Je suis athée, et pourtant je ne me ferai jamais débaptiser

Tu l’auras sûrement deviné au détour de deux ou trois réflexions personnelles: je suis athée. Mon athéisme n’est pas un choix par défaut ou un non choix. C’est le fruit d’une longue maturation, j’y tiens énormément, j’en suis fière, il fait partie de mon identité. J’aime en parler, j’aime en débattre. Mon athéisme, c’est ma foi à moi.

Je suis convaincue qu’il n’existe absolument rien d’autre et nulle part ailleurs. Logiquement, je me suis mariée civilement, je souhaite être enterrée civilement, je n’élève pas mes enfants dans une quelconque foi, même si je les alimente côté culture religieuse.

Dans ces conditions, et à l’heure où la question se pose régulièrement dans les médias, je dois t’avouer que j’ai pensé à franchir le pas de la débaptisation. Plusieurs fois. J’ai été baptisée bébé, selon la volonté de ma mère, mon père étant lui même un mécréant, et fier de l’être. Me faire débaptiser est quelque chose qui me plairait beaucoup. Qui me ressemblerait, entre prise de position, logique, transgression, volonté de faire coïncider les idées, les actes et l’identité. Et pourtant, je ne le ferai jamais. J’aurais pu le faire, à 20 ans, sur un coup de sang ou de folie. Mais à 35, j’ai bien trop de recul sur la question, et je vais t’expliquer pourquoi.

La débaptisation n’existe pas dans la religion catholique

T’es baptisé(e), tu restes baptisé(e). A vie. Selon la chrétienté. Tu pourrais arguer du fait que je me contrefous des lois divines et que seule compte la loi de la République. Je te répondrais que m’engager dans une démarche qui n’a d’impact que pour l’une des parties, enlève tout sens  et toute portée à la dite démarche. A quoi cela sert-il de me débaptiser si l’Eglise me considérera toujours comme l’une de ses membres, quoique que je fasse pour m’en défendre?

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Beaucoup d’énergie pour pas grand chose

Tu t’en doutes, tu ne te débaptises pas comme tu vas faire tes courses à Carrouf. Tu dois retrouver ta paroisse de baptême, écrire à ta paroisse, attendre la réponse de ta paroisse, souvent floue ou négative, relancer ta paroisse en arguant de tes droits fondamentaux, attendre à nouveau une réponse, contrôler que ta demande a bien été exécutée dans sa totalité…Franchement? J’ai d’autres chats -en peluche- à fouetter.

Refus du militantisme

Actuellement, on parle souvent de débaptisation dans le contexte des scandales sexuels autour de l’Eglise. Chez moi, nulle volonté de lier cet acte à l’actualité, ou de le transformer en militantisme. Je le considérerais comme un choix personnel ayant une valeur et une logique profondes, et je ne le revendiquerais pas forcément comme quelque chose de politique ou ayant valeur d’exemple.

Respect du choix initial de ma mère

Me débaptiser me demanderait beaucoup d’énergie…et ferait sûrement de la peine à ma mère. Non qu’elle soit une fervente catholique. Mais ce serait renier un choix qu’elle a fait par amour. Qui suis-je pour juger les raisons, le contexte, l’habitude, le conformisme ou la réelle conviction profonde qui l’ont amenée à faire ce choix il y a 35 ans? Qui suis-je pour fouler aux pieds cet héritage qu’elle a souhaiter me léguer, qui n’a pas mûri, qui n’a donné aucune fleur, mais qui fait tout de même partie de moi?

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La religion catholique est une part de mon identité

Il fut un temps où ça m’aurait fait grave chier, ne serait-ce que de l’avouer. Mais la religion catholique fait partie de mon passé, de mon histoire et donc de mon identité. Parce qu’elle a structuré la jeunesse de ma mère. Parce qu’elle s’est érigée en opposition avec la branche paternelle de ma famille. Parce qu’elle a été le creuset de ma scolarité et de mes amitiés initiales. Parce que ses histoires, sa morale ont constitué une partie de mon enfance. Parce que dans ma famille, elle a été reniée, réappropriée, revisitée, dans un va et vient houleux et perpétuel.

Mon baptême, c’est la trace de tout ça. La trace de l’amour, d’un choix de jeunesse plein de ferveur. La trace d’une histoire, faite aussi de rejet, de compromis et d’acceptation. La trace d’une graine qu’on a déposé dans mes mains, qu’on a tenté d’alimenter et de faire fleurir, mais qui n’a jamais pris racine. Aujourd’hui, cette semence est asséchée, mais je la conserve dans un tiroir, précieusement, parce qu’elle dit d’où je viens, et par où je suis passée.

