Bonjour 2020

Besoin d’une pause, prise de distance avec les réseaux (j’aurai l’occasion de t’en reparler) et tragédie ayant touché l’une de mes consoeurs m’ont donné envie de prendre de la distance depuis quelques semaines. Puis j’ai relu cet article. Et j’ai trouvé qu’il allait dans le bon sens. Alors je le publie, même si j’ai l’impression de me répéter sur certains aspects déjà évoqués ici.

Ça va te donner le sentiment que j’envisage tout sous le prisme d’une perspective unique, celui de ma reconversion, mais oui, elle pèse lourd, cette reconversion, alors j’ai envie de débuter un bilan par un saut en arrière de deux ans.

Il y a seulement deux ans, j’étais encore en train d’exercer mon ancien métier. Il y a seulement deux ans, je me rendais chaque matin au travail la mort dans l’âme, dans un environnement hostile. Il y a seulement deux ans, un ouragan de bêtise, de méchanceté, de médiocrité, de jalousie et de mesquinerie humaines allait s’abattre sur moi. Il y a seulement deux ans, j’étais dans les limbes.

J’avais bien entrevu quelques solutions, planifié une porte de sortie possible -la mise à disposition, à l’entrée à l’école de la dernière- mais concrètement, je ne savais absolument pas quoi faire de moi et de ma vie professionnelle.

C’était il y a seulement vingt-quatre mois. Vingt-quatre petits mois. J’ai l’impression d’avoir vécu dix vies depuis.

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Car comment résumer 2019 autrement qu’en évoquant ce virage qui a véritablement changé mon quotidien? Comment ne pas parler de cette fierté que je ressens d’avoir osé plaquer un emploi que personne n’est censé plaquer, d’avoir fait un choix que je m’étais promis de faire, un jour lointain, peut-être? Comment ne pas avoir envie de remercier mes bourreaux avec un pied de nez éclatant et sarcastique, pour avoir, en ayant voulu me nuire, provoqué un changement nécessaire et majeur de mon existence? Comment ne pas éprouver de soulagement d’avoir enfin dévoilé à la face du monde que ce métier n’était plus fait pour moi et d’être aujourd’hui en adéquation avec mes envies et mes besoins?

Alors oui je l’affirme, je suis fière de m’être portée, moi seule, ma volonté, mon cerveau et ma persévérance, d’un bout à l’autre de l’année 2019, surfant sur un 19 à l’oral, une 5ème place, la sensation que oui, je peux faire plus et mieux, pas maintenant, pas tout de suite mais c’est évident, je te l’ai déjà dit, je n’ai plus peur de rien et je sais déjà que je passerai le concours supérieur un jour, quand les conditions seront réunies (enfants plus grands, certitude de pouvoir rester dans mon nouveau domaine de compétences et surtout envie de manager – ce dernier aspect ne faisant absolument pas partie de mes envies actuelles).

Je suis fière qu’aujourd’hui, mon aînée me demande de venir parler de mon nouveau métier en classe, parce que derrière sa requête qui répond à une demande professorale, je sais qu’elle attend que je détaille aussi la trajectoire, la possibilité de bifurquer, de se tromper, de recommencer et de réussir.

J’aborde cette nouvelle décennie avec la certitude que je porte en moi une évolutivité: mes envies, mes besoins, mes priorités et mes centres d’intérêt sont sans cesse en mouvement et loin d’y voir de l’inconséquence ou un manque de maturité, j’y décèle l’empreinte de la vie, la sensation qu’aucune voie ne m’est destinée, il fut un temps où je trouvais magnifique qu’on puisse détenir une sorte de chemin, de vocation tout désignés, à l’odeur d’évidence, aujourd’hui ça m’angoisse et je me sens plus saine en raisonnant à court ou au mieux, à moyen terme.

Tu auras sûrement remarqué que je parle désormais assez peu de mes enfants sur le blog. J’en ressens moins le besoin, d’une part, et je suis naturellement freinée par le fait que mes filles grandissent, d’autre part.

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Il y a dix ans, j’allais être enceinte pour la première fois. Je le pressentais, j’en ai à présent la certitude et je n’ai pas honte de le dire: je serai une maman plus épanouie sans enfants en bas-âge. Même si je ressens encore aujourd’hui un déchirement à l’idée de ne plus jamais tenir avec une avidité animale mon nouveau-né dans les bras, même si j’éprouve une pointe de nostalgie quand je pense que je tourne la page des premières fois, que chaque mois qui passe m’éloigne de la jeune mère que j’étais et qu’il n’y aura plus de bébé à la maison, je me sens davantage à ma place en tant que femme.

Je ressens beaucoup de plaisir et d’accomplissement à emmener mes filles au restaurant, au cinéma, au ballet ou au musée, à leur transmettre quelque chose de mes goûts, de mes centres d’intérêts, de mon héritage, à ouvrir leur horizon et à éveiller leur esprit critique, à discuter avec elles, à voir s’affirmer leur intelligence et leur personnalité, délivrée de tous les poids de la petite enfance qui alourdissent et complexifient le quotidien. Je savoure le fait que les gestes, les déplacements et l’organisation du quotidien soient plus rapides, plus simples, je savoure d’avoir à moins négocier et je l’avoue, je savoure aussi de sortir de cette période injonctive insupportable, terminée la culpabilité, j’ai trouvé mon propre modèle et il me convient très bien, même s’il ne rime pas avec les préceptes à la mode. Avoir des enfants plus grands, c’est sortir de ces comparaisons inévitables et malsaines, alors oui je continue de me renseigner, de me cultiver mais l’éducation n’est plus une prise de tête, elle suit le chemin qu’elle a commencé à tracer, un chemin qui s’élargit au fur et à mesure que la confiance gonfle, que les enseignements s’ancrent et s’enracinent.

