Déplacement professionnel loin de la famille: les avantages

Quand j’ai annoncé autour de moi que je partais deux fois un mois en formation loin de ma famille, j’ai déclenché des réactions diversement choquées:

– Mais c’est atrocement long! Bon courage!

– Comment il va faire, ton mari? (admire)

– Tain t’as trop de la chance, profite petite veinarde (souvent proféré par les parents de trois enfants au minimum)

– Tu vas rentrer tous les soirs/semaines/mois?

Ces répliques très chamarrées sont en fait à l’image de la réalité: ouais, on ne va pas se mentir, être loin de son petit mari et de ses chers bambins, c’est triste. Mais ça peut aussi être l’éclate. Et je vais te le prouver.

Certes…

Ton (ta) conjoint(e) te manque. Tu ne peux plus regarder Netflix en sa compagnie, par exemple. Tu ne peux pas non plus lui raconter les dernières news croustillantes du boulot. Ta vie sexuelle est aussi palpitante que celle d’un pré-pubère célibataire. Tu ne te bats plus pour savoir qui aura la primeur de sortir la poubelle. Bref: tu te sens seul(e). Un peu.

Certes…

Tes enfants te manquent. Finis les câlins, les bisous et les petites anecdotes de leur quotidien. Finies les délicieuses dictées, les truculentes révisions de multiplications et les joies des conduites au sport. Pire: terminée la gestion des mélodieuses disputes entre frères et soeurs. Bref: tu te sens seul(e). Beaucoup.

En plus…

Tu es bien obligée de rentrer toutes les semaines. Ou au moins une semaine sur deux. Ils te manquent, je te rappelle. Tu rajoutes donc à ce déchirement la fatigue des aller-retours quotidiens ou hebdomadaires pour retrouver la douce chaleur de ton bienheureux foyer.

Manqueraient plus que les reproches pour parfaire le tableau. Car savais-tu, cher(ère) lecteur(trice), que les femmes essuient quelques 20% de récriminations en plus que les hommes lorsqu’elles ont le malheur de passer trop de temps au travail, surtout si elles ont des enfants?

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Non mais de quel droit, je te le demande? Choisissons-nous cette cruelle situation? Non. Je te propose donc une approche totalement révolutionnaire et décomplexée du problème: la je profite thérapie.

C’est du temps pour toi

Pour gagner plus de thune, pour (te) former, pour élargir ton champ d’action ou de compétences…que tu aies le choix ou pas, c’est du temps dédié à ton profit. J’ai l’outrecuidance de te rappeler que c’est rare. Genre la prochaine fois, ce sera dans quatre ans, trois mois et vingt-sept jours. C’est long, quatre ans, trois mois et vingt-sept jours. Alors profite.

C’est un bouillon de rencontres

Que tu partes à l’autre bout du monde ou à 100 kilomètres de chez toi, tu vas pouvoir faire la connaissance de tout plein de nouveaux individus inconnus. Parmi eux, tu as statistiquement de grandes chances de dénicher un(e) partenaire intéressant(e) – et peut-être même un peu badass – avec lequel bien te marrer. Alors profite.

Tu laisses le mari gérer

Pardon messieurs, ce titre est justifié par le fait que seules des femmes commentent ce blog. Merde, quoi. Je disais donc, lessives, repas, conduites, réunions parents-profs, devoirs, bains, courses et coupage d’ongles: si tu es un peu sadique et démoniaque, laisse-le vraiment gérer tout seul. Si tu as un fond de pitié, réquisitionne mamie/papi/tata/tonton. Cette mansuétude inattendue diminuera de 28% le risque de divorce après ton retour. Bref: redistribue les rôles. Et profite.

Tu redécouvriras les mots TEMPS et LIBERTE

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Quoi? Que lis-je? Que donc?

Temps: n.m. Denrée rare en voie de disparition dans tout foyer comprenant au minimum un membre de moins de 18 ans.

Liberté: n.f. Notion au combien nécessaire mais hélas disparue dans tout foyer comprenant au minimum un membre de moins de 18 ans.

Tu es en hyperventilation, je le sens. Je vais te parler concrètement:

  • Surfer sur Insta pendant des heures sans craindre de donner le mauvais exemple
  • Lire 30 pages de ton livre actuel. D’affilée.
  • Faire du sport au moins deux fois par semaine à des heures normales.
  • Aller au restaurant/ au cinéma/ chez le coiffeur au pied levé
  • N’avoir que toi à habiller le matin
  • Voire éprouver d’authentiques instants de solitude et désoeuvrement.