Et toi, t’es baptisé(e) et content(e) de l’être? Sois pas timide, viens me raconter!

Comme je suis certaine que tu as été littéralement scotché(e) par mon percutant article, je profite que tu sois toujours là, buvant mes incroyables écrits pour t’annoncer que je serai moins présente les semaines à venir: sur le blog, sur Hellocoton, sur Facebook, bref, je vais manger dossier, je vais me réveiller motivations, je vais dormir compétences pour, peut-être, renaître à moi-même (c’est beau, hein?). On se retrouve fin mai! Tu me manques déjà!

ma vie de maman (13)


37 réflexions sur “Je suis athée, et pourtant je ne me ferai jamais débaptiser

  1. Moi aussi je suis baptisée. La pression est venue de mes grands parents maternels. mon père avait été baptisé en cachette de ses parents, par la grand mère . mais il n’avait plus ses parents à l’époque ou je suis né. Alors je suis baptisée, mais comme mes parents ont pris de la maturité après quelques années de mariage, je ne suis jamais allée au catéchisme. Je suis marié à un homme qui pense que la religion catholique a fait beaucoup de mal par le passé, il la refuse en bloc. ( comme toutes les religions d’ailleurs) . bref, on s’est marié civilement. j’avoue que je n’ai jamais pensé à me faire débaptiser. ça ne changerait rien en fait ! Quand à mes croyances… je pense qu’il y a de l’énergie, tout autour de nous, qui nous relie, et qui interagit dans l’ombre. c’est assez nouveau cette croyance. mais je ne lui donne pas de nom particulier, et elle n’a rien à nous apprendre, si ce n’est de nous aimer et de nous respecter les uns les autres ( et tous les êtres vivants, et la nature… nous ne sommes en rien supérieurs aux autres choses qui peuplent cette planète) . voilà pour la partie philosophique.
    Pour les petites lignes en italique, je te souhaite le meilleur, je sais que tu sais, et prends soin de toi, la machine a aussi besoin de repos et de respirer de temps en temps de l’air frais ! tu sais ou me trouver si besoin d’évacuer la pression !

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    1. Chez moi aucune pression d’aucune sorte, ma mère nous a baptisés de son plein gré. On en a déjà discuté et elle me dit qu’aujourd’hui, avec le recul, elle ne le referait pas. Mais à l’époque ça avait du sens pour elle.
      L’idée de la débaptisation ne m’est pas venue seule, je l’avoue, mais elle m’a séduite. Elle permet de reprendre le contrôle sur un choix qui nous a été imposé au départ. Je comprends qu’on puisse/veuille franchir le pas.
      Si je devais croire en quelque chose ce serait plus un truc dans le genre du tien, celui du « battement d’aile d’un papillon ».
      Merci beaucoup pour tes encouragements, j’arrive à souffler, ne t’inquiète pas, c’est surtout que je sature de revenir encore et encore sur les mêmes documents…mais je vois le bout!!

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    1. Je t’avoue que c’est LA raison pour laquelle je ne bascule pas. Toutes les autres mises ensemble ne sont pas suffisantes. Et je ne trouve pas que ce soit une démarche inutile. Elle signifie à une autorité qu’on ne partage pas ses vues, qu’on ne se reconnaît pas dans son message. Le baptême est un choix qui a du sens, le fait de se débaptiser aussi. Il veut dire qu’on quitte une communauté pour en rejoindre une autre (car oui, contrairement à beaucoup, je pense que les athées forment une communauté, au moins de pensée). Sinon on pourrait dire à quelqu’un qui trouve la foi catholique que finalement, se baptiser, c’est accessoire, ça ne change rien à ses pensées et sa foi…et pourtant si.

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  2. Je suis baptisée aussi mais je ne crois pas. Je ne ferai cependant pas les démarches pour me débaptiser. Comme tu le dis, c’était le choix de mes parents et puis ça fait partie de mon histoire, de ma culture familiale. C’était intéressant comme article, tu m’auras appris des choses !
    Bonne pause blogging et bon courage pour ton programme qui a l’air d’être très chargé !
    A bientôt !
    Charlotte.

