Le flash info de l’automne

Me revoilà (déjà). Je sais, tu vas te dire: Tout ce foin pour ça, c’était bien la peine de nous pondre un article, comment créer un sujet avec du vide, c’était ça, sa crise existentielle? Vraiment prêtes à tout pour de l’audience, ces abjectes blogueuses.

J’ai été frappée par la foudre. C’est que dans tes commentaires, tu as été assez clair(e). Tu veux que j’écrive. Même sur rien. Même sur de l’insignifiant. Je t’ai donc pris(e) au pied de la lettre. J’ai mis la pression au placard. Nul besoin d’avoir des synopsis époustouflants en stock: j’ai officiellement le droit d’écrire (sur) de la merde. Tu verras: ça donne un article assez superficiel, un article qui parle de tout, de rien, du quotidien, mais, je l’espère, un article qui te fera sourire. T’es prêt(e) pour mon come-back?

Retour sur mon début d’automne digne d’une gamine de 16 ans.

Je suis (toujours aussi) dissipée en classe

Au collège, je portais les germes d’un don bien particulier. Ce don fut contrarié par les circonstances, puis explosa au lycée. Je suis en effet dotée de capacités cosmiques assez étonnantes: je suis capable, en cours, de discuter copieusement avec mon/ma voisin(e), de lui dessiner des schémas, de lui griffonner des mots, de lui parler en langue des signes, tout en prenant des notes et en participant généreusement comme la plus grosse des fayottes. Autrement dit: je suis capable, en foutant le bordel, de me faire passer pour la plus sérieuse des élèves, résultats compris.

Un mois de retour en formation me l’ont confirmé, au cas où j’aurais pu avoir des doutes: l’élève que j’étais n’a pas changé, sauf qu’aujourd’hui, tu ajoutes au tableau les nouvelles technologies et leurs multiples potentialités. Pour peu que je trouve camarade à ma hauteur, je suis un véritable monstre de dissipation en cours, mais un monstre discret. Je détesterais m’avoir comme élève. Je suis irrécupérable et je mériterais très objectivement qu’on me confisque mon portable, mon stylo, mon cahier, ma bouteille, qu’on me laisse seule avec mes dix doigts, voire qu’on me punisse et m’empêche ainsi de rigoler avec mes congénères à la pause.

Les squats: l’arnaque ratio/résultat

Retourner à l’école, c’est aussi se réinscrire à des cours de sport sur place. J’ai donc pu bénéficier de cours de fitness dispensés par une prof qui hélas, vénère les squats. Squats à gauche. Squats à droite. Squats devant. Squats derrière. Squats en bas. Squats en haut. Les squats, à exécuter, c’est odieux, fastidieux, laborieux et tout plein de mots en -ieux. Mes pensées internes, dans ces moments, sont en totale contradiction avec les glapissements motivés de la prof. Alors que je pense sincèrement Je vais crever, elle braille Et on contraaaaaaaacte les fesses! Et on reeeeeentre les abdos! Et on seeeeeeeerre le périnée!, comme si j’avais encore la moindre parcelle d’énergie pour faire autre chose que plier mes membres inférieurs en angle droit.

Mais en plus, les squats, c’est violent. Impitoyable. Ça t’assassine en te tronçonnant les jambes centimètre par centimètre. Ça rit d’un éclat cruel quand tu t’assoies pendant dix jours comme une patiente en gériatrie ou lorsque tu grimpes les escaliers avec l’élégance d’une jeune accouchée qui porterait une culotte filet doublée d’une serviette hygiénique Night Flux ++++. Et le pire, c’est que je n’ai vu aucune différence sur les dites cuisses. Que dalle. Pas même une légère déperdition de cellulite ou un muscle subtilement plus fuselé. Rien. Je croyais qu’il existait un ratio souffrance/résultat. Les squats m’ont prouvé que non.

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Position naturelle s’il en est.

Nager sur le dos en regardant un plafond penché

Animée d’un soudain souffle athlétique inspiré par ma liberté temporelle retrouvée, j’ai voulu mettre à profit mes soirées en allant nager à la piscine flambant neuve située à proximité de l’école. Bassin en inox, musique sub-aquatique, design futuriste, maître nageurs sculpturaux, tout était réuni pour que mes muscles s’exerçassent dans les meilleures conditions. C’était sans compter sur la fantaisie de l’architecte du lieu sus-cité, qui a décidé qu’un plafond avec des lignes obliques, c’était quand-même vachement plus underground en 2020.

Et là, le drame. Nageant essentiellement sur le dos, je me suis retrouvée privée de mon repère habituel le plus élémentaire: le néon vertical du plafond. J’ai vécu un véritable calvaire, m’empêtrant dans la ligne d’eau, dessinant d’artistiques arabesques s’étirant sur 25 mètres, le tout en insultant grassement cette enflure de concepteur qui a sacrifié la logique à la modernité. Morale de l’histoire: rien ne vaut le toit rectiligne bien marronnasse d’une piscine des années 70.

