Le flash info du confinage

Il me faut remercier PRGR pour m’avoir remis le pied à l’étrier. Au téléphone, elle m’a dit que les gens en avaient ras la casquette de tous ces articles sur le confinement, mais que j’avais peut-être des choses à dire sur le confinement. Cette phrase résume à elle seule le rapport que j’entretiens avec mon blog depuis quelques jours: si je ne parle pas de confinement, tout le monde va s’en foutre. Si je parle confinement, je vais faire chier tous mes lecteurs. Cruel dilemme. Déchirement insoluble. A moins que je vous parle confinement sans jamais écrire le mot confinement. Chiche? Comme ça on dirait qu’on a tous une vie normale.

Je n’arrive pas à ne pas me maquiller

Voilà, c’est officiel, je suis un être superficiel, une Kim Kardashian se cache sous mon enveloppe corporelle: j’ai tenu deux jours sans me maquiller. Deux malheureux jours. Au début, j’avais juste peur d’utiliser mon anti-cernes pour rien, faut dire qu’au drive, ils n’en vendent pas, et t’imagine si j’utilise tout en restant bêtement à la maison et que LE jour ultime où je dois sortir pour renouer avec la civilisation, j’ai l’air d’une camée à l’héroïne? J’ai donc tenté de l’économiser. Pendant 48 heures, je suis passée devant le miroir en me souriant d’un air convaincu, mais non t’as pas l’air d’avoir 10 ans de plus, mais non, ces cernes violettes génétiquement constitutives ne te donnent pas envie de te pendre, mais si, t’es quand-même belle regarde, mais oui, le naturel y’a que ça de vrai…

48 heures.

Au bout desquelles j’ai commandé quatre anti-cernes d’un coup sur Amazon (et plein d’autres articles vraiment utiles, ne me lynche pas). Bah oui, quatre, ça me faisait moins culpabiliser. Au moins, ce pauvre livreur se sera déplacé pour un semblant de stock. Je les ai reçus, preuve qu’il n’y a pas que les colis méga-indispensables qui continuent d’être livrés (quoique…le maquillage peut-il, en évitant la dépression, être considéré comme un produit de première nécessité? Vous avez deux heures). Je recommence donc à me maquiller, si tant est qu’on puisse dire que j’ai un jour réellement arrêté, comme une petite lutte quotidienne contre l’enlisement de moi-même, comme un acte de résistance, un petit rituel qui me rappelle que tout continue, même si ça n’a aucun sens.

makeup-3939558_1920

Je pense à tout plein de gens qui n’ont pas ma chance

Pendant une semaine, tous les soirs, j’ai répété à mon mari: Mais tu te rends compte, ces femmes battues, ou maltraitées, même juste psychologiquement, qui se retrouvent enfermées avec leurs bourreaux, et ces enfants qu’on frappe, claquemurés avec leur parents violents, tu te rends compte? Quand j’ai appris qu’on serait confinés, j’y ai pensé immédiatement. Mon mari a fini par me dire d’arrêter d’en faire une fixette. Je n’y arrive pas. Il faut dire que parmi mes nombreuses particularités psychologiques, je compte celle d’être obsédée par les violences faites aux femmes et aux enfants.

Mon dernier livre emprunté à la bibliothèque pour quatre mois à l’insu de son plein gré s’intitule d’ailleurs La violence féminine: il n’y a pas que les hommes qui sont violents. Est-ce dû à mon passé professionnel qui m’a malheureusement bien trop souvent sensibilisée à cette question? Toujours est-il que oui, je pense tous les jours à ces gens pour qui le confinement rime avec enfer alors même qu’ils se trouvent dans leur foyer, étymologiquement à l’endroit même où ils devraient pouvoir se réchauffer au feu de l’humanité. Je ne suis d’ailleurs pas la seule, en témoigne cette tribune sénateuriale que je  t’invite à lire (puisque tu n’as que ça à foutre, je te rappelle).

Je pense aussi à tous mes proches indépendants qui ont claqué la porte de leur travail sans aucune indemnité garantie,

Je pense au frère de ma meilleure amie, pompier, qui se trouve au quotidien en première ligne,

A sa soeur, pharmacienne, qui ne peut pas ne pas aller travailler, même si elle a déjà failli péter les plombs,

A l’une de mes très ancienne lectrice, en instance de divorce, qui se retrouve à cohabiter avec un mari qu’elle ne supporte plus, et à tous ceux qui se retrouvent brutalement séparés de la personne qu’ils aiment,

A mon amie qui continue d’aller à l’hôpital tous les jours pour travailler, malgré les risques.