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    1. Les raisons que tu cites sont les plus importantes je trouve. J’aurais eu des parents qui m’ont baptisée pour faire comme tout le monde, sans rien nourrir derrière, peut-être que j’aurais franchi le pas. Mais j’ai grandi avec les histoires de la Bible, j’ai connu le cathé (à l’école, certes, mais quand-même), on m’a parlé de Dieu étant enfant, mon baptême a donc eu un sens, et mérite d’être conservé comme trace. Merci pour ton retour en tout cas et pour tes encouragements! A bientôt!

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  3. Je suis baptisée et j’ai fait ma communion, comme mes frères et soeur. Mes parents sont croyants mais pas pratiquants, ils vont à la messe pour l’enterrement d’une personne proche et pour celles organisées par l’association d’anciens combattants dont mon père est membre.
    Je me définis comme agnostique de culture judéo-chrétienne. Ma véritable culture religieuse date de mes études parce que le catéchisme a été pour moi des années d’ennui, d’autant plus que j’ai découvert ce qu’était la Shoah quand j’avais 9-10 ans et j’ai tout de suite voulu en parler mais la gentille dame du caté était un peu dépassée par mes questions (« si Dieu existe et nous aime tous, pourquoi il a laissé des enfants juifs mourir ? »). Je pense que ma perte de la foi date de ce moment.
    Mon mari est athée (tendance bouffeur de curés), nous nous sommes mariés civilement et les enfants ne sont pas baptisés… mais la plupart des amis de nos enfants sont croyants et pratiquants (catholiques, protestants, orthodoxes, musulmans). Et comme nous sommes amis avec les parents, mon mari a du mettre de l’eau dans son vin (de messe… ah ah ah, je suis trop drôle !).
    Et puis, avec ma mission de transmettre mon amour de l’histoire et des arts à mes enfants, on passe forcément beaucoup de temps à aller dans des églises, à regarder des tableaux religieux et au moment de Noël, ma cadette a développé une passion pour Marie et Jésus. Bref, la culture religieuse chrétienne est assez présente chez nous.
    Bon courage pour les concours ! Pense à garder du temps pour toi et pour des trucs non intellectuels (l’âne Trotro et Tchoupi ?) ! Je croise les doigts.

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    1. Je n’ai pas fait ma communion. Donc le schisme est assez ancien de mon côté 😉 Ma mère a un peu le même profil que tes parents. Le cathé, j’en garde un bon souvenir, j’avais la chance de n’y avoir droit qu’à l’école et je me souviens de moments et de messages joyeux, apaisants, et le temps qu’on me parle de la Shoah, j’étais passée dans le public 😉
      J’ai eu ma période de rejet total tendance « bouffeuse de curés » moi aussi. Je pense que ça a fait partie de mon chemin vers l’athéisme. Aujourd’hui, je suis plus apaisée.
      Mais comme toi, je suis surprise de voir à quel point le cathé se différencie de la culture religieuse. J’en ai bien plus que nombre de mes amis croyants et d’ailleurs on en rigole et on se vanne sur le sujet (Coucou AC, coucou G). Je trouve que c’est rassurant, ça prouve qu’on peut s’approprier ce patrimoine autrement que sous le seul prisme de la foi.
      Merci beaucoup pour tes encouragements et à très bientôt!

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  4. J’avoue que je comprends très bien ta vision des choses, quand tu parles du respect du choix de la maman et de ton héritage, je crois qu’il n’y a rien de plus vrai. Si tout le monde pensait comme toi, l’univers s’en porterait mieux.

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  5. Alors là je viens d’apprendre quelque chose… Je ne savais pas qu’il était possible de se faire débaptiser…
    De mon côté, je suis baptisée aussi, ma position face à la religion est floue, quand bien même je ne me sentirais pas/plus en phase avec celle-ci, je ne pourrais pas franchir le pas… par respect pour mon passé et mes parents…
    Je te souhaite beaucoup de courage pour les semaines à venir !
    A bientôt 🙂

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    1. En réalité, il s’agit d’une radiation des registres de l’Eglise. Pour l’Eglise, tu restes baptisé(e), puisque l’homme ne peut défaire ce que Dieu a fait. Mais du point de vue de la loi, ils sont dans l’obligation de te radier si tu en fais la demande, puisque tu as un droit sur les données qu’ils détiennent. C’est purement « administratif » en réalité. C’est ce qu’on appelle être un « apostat » pour l’Eglise: on renie notre foi, mais eux ne renient rien du tout. Mais encore une fois je ne peux que comprendre ceux qui font ce choix pour être en accord avec eux-mêmes. Pour moi, le poids de l’héritage passe avant. PS: et merci pour tes encouragements!