La découverte pisse-debout

Quand nous nous ennuyions en cours, nous dérivions régulièrement vers des conversations hautement intellectuelles et poussées, des sujets totalement novateurs mais nullement tabous. J’ai ainsi découvert, tout à fait fortuitement, l’existence du pisse-debout. Du ke-wa? Du pisse-debout. Nom pragmatique, à défaut d’être sexy.

Toi aussi, tu as déjà tapissé des WC d’un esthétique chevauchement de feuilles de PQ? Toi aussi, tu as déjà tétanisé des abducteurs en refusant de poser la moindre parcelle de ta peau sur une douteuse lunette? Toi aussi, tu t’es déjà fait pisser dessus par ta douce progéniture?

En blogueuse altruiste, désireuse de t’épargner infections urinaires, éclaboussures et positions inconfortables en mode squats au dessus de toilettes dégueulasses, j’ai souhaité te relayer cette découverte capitale et hautement féministe, qui changera ta vie de femme pendant les vacances, en randonnée, en voyage ou en concert. Désormais, tu pourras, chère soeur, uriner debout, n’importe où et n’importe quand, autrement dit comme un homme qui a la flemme de chercher des toilettes.

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Faut juste assumer. Tranquillou Bilou.

Plus tu as de temps le matin et plus tu en prends

J’ai découvert un calcul astrophysique absolument incroyable, durant ce mois sans mes enfants: plus tu as de temps pour te préparer le matin, et plus tu en prends. Je suis ainsi passée, sans même m’en rendre compte, de 41 minutes bien tassées à, tiens-toi bien, pas moins de 1h10 papillonnantes pour me pomponner le matin. Une véritable honte, j’en conviens, quand je pense à toutes ces femmes qui enfilent une culotte en finissant leur tartine ou pire, se maquillent dans leur voiture.

C’est certainement la faute à ce vernis qui a eu l’outrecuidance de sauter sur mes ongles à 7h24. Ou encore à ce lisseur qui a absolument voulu me dessiner des ondulations à 6h58. Ou à l’urgence tout à fait vitale de ces chaussures qui ont décidé de s’intervertir, à 7h49, pour mieux mettre en valeur ma robe. J’étais réellement encerclée de prérogatives cruciales. Que veux-tu. Sans enfants, on retrouve soudain des valeurs oubliées, l’essence même des choses et le goût des priorités.

C’est quoi, un coup de coeur?

Cet automne, j’ai eu la chance immense d’éprouver ce qu’on éprouve trop rarement: un coup de coeur. Pour un être humain. Je me suis interrogée sur ce qui faisait qu’avec certaines personnes, il y avait cette sensation d’évidence, cette facilité à se rapprocher et à créer des liens. Au-delà de ce qui nous relie par nos trajectoires de vie (en l’occurrence, ici, notre ancien métier, nos trois enfants, notre âge, notre région d’origine…), j’ai conclu que ce qui m’attirait chez quelqu’un, comme un aimant, c’est la chaleur. Le sourire, le rire, la facilité à parler, à placer des traits d’humour et à les assumer, mais surtout le fait de se livrer. De parler d’émotions. Même si c’est un peu. Ça crée une une tension, une fragilité, on prend la tangente, on ne sait pas où on met les pieds, on s’en fout, on prend le risque et quand on comprend que ça va le faire, cette prise de risque explose en un millier de petites joies à savourer. Les bras ouverts et sans barrières.

J’espère avoir égayé ton lundi matin avec mon flash info totalement incontournable. Je parie que pas moins de 60% de mes lecteurs néophytes auront relayé la croustillante info pisse-debout à au moins un(e) collègue avant la fin de la journée. De quoi donner du punch à ton café entre deux dossiers, ou lancer un brûlant débat en surveillant la cour de récréation. Bonne rentrée!

J'ai testé pour toi (5)

 


33 réflexions sur “Le flash info de l’automne

  1. Alors, au delà du glamour incommensurable de l’objet effectivement, il se trouve que n’étant pas programmées pour pisser debout, l’utilisation de ladite chose est extrêmement malaisée en réalité. La faute à notre cerveau a priori (et ne me demande pas comment je le sais, tu n’as pas vraiment envie de le savoir. Non, je t’assure, tu n’as pas envie).
    Ceci étant dit, l’info en elle même permet effectivement d’alimenter de profonds débats (de fin de soirée surtout 😂).

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    1. Pour avoir eu une discussion passionnante à ce sujet, on m’a dit qu’il fallait d’abord le tester tranquillement chez soi. Mais je te crois, oh oui je te crois quand tu dis que le cerveau bloque. Je ne sais pas comment font les meufs qui utilisent ce bazar en public 😀

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  2. Je m’abstiendrai de débattre du pisse-debout. Je suis au dessus des conversations de latrine. (et toc)
    Cela dit, je suis en joie de retrouver ta verve bloguesque et te le confirme : quel que soit le sujet, je kiffe tes articles. Moi j’ai du mal à aller aussi à fond, et talentueusement, dans le superficiel. Chapeau.

