Quand bébé ne veut plus dormir

Ça a été soudain et apparemment inexplicable. J’ai cru que c’était une passade que nous règlerions en deux jours, comme d’habitude, en parents expérimentés que nous sommes, ou plutôt croyions être.

J’ai attendu.

J’ai écouté.

Je suis intervenue. Une fois. Deux fois. Dix fois.

Je suis revenue.

J’ai décidé de ne plus revenir.

Je suis revenue quand-même.

J’ai expliqué.

Mon coeur s’est serré.

J’ai sorti un corps liquéfié de son lit.

J’ai câliné.

J’ai caressé des cheveux.

J’ai rassuré.

J’ai reposé.

J’ai repris.

Je me suis dit que rien ne valait la sensation d’un petit corps chaud contre le mien.

J’ai lu un livre.

J’ai allumé une lumière.

J’ai laissé la porte ouverte.

J’ai changé l’orientation du lit.

Je me suis allongée. N’importe où.

J’ai dormi dans quatre chambres différentes.

J’ai murmuré des paroles dans le noir.

J’ai appris qu’on pouvait résister au delà de l’épuisement.

J’ai traîné ma couette à trois heures du matin.

J’ai traîné un matelas à trois heures du matin.

J’ai quitté une pièce en rampant.

J’ai contracté mon périnée tout en guettant le moindre bruit.

Je me suis endormie sur un fauteuil.

J’ai appris qu’on pouvait sentir l’absence ou la présence de quelqu’un, même apparemment endormi(e).

J’ai plaqué contre moi un corps tremblotant et éreinté.

J’ai retenu mon souffle.

J’ai scruté.

Je me suis questionnée. De mille façons possibles.

J’ai essayé.

J’ai arraché du lit pour mettre dans un autre.

J’ai pleuré.

Je me suis disputée avec mon mari.

J’ai trouvé du soutien.

J’ai douté.

J’ai donné du sirop qui coûte un bras.

J’ai tenté.

Je me suis découragée.

J’ai cru y arriver.

Je me suis jugée.

J’ai déprimé.

J’ai espéré.

Après huit années, pour la première fois de ma vie de mère, j’ai compris ce qu’était d’avoir un enfant qui ne dort pas. Je te l’avoue, je m’étais toujours dit que ça ne m’arriverait pas, à moi. Qu’en deux-trois nuits, j’avais toujours su régler une situation délicate, à coup de fermeté et de douceur mélangées. Que laisser pleurer ne me posait aucun problème, tant que les pleurs décroissaient. Mais cette fois, ils n’ont pas décru.

Cette semaine, mon bébé n’a pas voulu dormir.

Cette semaine, j’ai appris qu’on pouvait se sentir désoeuvré(e) en faisant tout son possible.

Je remercie toutes mes lectrices qui m’ont aidée par leurs mots et leurs conseils réconfortants.

I Feel So Thankful for You! (3)

28 commentaires sur “Quand bébé ne veut plus dormir

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  1. Et bien mes pauvres, je n’ose imaginer … Bon je me souviens sa résistance à la sieste quand elle était bébé … Mais la des nuits entières, elle doit être épuisée cette petite. Vous en avez parlée avec votre pédiatre ? Si oui que dit il ?? Bon courage pour les prochaines nuits à venir.

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    1. Elle a une résistance à la fatigue hallucinante effectivement. J’ai failli prendre rendez-vous chez le pédiatre mais on a vu une petite amélioration à ce moment. On va aller chez l’ostéo par contre.
      Merci Céline pour vos mots!

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    1. Oui c’est en amélioration. C’est un grand bébé, elle semble très angoissée après un changement d’environnement, ça fait 2 fois qu’elle nous fait le coup mais cette fois c’était particulièrement violent…Je n’arrivais à pas me reposer car elle ne faisait plus ses siestes non plus 😱

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    1. Ce qui m’a impressionnée c’est de voir à quel point ça influe rapidement et fortement sur le moral. Il faut dire que tout le monde est impacté et la vie familiale et conjugale en prend un coup! En journée malgré l’épuisement ça se passait plutôt bien…

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    1. Oui, ça s’est apaisé, j’ai attaqué le problème par les siestes, le contexte est moins anxiogène que le soir. Non je ne me reposais pas, j’ai mon écrit dans 8 jours, le peu de moment de calme que j’avais ça y était consacré!

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    1. J’ai écumé le net à 4 heures du matin il y a deux nuits, et j’en ai conclu que nous n’étions pas les seuls à traverser cette passe entre 20 et 24 mois, loin de là. C’est rassurant…mais ça ne règle rien en soi. Tu as raison, il doit y avoir tout un tas de choses, invisibles et minuscules à nos yeux, qui se sont cumulées pour elle, avec le résultat que l’on sait! Et ne t’inquiète pas: dormir à peu près normalement m’est vital, je trouve des solutions! MERCI 🙂

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  2. Mon koala a été un bébé compliqué – pleurait beaucoup- dormait difficilement/peu alors je compatis de tout cœur.
    Le truc qui m’a vraiment aidé, c’est la réducteur de lit (un conseil d’une blogueuse). je l’ai acheté résignée (après avoir tout essayé) et ça a marché : il se sentait rassuré d’être calé dans son lit – c’était un bébé assez angoissé (il l’est toujours) et ce petit cocon lui faisait du bien.
    voila ça vaut ce que ça vaut….. Bon courage du fond du cœur