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  6. Coucou!!

    on a déjà eu l’occasion d’avoir un débat autour de cette question religion/l’athéisme… et oui, je confirme, c’est un sujet pour toi! ^^

    De mon côté, baptisée, communiante…et athée au final ou plutôt agnostique. Oui, plus « je ne sais pas » plus que « je ne crois pas ». Croire en Dieu, c’est une grande question. Croire en une énergie, un quelque chose…pourquoi pas. On verra bien quand on y sera j’ai envie de dire ^^.
    pour autant, l’idée de me faire « débaptiser » ne m’est jamais passée par la tête. Je ne savais même pas que l’on pouvait l’envisager. Cette éducation religieuse, je ne la vis pas comme un poids du tout. C’est juste que j’ai fait mon chemin avec jusqu’à ce jour. Je retourne avec respect à l’église pour les événements joyeux (et malheureux) d’une vie s’il le faut. Tout en regrettant presque qu’au dernier baptême où je suis allée, il y avait les 3/4 de non croyants. De ce fait, la ferveur autour de l’événement était un peu « décevante ». Pour ça, je préfère ne rien faire (d’où mon non mariage à l’église et le non baptême de mes enfants.).

    Bref, je vis bien mon statut de baptisée communiante agnostique. Et on verra bien ce qu’il en est…ou pas.

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    1. Ah, et en lisant les commentaires des autres lectrices assidues de ton blog, je me suis souvenue que mon fils aussi ne jure pour le moment que par Dieu. Il existe forcément pour lui. D’où il a entendu ça?? Je n’en sais rien.
      Mais sinon, ma fille qui a appris hier que la petite souris n’existait pas à cause une erreur de discrétion de ma part au moment de mettre le précieux sou, a conclu dans la foulée que le père noel non plus (hum hum…non plus ma chérie) et que le lapin de pâques non plus (hum hum…effectivement ma chérie) et que forcément si tous ces personnages étaient finalement les parents…ben je vous le donne en mille : Dieu, c’est nous aussi! Là j’ai pas pu m’empêcher de rigoler tellement je ne m’y attendais pas. « Euh ma chérie, parfois ton père pense être Dieu mais en vrai ce n’est pas lui.non, nous ne sommes pas Dieu… » Fiou!! Quelle annonce en si peu de temps.

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      1. Dernier addenda : le sujet doit me passionner dit donc!
        Je moment où je n’ai plus cru, c’est quand j’ai vu une émission sur Moise chez mes grands parents (niveau collège) et où ils démontraient de façon scientifique comment il avait pu traverser la mer (‘morte? ) pour fuire les égyptiens. Et là, révélation!!! Mais en fait, tout ça ne sont que des histoires? Les miracles? Les paraboles? mais c’est quoi cette histoire? On m’aurait trompée. La faille a commencé ce jour là. Toute une histoire ma vie hein ^^

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      2. Je me souviens que tu m’avais raconté cette histoire de prise de conscience subite devant Moïse 😄 De mon côté je ne me souviens pas qu’une révélation ait tout fait basculer, c’est vraiment plus un cheminement sur plusieurs années.

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    2. Mais c’est tellement passionnant la religion!! Bon, je m’emporte souvent, c’est vrai…mais mon article a déclenché une grosse discussion conjugale -apaisée- ce soir: vive le blogging 😁
      J’ai le même rapport à mon éducation religieuse. Non seulement ce n’est pas un poids mais c’est une véritable plus-value culturelle qui m’a servie dans de nombreux domaines.
      Idem pour retourner à l’Eglise. Je préfère aller dans une église remplie de fervents croyants que l’inverse. Vécu une fois à un mariage…énorme malaise. Le prêtre me faisait tellement pitié que j’aurais récité le Notre Père avec lui 😂
      Bref on se rejoint sur l’idée du chemin avec notre petit bagage sous Le Bras…