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  3. Mon dieu, mon dieu mon commentaire hyper pertinent n’est pas passé….je recommence.
    En gros, je disais que je préfère de loin ces billets plein de bon sens qui disent la vérité et rien que la vérité sur l’accessoire indispensable de la femme et la cruauté gratuite des squats…
    Je me sens bien mieux qu’après une lecture d’un billet conseil ou tendance d’une influenceuse pointue (d’ailleurs, je ne les lis plus, ça m’assomme).
    Mais c’est juste mon avis.

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  4. Bon sang, j’avais jamais pensé à cet aspect de la piscine. Faut dire que je déteste l’eau “mais viens allez elle est bonne”, et que je nage très mal. J’ai tendance à éviter la piscine comme la peste. Sinon, ton passage sur les toilettes me fait penser qu’ici, “j’entends” tout le monde s’asseoir sur les toilettes publiques. C’est moi qui suis chochotte ou c’est degueulasse ? (D’où l’importance de savoir tenir la position squat, au fait ;))

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    1. Moi non, plus, je n’y avais jamais pensé. Jusqu’à ce que je nage les 5 premiers mètres. Le choc. De voir à quel point un cerveau, c’est basique en fait!
      Et non, non, non, tu n’es pas chochotte, c’est dégueu!! Après les québécoises sont peut-être plus propres que les françaises (ce qui ne doit pas être très difficile)!

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  5. Heureuse que tu ai vite retrouvé l’inspiration!
    Un billet très agréable à lire. Pour le pisse debout, je passe mon chemin. J’ai des amies qui ont pris cette habitude il y a longtemps, sans ustensile supplémentaire. Elles se débrouillent bien et m’assurent que ça a changé leur vie. Pourquoi pas!
    Profite bien de ton mois de formation.

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  6. Mais dis donc, quelle energie à revendre ! Faut dire qu’avec 3 enfants on est limite hyper active… mais pourquoi tout ce sport ! Repose toi ! LOL. Sinon j’ai bien rigolé avec le pisse debout. Merci pour ces articles qui nous font rire.

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    1. N’est-ce pas? Je ne comprends pas non plus toute cette agitation, à croire qu’on devient tarées à force de courir partout au quotidien, comme dans les Temps Modernes, on continue à brasser du vent en gestes automatiques même quand les gosses ne sont plus là 😀

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  7. Rien que de te lire me fatigue! Non mais je vais pas me plaindre car comme prévu, c’est encore un plaisir même sur un sujet léger! N’hésites pas à nous repérer d’autres outils indispensables!

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  8. J’attends avec impatience ton article détaillé et précis sur ton utilisation du pisse-debout. Avantages, inconvénients, gestes pratiques à connaître pour la petite goutte, etc. Profite bien de ce temps pour toi… moi, je partage mon quotidien avec les microbes que mes enfants se refilent.

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  9. aaahhhhh tu vois je le savais que tu pouvais écrire sur n’importe quoi ( lol) !!! bah moi quand j’ai envie de faire pipi et que je suis dans un milieu ou il n’y a pas de toilettes à proximité , je vais m’accroupir derrière un arbre !! ( et tu es bien contente de le savoir je suis sure) bref en général, c’est en foret hein !! d’ailleurs j’aurais bien des choses épiques à raconter à ce sujet, mais la bienséance m’empêche d’écrire ça sur un blog :-)))) et sinon tu as tout a fait raison, plus on a de temps, plus on en prend, je l’ai constaté aussi !! c’es pour ça que les retraités sont toujours débordés !!

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  10. Génial ! J’adore cet article qui me rappelle tout à fait nos grandes conversations de cours aux thématiques riches et variées, philosophico-metaphysico-mystico-pratico-pratique à tendance « porte nawak ». Bref, vivement janvier !

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  11. Super, j’avais même pas encore pris le temps de répondre à ton dernier article. Alors que j’étais très en phase avec ton propos. Difficile de trouver le temps et d’y apporter les mêmes priorités. Même si je commente moins, je lis souvent. Et même avec cette légèreté de l’automne, c’est bien agréable de te lire ! (Moi aussi au lycée et à la fac je pouvais parler avec tous mes voisins en prenant des notes impeccables de tout ce que disait le prof !)

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    1. Ce n’est plus seulement une question de temps, j’ai vraiment perdu une partie de mon élan. Je ne sais pas à quoi c’est dû. Moi aussi je continue de te lire!
      Et je souris en lisant tes doubles compétences de lycéenne, elle ressemblent beaucoup aux miennes!

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