Oui, je sais, c’en est presque trop violent. Mais garde bien à l’esprit que tout cela est rendu possible, et non plus seulement probable, par le travail ou la formation loin de ta famille. Alors profite.

Tu l’auras compris. Maman qui part en déplacement, c’est comme Papa qui part en déplacement: elle n’est pas plus indispensable, pas moins remplaçable, pas plus adaptable, pas plus esseulée, pas plus déprimée ni heureuse que lui. Elle n’a pas le choix, alors tu sais quoi? Au mot subir, elle substitue le mot jouir.

J'ai testé pour toi

 Je dédie cet article à E., ma partenaire de formation totalement badass.

42 réflexions sur “Déplacement professionnel loin de la famille: les avantages

  1. J’ai beau valider chacun de tes points, je n’arrive jamais à me réjouir de déplacements pro et encore moins aussi longtemps 😉 Mais je me rappellerai tout ça la prochaine fois, ça peut aider ^^

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    1. Je crois que c’est un tout, ce déplacement pro me réjouit car il accompagne mon changement de vie, il le valide en quelque sorte en me donnant la sensation de tout recommencer, alors c’est vrai que je l’aborde dans d’excellentes dispositions. Mais c’est vrai aussi qu’un mois, c’est long 🙂

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    1. Complètement d’accord! Moi aussi j’en aurais bien profité 😃. Je suis tellement contente d’avoir repris le travail pour ma part, je n’en pouvais plus de rester tous les jours à la maison et de ne rencontrer que des mamans au foyer. La vie continue quand on devient mère ! Mince alors 😌

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  2. Bien que mes formations ne soient pas aussi longues que les tiennes, je « jouis » également des ces 2 jours à Paris, cette journée à Lille, … Sans aucune culpabilité envers mes enfants et mon mari. Ils n’en sont jamais mort et moi non plus. Et puis avec papa au commande, c’est un peu différent. Et au final, je fais l’hypothèse que ça leur plait aussi mon absence…à petite dose. Et puis c’est important que leur apprendre qu’il n’y a pas que les enfants ou le mari dans la vie…il y a soi aussi. ET c’est tout aussi important que le reste!

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    1. Tout à fait d’accord avec toi. Leur faire comprendre que les projets professionnels de maman ne sont pas moins importants que ceux de papa, qu’on a le droit d’y consacrer du temps, et que parfois même on n’a pas le choix! Et la redistribution des rôles est excellente pour tous!

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    1. C’est exactement ce que je me suis dit ces deux dernières semaines. Je suis sortie, j’ai fait plein de sport, j’ai vu une copine, ma soeur, mais finalement, je me suis très peu posée. On s’habitue à vivre à 100 à l’heure, je suis certaine que prendre du temps pour ne rien faire ne va pas de soi 😉

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  3. Les déplacements professionnels, vaste question. Ne parlant pas de décalages horaires, ni des attentes dans les aéroports, j’en déduit que tu reste en France…
    Car les voyages avec de gros décalages horaires, et de longs trajets, c’est pas l’idéal…
    Sinon, intéressant la statistique de 20% de récrimination de plus pour les femmes qui passent trop de temps au boulot… Un truc auquel je n’aurai jamais penser.
    Bises et profites bien de ta formation, ça c’est quand même génial de pouvoir se former pendant deux mois au frais de son employeur 😉

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    1. Tu as tout à fait raison de soulever cette question, d’ailleurs j’y ai pensé en rédigeant l’article. L’endroit où l’on part joue énormément dans la façon de vivre le déplacement. Par exemple mon mari est toujours heureux de faire ses valises pour NY 😄
      Pour la stat, je l’ai lue alors que je préparais l’article, et elle ne m’a pas étonnée malheureusement!
      Et oui, c’est génial cette formation « offerte » 👍🏻

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  4. Tu me fais baver rien qu’à l’idée de passer deux jours toute seule. Il est fort probable que chéri se rende chez ses parents pour un week-end prolongé et que je me retrouve chez moi toute seule. Programme: dodo, copines, sorties, faire seulement une machine pour 3 jours.