Je n’ai jamais pris de bonnes résolutions et je n’en prendrai pas non plus cette année. J’estime que j’en fais déjà assez pour les autres et pour moi-même et ce que je souhaite surtout tenter, c’est de faire fructifier et nourrir tout ce que j’ai la chance de posséder. Continuer de prendre soin de ma santé et de celle de mes enfants. Continuer d’être une mère et une épouse attentives, mais certainement pas sacrificielles. Continuer d’être présente aux autres, alimenter les très précieuses amitiés qui enrichissent ma vie. Garder les yeux et les oreilles bien ouverts, continuer d’apprendre et de découvrir, d’évoluer et de changer, prendre la mesure de ces changements, les soupeser, voir le chemin parcouru et celui qui reste à parcourir, m’aimer et être fière de la personne que je suis, et vivre bordel, un jour je serai vieille, un jour je serai réduite en poussière, alors continuer de faire des trucs qui ne vont pas forcément dans le bon sens, s’en foutre, continuer de rire et de faire rire, parce que des rencontres m’ont rappelé à quel point être entouré de personnes solaires rend la vie plus belle.

À toi qui vas bientôt entamer à mes côtés la 3ème année d’existence de ce blog (la 4ème, en réalité, si l’on n’avait pas assassiné le premier en plein vol), je souhaite une très belle année 2020, à la hauteur de tes espérances et de tout ce qui compte peu ou prou dans ton existence.

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26 réflexions sur “Bonjour 2020

  1. Bonne année à toutes et tous également.
    Heureuse de te lire (même si je commente peu).
    Ton parcours est admirable et tu le sais (ce qui rend les choses encore plus admirable). Pas de fausse modestie mais de la fierté et au final un épanouissement tant attendu. BRAVO!

    D’une certaine façon, tu as raison pour tes bourreau, même si on aurait sûrement préféré que les choses se fassent autrement, de façon plus intelligente. Le résultat aurait certainement été sensiblement le même.

    J’envie te stabilité de maman moi qui suis passée par une phase de « j’ai envie de fuir mais je ne peux pas ». Ça va mieux maintenant. Le temps de m’assouplir un peu. J’y travaille. On aura peut être l’occasion d’en reparler.

    Je te dis à bientôt!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup pour ton comm, moi aussi je suis heureuse de te lire! Yes, pas envie de faire la fausse modeste, je suis fière et ce qui me rend le plus fière c’est d’avoir pris les choses en main et d’avoir eu le courage de mes envies.

      Pour mes bourreaux, bien-sûr que j’aurais préféré que ça se passe entre personnes adultes et intelligentes. Mais le résultat n’aurait pas été le même. Je n’aurais pas pu passer le concours en interne si j’avais attendu. Je n’aurais pas été si bien classée. Et d’ailleurs, le concours que j’ai passé a disparu cette année, il a été refondu et les conditions de passage et d’obtention sont plus complexes. Alors ils m’ont permis d’agir l’année qu’il fallait. C’était l’année ou jamais, et pour ça je rends grâces à leur connerie profonde.

      Je suis une maman stable mais ça ne veut pas dire que parfois je n’ai pas envie de fuir moi aussi. La différence c’est que je peux le faire effectivement grâce à la formation qui est quand-même une sacrée soupape de sécurité et de décompression. De très nombreuses mères ressentent la même chose que moi à l’école. C’est normal et sain d’avoir envie de couper de son quotidien familial. J’espère que tu trouveras l’occasion de le faire et de trouver un équilibre.

      On se voit bientôt 🙂

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      1. Pour moi aussi c’est très compliqué en ce moment. Cet article est prêt depuis longtemps, je ne trouvais pas l’impulsion pour le publier et encore moins depuis la semaine dernière…mais je sens que ça revient, tout doucement…Ne te force pas, mais bon un peu quand-même parce que WP sans tes articles c’est pas pareil 😉

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  2. Tu es en effet entrée dans cette nouvelle décennie en laissant à la fois derrière ton ancien job mais aussi la petite enfance, ce qui a du sens en quelque sorte. Je suis convaincue que ton épanouissement est total et que le renouveau est le mot qui te caractérise le mieux.
    Je te souhaite une très belle année,
    A bientôt !

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, j’ai la sensation de tourner plusieurs pages de ma vie, sur tous les plans. Je ne les renie pas, elles font partie de mon parcours et m’ont rendue beaucoup, beaucoup plus forte. Très belle année à toi aussi, synonyme de renouveau également: je te souhaite le meilleur dans ta nouvelle vie pro!

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  3. Je te souhaite à toi aussi une très belle année 2020 pleine d’épanouissement et de projets (presque) aussi riches que ce que 2019 a pu t’offrir. Savoure ces doux moments avec tes filles mais aussi en tant que femme. J’espère te lire encore longtemps même si c’est vrai que moi aussi j’ai tendance à prendre tout doucement de la distance avec les réseaux.

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    1. Merci beaucoup, je te souhaite que votre voeu le plus cher se réalise cette année…quant aux réseaux, je ne sais pas si c’est une tendance actuelle chez les blogueuses…c’est une mise à distance un peu brutale pour ma part mais nécessaire: je compte en faire un petit article!

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