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  7. Ah, enfin je trouve le temps de commenter. Les vacances, quelle tannée, je te jure.
    Je ne m’attendais pas du tout à cette thématique quand tu m’as annoncé un sujet croustillant ! C’est drôle, je crois que c’est un des sujets que nous avons abordé ensemble la première fois où nous nous sommes vues.
    Bon, ce n’est pas un scoop, je suis baptisée, croyante, pratiquante et cela a un sens profond pour moi, par rapport à la foi (la relation avec Dieu) bien davantage que la religion (la communauté). Pour autant j’aime beaucoup débattre et discuter avec des personnes qui se posent des questions par rapport à Dieu ou à une spiritualité. J’ai plus de mal avec l’indifférence complète, ou l’anti-religiosité intolérante basique (style « le Vatican n’a qu’à payer pour Notre-Dame » et autres répliques profondes). Par rapport à la culture, c’est vrai qu’il y a quelque chose de très profondément ancré dans notre civilisation quoi qu’en disent ceux qui réfutent les racines chrétiennes de l’Europe. L’art, la littérature, la philosophie sont imprégnées du christianisme. C’est une des raisons qu’avance Urbanie (La marmotteuse) pour expliquer son choix de se faire baptiser adulte : elle en avait marre de ne rien comprendre devant les tableaux anciens.
    Saint Thomas d’Aquin disait qu’on ne devait croire qu’en obéissant absolument à sa conscience, et qu’on ne pouvait donc croire à l’encontre de sa conscience (en gros, je ne retrouve plus la référence). Tu es donc thomiste sans le savoir 🙂

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    1. J’ai lu un article sur le Monde sur le sujet, et les commentaires m’ont tellement fait bondir que j’ai eu envie d’écrire sur le sujet et je t’avoue aussi, de poser mes ressentis de façon construite. Dans ma famille, nous parlons très souvent de religion, quand je harponne mon mari sur le sujet, le pauvre…je lui pose des questions auxquelles il n’a parfois jamais réfléchi!
      Je suis totalement d’accord avec toi pour la culture, j’ai eu l’occasion de le vérifier mille fois durant mes études, mon bagage m’a distinguée, m’a éclairée et servi. Par contre, contrairement à Urbanie, je le dissocie totalement de la religion et suis persuadée que ce patrimoine est accessible aux athées pour peu qu’ils veuillent creuser de ce côté.
      Et je suis totalement en accord avec Saint Thomas. Je suis totalement en phase avec ma conscience. Toute en spiritualité 😁

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  8. Je ne me ferai jamais « débaptiser ». Ce serait cautionner un acte que j’ai subi sans être consulté.
    Le bourrage de crâne auquel je fus soumis dans mon enfance a produit l’effet contraire à celui escompté : il m’a renforcé, et même blindé dans l’athéisme.

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    1. Merci pour votre contribution. Je n’avais pas envisagé cet argument: le fait que la débaptisation donne de l’importance à un acte qui n’en a pas pour les athées. C’est parce que mon rapport à la religion catholique est particulier, il n’y a pas toujours eu de rejet de ma part.
      Je connais également des gens qui ont développé le même rapport que vous à l’éducation religieuse qu’ils ont reçue.
      Je me suis permis de ne pas publier la fin de votre commentaire, qui n’a pas sa place sur mon blog, qui se veut « rassembleur ». Bonne continuation à vous

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      1. J’ai oublié de préciser que je refuse le qualificatif d’apostat. Non qu’il fût insultant, mais cela signifierait que j’ai quitté l’Eglise, alors que je n’en ai jamais fait partie.
        C’est comme si on m’avait inscrit, à mon insu, dans un club de joueurs de belote…

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      2. Je comprends votre point de vue. Le terme d’apostat n’a pour vous aucune valeur, puisqu’il appartient à un vocable et un univers religieux qui pour vous, n’ont pas de légitimité. Ca rejoint votre précédent commentaire 🙂

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  9. J’ai découvert votre intervention sur La Libre Belgique. Puisque la lecture de ce texte me fut des plus agréable – voilà enfin une suite équilibrée et emplie d’un certain bon sens sur un sujet trop souvent polémique – je décidai de passer par ici, et d’y laisser l’un ou l’autre commentaire. En réalité, deux remarques me sont venues à l’esprit suite à ma lecture.

    La première m’a semble-t-il déjà été soulevée par un précédent intervenant : à strictement parler, pour un athée, la révocation du baptême n’a aucun sens. Car puisque convaincu de l’inexistence de toute déité, la gestuelle du baptême ne revêt pour lui aucune signification particulière de sorte que le mouvement inverse, sa révocation par les autorités religieuses, s’en trouve proprement dénué de substance. Autrement dit, une telle démarche est inutile, relativement au requérant, voire pratiquement contradictoire : pourquoi en effet se soucier de révoquer ce qui n’existe pas ? Même un nom sur une liste, celle des baptisés, ne devrait pas poser de problème de conscience à l’athée puisque ce nom, à nouveau, n’est qu’un nom sur une feuille qui ne pointe pas plus loin qu’elle-même. Reste il est vrai l’assurance, en quittant cette liste, de ne pas subir l’un ou l’autre désagrément social, qu’il soit d’ordre religieux ou politique. Mais cela nous éloigne des convictions philosophiques qui, je le pense, sont ici visées.

