je n’en ai pas. Et comme tu le dis très bien, j’envisage à présent ma vie professionnelle comme une succession possible d’opportunités, et non plus comme un chemin rectiligne et forcément ASCENDANT. Faire carrière, ce n’est pas forcément monter. Le jeu en vaut la chandelle, parce qu’il nous enrichit et multiplie nos expériences de vie. Merci beaucoup d’avoir laissé trace de ton passage ici!

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  11. Merci pour ce récit, qui me parle beaucoup… car je m’apprête à écrire le même article que toi dans quelques jours ! Il me reste un peu plus de deux semaines avant de définitivement tourner la page, et j’ai hâte du coup de lire la suite de ton article pour découvrir les raisons de ton départ 🙂

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  12. Je me reconnais énormément dans ton parcours : les excellents résultats scolaires, le choix par défaut mais sans en avoir conscience, le refus de la prépa pour se préserver (et parce que de toute façon je pensais avoir un projet professionnel solide qui ne nécessitait pas de se faire autant souffrir avant !)… Et puis réaliser bien après que d’autres voies étaient possibles, que pour des raisons X ou Y je m’étais fermé des portes…
    L’orientation est vraiment compliquée je trouve, tu parles du trio journalisme/professorat/droit en lettres, moi j’ai fait S et c’était médecine/ingénieur/commerce ! Au-delà, point de salut… Ou du moins aucune visibilité.
    Aujourd’hui je suis soulagée de savoir qu’on n’est pas obligé de choisir un métier pour la vie. D’ailleurs à trente ans je m’apprête à commencer ma troisième carrière… En retournant dans l’éducation nationale, très ironiquement !

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    1. Désolée pour ce retour tardif de ma part dû aux vacances 😊
      Un immense merci pour ces commentaires qui donnent un bel écho à mes textes, c’est rassurant de voir que les voies toutes tracées ne sont pas propres à la voie littéraire, mais plutôt a une forme de conformisme confortable pour tous!
      Quelle a été ta deuxième carrière du coup?

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      1. Je suis bibliothécaire jeunesse depuis cinq ans. Un métier qui m’a beaucoup plu, beaucoup apporté, mais qui s’avère malheureusement trop contraignant pour ma vie de famille actuelle…

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