Je n’évoque pas les autres, médecins, infirmiers, livreurs, caissiers, parce que je n’en connais pas personnellement. Mais évidemment, les pensées pour mes proches les englobent. Raison qui fait que comme nous tous, je suis tiraillée entre une myriade de sentiments contradictoires. Personnellement, je vis pour l’instant plutôt bien cette situation, mais je refuse que le fait de la vivre bien devienne une injonction, qu’il soit obligatoire de la mettre à profit, d’en faire sortir quelque chose. Je n’en ferai sûrement strictement rien, de cette période hors de temps, à part des cookies aux pépites de chocolat, des abdos fessiers dans la chambre de ma grande et des dictées niveau CE2.

J’essaie de ne plus lire les infos avant de dormir

Je me félicite chaque jour d’avoir coupé les réseaux sociaux avant cette crise. De toute façon, je sais globalement ce qu’il s’y passe grâce aux journaux, je sais ce qu’il s’y dit, je sais que Facebook a fait un bond vertigineux côté abonnés et que 90% des échanges qui y ont lieu parlent de la même chose, je sais que les fake-news sont légion, que tout le monde fait un journal de confinage et qu’en résumé, comme d’habitude, je ne rate rien.

earth-2254769_1920

En revanche, j’ai la fâcheuse tendance à compenser cette source d’information tarie par une orgie de lecture d’articles de presse. Le coronavirus n’a plus de secret pour moi, je peux te donner le nombre de contagions en temps réel et même le prénom du dernier confiné dont on a publié l’interview, j’ai une carte mentale à la place du cerveau avec des points rouges de différentes tailles représentant les différents foyers. En m’informant, j’ai l’impression de contrôler quelque chose, de maîtriser ce temps qui coule, cette situation qui nous échappe, de transformer cette attente stérile en quelque chose qui ferait sens, car je te l’avoue, ce qui m’angoisse le plus, c’est cette absence de perspective. Je peux contrôler mes pensées, quand elles ont un mur sur lequel buter. J’essaie de ne pas voir plus loin que six semaines, parce que je me dis que c’est déjà énorme, que je n’arrive pas à m’imaginer juin, juin et ses fêtes, juin et ses virées, juin et son soleil, juin et tous ces visages que je voudrais voir, juin et le vent que je voudrais sentir dans mes robes, je n’arrive pas à imaginer juin comme ça, comme maintenant.

Alors je me raisonne, je me dis qu’il y a pire, cette phrase que je déteste, elle est devenue mienne, il y a pire, je me dis qu’à l’échelle de notre vie, ce n’est rien, j’imagine un retour à la vie brutal, orgiaque et puis je redescends sur Terre et comprends qu’il n’en sera rien, que nous reviendrons à la normale progressivement, prudemment et lentement, avec des bleus à l’âme ou au corps. Moi qui ne voulais surtout pas être lyrique, je prends conscience que pour la première fois depuis longtemps l’humanité vit au rythme d’une pulsation, poursuit le même but, converge vers les mêmes préoccupations, face à un évènement qui pulvérise les frontières sociales. Je ne pense pas que ça changera le monde. Mais ça laissera des traces. Juste des traces.

Je m’en vais publier cet article à chaud, comme ça, à 11h26. De toute façon, ça n’a plus de sens de le programmer pour le lundi à 8 heures, puisque vous serez tous en train de débarrasser la table du petit-déjeuner avant d’attaquer vos mails et les multiplications à deux chiffres. Au moins, je m’autorise cette liberté, celle de faire voler mes mots vers vous quand je veux et comme je veux.

C’est beau le pouvoir.


29 réflexions sur “Le flash info du confinage

  1. Merci pour tes mots si beaux 🙂 J’ai effectivement tenu bon l’écriture pendant 7 jours, et depuis une semaine, plus rien. Comme si la routine avait repris ses droits. Je ne te cache pas que les jours sont passés très vite finalement. L’adaptabilité sans doute. Je m’interroge moi aussi sur le retour à la normale : allons nous nous ruer sur les terrasses, les parcs et les magasins où allons nous y aller pas à pas, en flippant un peu quand même, le temps de ré-apprivoiser notre environnement ?

    Aimé par 1 personne

    1. C’est vrai qu’un journal de ce type est compliqué à tenir sur la durée, après il est possible de le convertir en semaines, ou de l’ouvrir selon l’envie, l’inspiration et les événements internes 😉
      Moi aussi je trouve que ça passe relativement vite, en partie grâce aux journées bien rythmées par l’école.
      Je pense qu’il nous sera interdit de nous ruer à droite à gauche à la sortie du confinement. Je ne sais pas comment ils vont organiser ça, mais il faudra marcher sur des œufs!

      Aimé par 1 personne

    1. Merci encore pour m’avoir donné confiance: je crois que c’est de ça dont je manque le plus! Et merci aussi pour le partage! Je suis allée lire l’article sur le blog « le bureau blanc » et décidément, je ne pourrais jamais clôturer les commentaires de mon blog!