    Voici maintenant ma deuxième remarque : un point commun peut être trouvé entre les trois groupes formés par les religieux, les athées et les scientifiques. Tous témoignent d’un certain degré de croyance, de foi, envers un absolu donné, une Vérité particulière. Les religieux croient en un livre et en une entité divine dotée de caractéristiques précises, les athées croient en l’inexistence de toute entité de ce type, et les scientifiques (pour la plupart) croient que leurs recherchent les orientent vers la connaissance d’un absolu incarné par la « Nature ». Et ce qui est amusant, c’est que les deux derniers groupes ignorent la plupart du temps que leur démarche est de nature identique à celle du premier. Ce, à deux niveaux, niveaux qui relèvent eux-mêmes de deux questions, qui ont été traitées en long et en large par… Kant et ses successeurs. Ces deux questions sont les suivantes : peut-on ou doit-on admettre l’existence d’un absolu ? ; dans l’affirmative, peut-on prétendre à sa connaissance ? Les membres des trois groupes cités plus haut répondent par l’affirmative à ces deux propositions. Ils admettent la réalité de l’absolu, et sa possible connaissance, de sorte que tous trois versent dans la dialectique métaphysique. L’absolu des religieux va de soi. Celui des scientifiques également (le postulat d’une Nature impersonnelle gouvernée par des règles). Mais celui des athées est plus subtil. D’une part, ils affirment l’inexistence de Dieu. Or affirmer l’inexistence de quelque chose, c’est tenir un discours métaphysique. D’autre part, ils croient souvent en une mystique (à ne pas prendre au sens péjoratif) alternative. Et l’on trouve là encore un discours métaphysique. Que ce soit une mystique traditionnelle de type scientifique ou une mystique plus exotique (énergies, champs, forces…), l’idée est de viser un absolu apte à endosser le rôle de garantie divine, de cause première, que l’on a refusé à un autre absolu, la figure de Dieu.
    En somme chacun de ces groupes traduit, en ses propres termes, l’insurpassable constat de la finitude humaine. Quelque chose nous résiste, nous ne pouvons agir sur le monde à notre guise, le constat simple mais vertigineux de l’expérience vécue est saturant tandis que l’esprit cherche désespérément, en vain, une cause première au fait d’existence. Bref, et probablement depuis au moins 100000 ans, date approximative des premières inhumations rituelles (corps en position fœtale, dirigés vers l’est, recouvert de poudre/peinture ocre), l’homme se rend compte de sa propre existence, de sa finitude et de son corollaire nécessaire, un au-delà à cette frontière (première question) et cherche à le percer (deuxième question). Les religieux trouvent leur réponse en personnifiant l’absolu, les scientifiques en l’objectivant et les athées, en une sorte de mouvement de balancier, en le caractérisant d’abord en négatif (négation métaphysique de Dieu) pour très vite le cerner positivement ailleurs, dans une dynamique objectivante qui peut soit être de type scientifique, soit de type plus exotique.

    Alors, bien entendu, il peut y avoir des athées qui se contentent de nier l’existence de Dieu sans avancer quoi que ce soit sur la nature d’un hypothétique absolu. Mais là encore, et cela m’interpelle, ce type d’athéisme est une posture philosophique métaphysique en plein qui ne diffère pas en nature, je me répète, de la foi d’un religieux pour son Dieu, ou de celle du scientifique pour sa théorie en tant que reflet du réel.

    Pour toutes ces raisons, j’estime qu’il est plus sage, sinon plus juste, de nous contenter de suspendre notre jugement sur toute affirmation concernant l’absolu. Je ne peux m’assurer de ce que Dieu existe ou pas, ni si les théories scientifiques s’approchent d’une description toujours plus proche de la structure d’une Nature toujours-déjà là. En ce sens, je partage pleinement l’avis des neo-kantiens : abandonnons le mirage de la chose en-soi, de l’absolu, de Dieu, pour entrer pleinement dans l’ère de la connaissance transcendantale, d’une connaissance sans cesse en mouvement, intersubjective, qui ne porte pas plus loin que son origine, mais qui pour autant se veut tout aussi efficace, sinon plus, qu’une quelconque foi métaphysique qui va chercher dans l’expérience une cause à l’expérience, qui va chercher quelque part dans le monde des objets conscients la cause d’elle-même. Spinoza a faillit y arriver… Kant a donné le coup de massue. Ce n’est pas Dieu le problème, c’est la métaphysique, et l’athée s’y suspend autant qu’un bigot, d’une certaine manière.