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  5. L’année dernière, je suis partie à Luxembourg pour une formation. C’était seulement deux jours mais c’était vraiment agréable de n’avoir rien d’autre à faire ou à prévoir que me préoccuper de ma petite personne. Avec les autres mamans du séminaire, nous étions d’accord pour nous inscrire à toutes les formations du moment qu’elles étaient à l’étranger et qu’elles duraient au moins trois jours. 😉 En attendant, mon mari vient de m’annoncer qu’il partira en voyage d’entreprise quatre jours en novembre…

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  6. je me déplace régulièrement et je suis tout à fait d’accord avec toi.
    Néanmoins, la veille de partir à chaque fois je me réjouis moins de la perspective.
    En fait c’est la séparation que je n’aime pas.
    Ensuite, ça va ! Et ce qui me plaît le plus, c’est le matin, de prendre mon temps !!

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  7. Bon, c’est pas la première fois que je remarque que les commentaires que je fais via le reader wp ne passent pas (et ça ne m’énerve pas du tout). Je disais donc, aurais-tu la gentillesse de m’envoyer la plaquette de ta formation et le process à suivre pour s’y inscrire ? (sauf si c’est à Bordeaux évidemment). Merci.
    (Le pied… la liberté sans la culpabilité puisque tu n’as pas le choix, on est bien d’accord. Profite !!)

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  8. je dois dire que la dernière phrase de cette article c’est du pur génie. bravo. bah évidemment que le père va gérer ? est ce que nous on appelle les grands parents quand on est toute seule ???? ça ne nous viendrait même pas à l’idée !! et bien profites ma belle, de tes 20 ans revenus comme par magie !! moi je m’en vais 3 jours à la capitale à la fin du mois, je m’en réjouis d’avance !!! ( bon faut vraiment que tu viennes sur insta, tu verras je raconte pleins de bêtises et tu suis mes actus !!! allez viens, même cette vieille chouette de PRGR y est !!! ;-))))))

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    1. Euh…j’avoue ma mère vient m’aider quand je me retrouve longtemps toute seule 😜
      Profite bien de ta virée parisienne et concernant Insta, je suis toujours en résistance. Je passe déjà trop de temps sur mon portable à mon goût, alors ce que je peux contrôler/éviter, je le fais, même si je me prive d’une audience 😕

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  9. Oh oui la statistique qui va bien! je l’avais eu dans l’autre sens, avec une espèce de fausse bienveillance…retour de mon premier congé mat’, je décide un soir pour partir plus tôt qu’à l’accoutumé… »oh ben oui t’as raison, maintenant il faut profiter de tes enfants, ça passe tellement vite »…en réalité je partais faire un footing…mais j’ai laissé passer l’alibi-enfant et j’en ai bien profité pendant quelques temps ^^
    Cette année, retour de mon 2ème congé mat, je m’étais dit « allez pas de formation cette année »….et puis j’ai déjà craqué, une semaine à Strasbourg en plein marché de Noël, ça ne se refusait pas. Et je suis sympa, l’hiver c’est la période soft pour agridaddy. Mais j’ai déjà tellement hâte d’y être…

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    1. Ahaha, je me reconnais tellement dans cette fausse gêne quand les gens pensent que tu prends du temps pour tes enfants alors qu’en fait…t’es dans l’égoïsme pur 😀
      J’avoue que le coup de la formation à Strasbourg, je l’aurais fait aussi…tous les signaux sont au vert en plus!

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  10. L’avantage de cette situation est qu’elle éloigne toute culpabilité : tu œuvres pour le bien de tous et c’est obligatoire, personne ne peut décemment t’en vouloir ! Là encore, profite à fond de cette renaissance à bien des égards : on la savoure justement parce qu’on sait qu’elle ne dure pas. Tu reprendras ta fidèle place de pilier de la famille bien assez vite ! (et en ayant été suffisamment longtemps absente pour que chacun se rende compte de ta valeur, de tes actions et te remercie, à ton retour, d’exister… Je pense bien évidemment à ton cher époux qui doit en baver !)

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    1. Exactement! Je n’ai pas le choix, alors pourquoi m’encombrer de lamentations sur une situation que je ne peux contrôler? Le quotidien, des petits bonheurs et sa montagne de tracas reviendront bien assez tôt peupler mon existence! (Le mari à survécu 😉)

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