      Aimé par 1 personne

  2. moi je dis halte à la culpabilité. l’important c’est que tu te couches le soir en te sentant le mieux possible. alors si te maquiller ça en fait parite, tant mieux. du moment que tu commandes pas du PQ sur Amazon (rhoooo ça va je déconne 🙂 ) . Je sais que c’est dur de ne pas penser à tous ces autres qui travaillent dur et qui vivent des situations difficiles. Mais tout cela arrive tous les jours, confinement ou pas…. on se concentre sur soi, sur ce qu’on peut faire à son niveau. en ce moment c’est paradoxal : le mieux à faire c’est de rester chez nous justement. l’action c’est l’inaction, on a donc du mal avec ça. mais ça empêche la propagation du virus, ça évite un engorgement encore plus lourd dans les hôpitaux. pour ce qui est des personnes face à la violence : elles ont encore la possibilité de partir si besoin. et peut être aussi que ça sera l’électrochoc qui les fera partir…

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, j’aime me maquiller et j’ai besoin de me sentir non pas forcément jolie, mais soignée, dans le sens soin apporté à moi-même. Et puis j’ai pris l’habitude de me faire belle même en restant à la maison pendant mon congé parental.
      Je suis tout à fait d’accord avec toi pour dire que ce qui nous pèse c’est que la solution est de ne rien faire, dans une société où on nous enjoint à être sans arrêt occupé et où le désœuvrement est vu comme un signe de faiblesse ou d’échec.
      Pour les femmes battues, et les enfants battus, oui ça arrive tous les jours, mais malheureusement les chiffres sont tombés aujourd’hui: les faits de violence sont en augmentation de 30% depuis le début du confinement. Et comme expliqué dans cet article: https://www.google.fr/amp/s/www.lci.fr/amp/population/confinement-et-coronavirus-les-violences-conjugales-en-hausse-de-plus-de-30-l-interieur-propose-de-donner-l-alerte-dans-des-pharmacies-2149240.html
      Le confinement lui-même rend les solutions (alerte ou départ) plus compliquées à trouver ou à mettre en œuvre pour les victimes. Le sujet commence à occuper la une de l’actualité, et je trouve ça bien qu’on mette en lumière ces effets collatéraux du confinement.

      Aimé par 1 personne

  3. Je me maquille aussi, je fais ce que je veux de toute façon merde. Et puis ça reviendrait à dire qu’on se maquille au départ pour les autres, ce qui est absurde. J’ai aussi tt de suite pensé aux personnes victimes de violences et ça m’inquiète beaucoup. A quand une rébellion ? Miss your words … j’espère que tu prends soin de toi!

    Aimé par 1 personne

    1. T’as raison on fait ce qu’on veut. Vive le maquillage pour soi-même. C’est la meilleure raison de continuer à le faire. Ça me met de meilleure humeur pour ma part alors je continue!
      Pour les violences, comme je le disais au dessus, c’est malheureusement en train de faire la une des actualités: les faits sont en hausse de 30% depuis le début du confinement…des solutions commencent à être envisagées, des spots de pub vont circuler…un enfant de 6 ans est en état de mort cérébrale depuis vendredi, son père s’est déchaîné sur lui pendant les devoirs…

      Aimé par 1 personne

      1. Oui, c’est horrible, ça peut paraître racoleur d’en parler mais je pense plutôt que ça sensibilise les gens, ça leur montre que oui ça arrive, que oui les risques sont accrus, et qu’il faut tendre l’oreille en ces temps troublés…

        Aimé par 1 personne

  4. Je pense aussi beaucoup à tous ceux qui sont enfermés dans un foyer violent. Ma belle-sœur est éducatrice spécialisée auprès d’adolescents vivant en foyers ou dans des familles avec de gros problèmes psychologiques et c’est extrêmement compliqué de prendre soin d’eux sans les voir alors que le confinement aggrave certaines tensions et certains comportements. Les foyers ont rarement assez de chambres pour n’avoir qu’un enfant par chambre et peu ont de vrais espaces extérieurs. La gestion des comportements violents envers soi-même et envers les autres devient de plus en plus difficile, surtout que beaucoup d’éducateurs sont eux-mêmes malades.
    Bon courage à tous !