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    1. Ah tiens, pas encore mis dans la liste le réducteur 😀 Ça me rappelle que j’ai même essayé le tee-shirt avec mon odeur mais elle l’a rejeté comme une vieille chaussette puante! Merci beaucoup pour ton soutien et ton conseil que je garde précieusement en cas de rechute 😉

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  3. et une question seule et unique me vient : « où sont les hommes????? »
    Pas très aidant je sais mais un peu quand même quand on sait qu’on est pas seule à les faire ces petits bébés. Alors j’imagine les divergences de points de vue qui amènent à hausser le ton dans le couple et à se retrouver toujours et malgré tout de nouveau face au problème.
    Que tu dire sinon que c’est sûrement passager. T’ouvrir l’esprit vers un futur plus apaisé et surtout sous la couette en plein milieu d’un beau rêve style « je danse avec Anthony dans dals »…oups…c’est peut être mon rêve ça ^^

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    1. Alors c’est vrai que mon article peut prêter à erreur car je parle à la première personne, mais je voulais vraiment témoigner de mes ressentis, de cette avalanche d’actions parfois absurdes qu’on est prêt à enchaîner pour s’en sortir…et puis un homme ne contracte pas son périnée hein! MAIS je te détrompe, l’homme est hyper présent dans ces cas-là, il tente plein de choses comme moi, donne de sa personne, mais supporte beaucoup moins bien les pleurs. Et puis comme tu le dis, on diverge parfois /souvent sur les solutions à adopter, et la fatigue aidant on s’est disputé plus en une semaine qu’en 6 mois!
      Et tu me connais, en terme de rêves/fantasmes/détournements divers pour m’évader du présent, je suis une championne! 😀

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  4. oulala !!! j’espère que ça s’arrange, je compatis à 2000 %. quand on atout essayé et que rien ne fonctionne, c’st dur ! et pour moi la pire torture c’est clairement la privation de sommeil. j’espère que tu arrives à te préserver un peu ! sinon euhhhh… un bon coup de calva ? ( pardon je sors….)

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    1. Je t’avoue avoir la même torture que toi. Peu ou mal dormir me rend limite dépressive, et très rapidement! J’ai réussi à limiter la casse en dormant un peu partout la nuit, au gré de ses pleurs 😕
      Mais je crois qu’on tient le bon bout, même si c’est fragile et précaire!

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  5. Le sommeil… C’es vraiment la chose à laquelle tu ne prêtes pas attention quand tu n’en manques pas. Chez nous,
    quand Petite A. était (encore plus) petite et qu’elle était allaitée, elle adddddoooooorait tétouiller la nuit, pendant des heures. Et j’ai passé des heures, des nuits entières à essayer de la poser, sans bouger, sans toucher à ma couette, sans respirer, débout, à genou, semi-couchée pour finalement entendre quelques minutes plus tard (tu sais juste quand tu te dis « enfin je vais dormir ») chouiner, grogner, gigoter. et c’était reparti. Il était hors de question de réveiller le reste de la famille et le papa qui travaillait. Alors, je ne me suis pas poser de question: j’ai fait comme j’ai pu . J’ai dormi dès que j’ai pu: je me suis même retrouver à dormir assise avec ma crevette dans les bras,endormie sur une épaule parce que j’avais enfin réussi à la poser et qu’il était HORS DE QUESTION de faire un microbruit en me tournant!
    Aujourd’hui, petite puce a 15 mois, dort seule dans sa chambre, et cela parait bien loin.Pourtant il arrive encore qu’elle se réveille la nuit et quand je me lève en ayant l’impression que c’est la fin de ma vie, je me souviens de ces nuits où dormir 2 heures d’affilée était une vraie victoire et je sais à quel point c’était dur. J’ai failli y laisser une partie de ma santé: vertiges, chutes de tension et tu as tout à fait raison toute la famille le ressent.
    Courage pour ces nuits difficiles et sache que les choses peuvent mettre aussi peu de temps à se remettre en place qu’elles n’en ont mis à se déplacer!
    M** aussi pour ton échéance qui approche!

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    1. Merci pour ton commentaire Lucie! Nous avons toujours accordé une extrême importance au sommeil, celui des filles et le nôtre, à coup de discours très appuyés dès leur plus jeune âge 😄 et j’ai toujours chéri mon sommeil serein!
      Je ne peux qu’imaginer ce qu’a dû donner ce manque de sommeil sur ton quotidien. Heureusement que c’est rentré dans l’ordre mais comme tu le dis si bien, ça reste toujours sur la tangente ce genre de choses! Ici les choses sont en passe d’être réglées mais on ne crie pas victoire trop vite!
      PS: merci pour tes encouragements, ce sera un concours d’essai cette fois-ci, je suis prête sur la pratique mais je vais morfler pour la théorie, je n’ai pas eu le temps de me mettre au niveau!

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  6. Aïe! Je comprends tellement ce que tu vis. Ma fille a toujours été extrêmement angoissée sans que l’on ne sache trop pourquoi. Les nuits se passent globalement mieux maintenant ( à presque 4ans je m’étais faite une raison !)
    Pour mon fils ça allais plutôt bien jusqu’à ce qu’il sortent ses dents. Depuis je soupçonne un rgo, je refais une éviction aux plv, il y a une petite amélioration. Mais est ce vraiment ça ?
    Mais c’est vraiment pénible le manque de sommeil ! Moi qui était une grande dormeuse !
    Aller courage 😘

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    1. Je crois qu’il y aura toujours quelque chose, entre les angoisses, les dents, les maladies et cie! Mais c’est d’autant plus difficile à gérer quand c’est soudain et inexpliqué! Bon courage à toi aussi pour les nuits alors!

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