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    1. Je suis tout à fait d’accord avec l’ensemble de votre intervention et ne dis pas autre chose quand j’affirme que « mon athéisme est ma foi à moi ». Oui, il y a quelque chose d’obtus à être absolument convaincu que Dieu n’existe pas, oui, il y a un problème de perspective et de relativisme à être athée, plus qu’à être agnostique. Je l’assume. Mon point de vue évoluera sûrement, puisqu’il l’a déjà fait depuis que j’ai eu l’âge de m’interroger au sujet de la religion et de la métaphysique. Merci beaucoup pour votre retour très nourri 🙂

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      1. Lorsque vous dites « Dieu n’existe pas » ou « aucun Dieu n’existe », quelle idée vous faites-vous de ce ou ces Dieux?

        Votre idée est-elle indissolublement liée à une pratique, à une représentation, à une liaison législative, ou encore à un anthropomorphisme? Ou pointe-t-elle vers toutes métaphysique transcendante? Car prendre parti pour l’un ou l’autre ne va pas sans sérieuses conséquences philosophiques. Nier l’existence ontologique de YHWH, ou d’Allah, pour prendre ces exemples, c’est d’abord et avant tout nier l’existence d’une entité puissante et mystérieuse qu’un livre affirme s’être manifesté aux hommes en lui imposant quelque part un contrat d’alliance assorti d’un code de Lois. C’est donc nier l’existence d’une « chose » que nous, êtres humains, pouvons comprendre. Dieu, dans ces pratiques et croyances, est quelque part fait à notre image, moulé par nos angoisses issues de la contingence de nos vies : il est batailleur, protecteur et créateur. Le nier, c’est nier un témoignage que l’on estime construit par les hommes.

        Mais nier cette existence liée à un Livre ou à un ensemble de coutume, ce n’est cependant pas encore nier l’existence de toutes les autres entités possibles, et j’insiste sur le mot – possible -, celles-là non révélées. Le faire, c’est aller un pas plus loin, celui qui consiste à affirmer qu’aucune chose transcendante, capable de communiquer ou non, n’existe et ne se manifestera jamais. Mais alors on s’éloigne quelque peu de Dieu, pris au sens de personne incarnée, identifiée et caractérisée. Car oui, l’objet de défiance de l’athée est précis : c’est la source imaginaire et ponctuelle – selon lui – d’un contrat socio-comportemental. Le mot « Dieu » dans ce cadre est précis et sert principalement à convaincre les hommes de l’inanité de leurs comportements face à ce qui n’est qu’une production d’eux-mêmes.

        Mais quid de Dieu dans l’acception plus générale, lavée de toute dogmatique, débarrassé de tout prêche?

        En somme, que reste-t-il de la métaphysique? Du fait d’être, du fait de l’expérience, de la contingence vécue?

        A cela, l’athée ne peut que difficilement répondre.

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  10. M’étant fait « débaptiser », ce sont des questions que je me suis posé. Pas eu les même réponses (mais c’est le choix de chacun…), mais quelques réflexions sur les arguments de l’article:

    1-« La débaptisation n’existe pas dans la religion catholique »

    Oui, le terme « débaptisation » est incorrect, il s’agit juste de se faire rayer de la liste des adhérents du catholicisme. Pour les implications religieuses (être lavé d’un péché imaginaire avoir reçu une illumination d’un machin immatèriel…) forcément on n’y crois pas en tant qu’athée.
    On est donc aprés avoir apostasié (terme officiel pour les cathos) excommunié de fait et donc bel et bien plus membre (juste si on veut le redevenir, il faut juste le demander, pas besoin de rebaptiser)

    2-« Beaucoup d’énergie pour pas grand chose »

    Curieux d’avoir dépensé plus d’énergie à écrire cet article que ça en aurait demandé pour se faire débaptiser (enfin, dans mon cas ça ne m’a pas demandé beaucoup d’énergie…)

    3-« Refus du militantisme »

    C’est un motif, mais ça peux justement aussi être un motif de le faire, c’est certainement dans mon cas la raison principale qui m’a poussé à me « débaptiser »: pour militer contre le militantisme religieux

    4-« Respect du choix initial de ma mère »

    C’est certainement ce qui m’a fait le plus hésiter, mais finalement elle à trés bien compris…