    Aimé par 1 personne

  5. Excellent ! Évidemment on a pensé à la même chose et à ces familles dans lesquelles la violence règne… C’est atroce. (Pour l’anticerne, j’essaie en revanche de l’economiser : pas eu le temps d’en acheter avant).
    Je partage ton texte.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour le partage et je crois qu’on y pense spontanément car pour avoir exercé dans le même type de milieu, on sait que c’est déjà trop fréquent en temps normal…alors dans ces conditions 😢
      Bon courage pour tes économies de maquillage, dans tous les cas il me reste ton super enlumineur qui me fait scintiller comme un astre dans la nuit 😄

      J'aime

  6. « Il y a pire » que je déteste cette phrase! J’ai d’ailleurs un article prévu sur le sujet…
    Sinon oui il y a des situations dramatiques que le confinement amplifie. Et j’espère que cela permettra au gouvernement de réagir et d’enfin prendre en compte la mesure du problème. Pour les femmes, les hommes et les enfants victimes.
    Je ne me maquille pas, mais je m’habille tous les jours. Et je prends un peu soin de moi aussi. Parce que c’est important!
    Ici faire l’école est un vrai chemin de croix mais on s’accroche!!
    Belle semaine et contente de te lire.

    PS: complètement d’accord pour les commentaires…

    Aimé par 1 personne

    1. Ah, ah, moi aussi! Elle hiérarchise les souffrances, et j’aime moyennement quand on hiérarchise les souffrances. Le gouvernement est en passe de réagir, j’ai vu des spots de pub qui commencent à circuler, des points de rencontre vont être mis en place dans les pharmacies et les centres commerciaux. Et tu as raison, il faut aussi penser aux hommes victimes.
      Pour l’école je compatis. Ici aussi c’est lourd, avec la petite de 3 ans je suis obligée d’alterner, ça me prend trois plombes!
      Belle semaine à toi aussi 😊

      Aimé par 1 personne

  7. Alors, je te confirme, Amazon livre toujours et a un sérieux soucis avec la 1ère nécessité. On a commandé en urgences un casque pour la lunii de Tess dont le son ne sort plus que par ce biais et qui est devenu l’objet de tous les désirs pendant ce confinement. Reçu en moins de 48h, dimanche inclus… Certes, c’était de la première nécessité pour nous et la paix dans notre foyer mais pas sûr que le livreur soit de notre avis…

    Sinon, « il y a pire… » certes. Mais le sort s’acharne un peu ici… Mon frère, pompier également, est COVID+ (bon pour le moment ça va, croisons les doigts pour que ça dure) mais surtout, il n’y a pas que le COVID dans la vie… On vit de loin (et c’est terrible) l’AVC de ma mamie, sa fin de vie présumée et finalement, le miracle aujourd’hui, elle s’en sortirait… Alors on garde espoir de la revoir après ce confinement interminable même si nécessaire.

    Enfin voilà, c’était la minute bonne humeur, désolée… Sinon ça va! Mais c’était aussi pour te donner des nouvelles vu que tu désertes les réseaux 😉

    Aimé par 1 personne

    1. En fait de ce que j’ai compris c’est que les délais de livraison sont rallongés pour les produits qui ne sont pas de 1ère nécessité et je confirme que j’ai dû être patiente de mon côté, mais je ne me plains pas. Après ce que je ne comprendrai jamais dans leur fonctionnement, et encore moins en ces temps d’épidémie, c’est de ne pas proposer systématiquement l’envoi groupé, il y a encore des articles je reçois au compte-goutte alors que je les commande en bloc: ça, ça m’énerve pour les livreurs (même si le mieux ce serait que je ne commande rien, on est d’accord).
      Et oui, je suis bien d’accord sur le fait que les AVC, les cancers et autres ne s’arrêtent malheureusement pas avec le covid. Une fille de ma promo est décédée d’une embolie, la trentaine, 2 enfants…alors je croise les doigts pour toi et pour tous ces gens qui espèrent revoir des proches passé ce confinement terrible.
      J’espère que ta petite famille va bien. Prenez soin de vous!

      J'aime

  8. Comme toi, je ne regarde pas les infos (de toute façon, je ne les regardais déjà pas avant), la palme de l’anxiogénité revenant à BFM TV.
    Pour le maquillage, j’ai tenu deux jours, je n’en vois plus l’intérêt et j’évite les miroirs^.
    Bonne semaine à toi !

    Aimé par 1 personne

  9. Alors j’allais te dire : toi, ne plus te maquiller ? Pas possible ! Tu es comme moi, hors de question de baisser la garde, always dans le contrôle ! Ne plus se maquiller et traîner en pyjama comme une gueuse, ce n’est pas pour nous ! Je te reconnais davantage dans l’article sur comment bouger son body ! (que je m’en vais de ce pas commenter)

    Aimé par 1 personne

    1. Non, j’avoue, ce n’est pas possible…D’ailleurs je compte en faire un article, à l’heure où l’on glorifie le naturel, ça me plairait de rappeler pourquoi certaines femmes aiment se maquiller et n’y voient pas du tout un esclavage! Merci d’avoir commenté 🙂

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s