    5- « La religion catholique est une part de mon identité »

    Moi aussi, c’est d’ailleurs pour cette raison que je ne demandais pas (comme certains) d’être effacé des registres, juste l’annulation de l’adhésion duement mentionnée. Je reste un athée de culture catholique, mais je ne veux pas être (comme se considère Michel Onfray) un « athée catholique »

    En conclusion, j’ai été baptisé, je n’en suis ni fier ni honteux. Par contre je suis fier de m’être fait « débaptiser » (et je le raconte donc)

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    1. Bonsoir et merci pour votre retour,

      1/ Je ne savais pas qu’il suffisait de demander si on changeait d’avis, il s’agit donc bien d’un acte purement administratif pour les 2 parties.

      2/ Je suis habituée à dépenser de l’énergie pour écrire des articles, sans jamais savoir s’ils seront bien reçus, s’ils intéresseront, si je me ferai traiter d’idiote ou de bouffonne quand je suis relayée par la presse sur les réseaux. Vu les retours que j’ai reçus, et les discussions que cet article a déclenchées avec mes proches, je pense que ça valait largement l’énergie que j’aurais dépensée pour une débaptisation.

      3/ Je suis toute à fait consciente qu’une partie des débaptisations se font sur fond de militantisme et je ne le juge absolument pas, je le comprends même.

      4/ Ma mère n’a pas mal réagi non plus quand elle a appris que ma sœur a franchi le pas il y a quelques semaines. Elle respecte son choix.

      5/ J’aime beaucoup votre conclusion, entre acceptation de votre identité et de votre histoire et la prise de position que représente votre apostasie. Je comprends que vous soyez fier de votre démarche, et vous avez raison d’en parler, c’est une problématique complexe et particulièrement d’actualité.

      Bonne continuation

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  11. Sujet hautement polémique mais ô combien passionnant ! Ce que je retiens, c’est le respect que tu portes aux décisions qu’ont pu prendre tes parents, le recul que tu as pour saisir tout l’amour qu’il y avait dans cet acte et l’amour que tu leur portes, toi, pour choisir de ne pas aller contre ce qu’ils ont choisi pour toi. Pour eux, cela avait du sens et c’est ce sens que tu ne remets pas en question, bien que ne le partageant pas aujourd’hui. Dans la famille que tu t’es construite, ce doit être une question encore plus épineuse, source de nombreux questionnements. J’imagine combien ça ne doit pas être simple de se comprendre quand sonne l’heure de ce type de discussion !

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    1. Merci pour ton retour Ariane! Écoute cet article a lancé de nombreuses discussions avec mes parents, ma sœur et évidemment mon mari. Et je me rends compte aujourd’hui à quel point sa religion est pour lui synonyme d’identité, plus que de foi. En faisant un retour sur mon rapport à mon propre héritage, je comprends mieux celui de mon mari. Même si évidemment tout n’est pas apaisé, avec ma manie de tout passer au scanner de la logique…

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  12. Etre débaptisé existe bel et bien en Belgique! J’en ai la preuve…
    Suite à ma demande d’apostasie faite en 2007, j’ai reçu une confirmation officielle de l’Archevêché de Malines-Bruxelles me signalant: »Nous avons bien reçu votre lettre du… par laquelle vous nous communiquez votre décision de quitter l’Eglise catholique. Cette demande est transmise au curé de la paroisse de votre baptême qui inscrira en marge du registre la mention ‘a quitté l’Eglise catholique le…’ Votre décision est également enregistrée à Archevêché. »
    Je ne suis pas spécialiste en la matière mais il devrait en être de même dans les autres pays.
    Pour toute information sur l’apostasie voir le site http://www.apostasie.be/

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    1. Ma soeur a reçu sensiblement le même document (en France) après sa débaptisation. En fait, quand je dis que ça n’existe pas, c’est que ça n’a aucune valeur pour l’Eglise: ce n’est qu’une démarche administrative. La preuve: si vous changez d’avis, vous n’avez pas besoin de vous faire « rebaptiser ». la preuve qu’aux yeux de l’Eglise, vous l’êtes toujours. Ce qui n’enlève rien à la portée de votre démarche, que je comprends. Merci pour votre retour, en tout cas 🙂

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      1. Baptiser ou non, débaptiser ou non, l’important, c’est de vous sentir en accord avec vos valeurs.
        La religion, ou l’athéisme d’ailleurs, doit rester un libre choix pour chaque individu.
        Le prosélytisme ne devrait plus exister au XXIe siècle.

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