J’ai testé pour toi #6: sur le plateau de DALS

DALS, pour les ignares, ou plutôt ceux qui s’en tamponnent le coquillard, c’est l’émission Danse Avec Les (pseudo) Stars. Emission qui existe depuis neuf ans, et dont je suis fan. Entendons-nous bien: je me fiche absolument des non-personnalités recrutées. Ce qui m’intéresse, ce sont les séquences de danse. Alors quand meilleur cop 2 m’a donné l’idée de m’inscrire pour assister à l’émission avec meilleure cop 1, nous sommes rentrées dans l’Histoire. Avec un grand H.

J’adore la danse, j’adore danser; DALS, c’est un peu ma passion par procuration. Tout me fait rêver et kiffer dans cette émission: les danses, les danseurs, leurs corps, leur passion, le niveau, les costumes, les décors, bref, y’a du fantasme à fond les ballons, y’a de la projection en veux-tu en voilà.

On est sélectionnéééééées!

Il y a quelques semaines, meilleure cop 2  s’est retrouvée sur le plateau avec sa soeur. Paraît-il qu’elles s’étaient inscrites comme ça et qu’elles ont été tirées au sort, chance monstre, puisqu’elles ont appris après coup que la demande était démentielle et que certaines personnes pouvaient attendre jusqu’à deux ans. Mais tu me connais, j’ai une aura naturelle qui attire à moi l’exceptionnel. J’ai tenté. Et en une semaine, j’ai été sélectionnée, escortée par meilleure cop 1, également grande adepte du show. Quand on l’a appris, on a frôlé l’hystérie et la nouvelle étant tombée à 16h04, tous les parents présents à la sortie de l’école on cru que nous étions très nombreuses dans nos deux seuls cerveaux.

Il a fallu s’organiser, meilleure cop habitant à plus de cinq cents kilomètres du mythique plateau 217.  Elle est arrivée quinze minutes avant l’heure fixée pour le départ, jetant posant cosy et bambins dans mon entrée, fonçant dans ma salle de bain où, comme au temps de notre adolescence, je l’ai aidée à choisir sa robe et à se maquiller. Nous avons claqué la porte en mode tenue de soirée sur nos maris, flanqués de six marmots de moins de huit ans, non sans faire un aller-retour après oubli de la carte d’identité, oubli qui nous vaudra une heure de route cauchemardesque entre bouchons, bouchons et aussi bouchons, pour avaler quinze malheureux kilomètres.

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En réalité, nous n’étions pas du tout en retard. Par contre, nous avons intégré à notre arrivée une catégorie sociale jusqu’alors inconnue, où le terme tenue de soirée exigée revêtait des acceptions très disparates: celle des gueux-made-in-TF1. En effet, les VIP, eux, ont eu le droit à un bracelet, une file dédiée, des sièges réservés. Nous en avons été géographiquement séparées dès le départ, et ne nous sommes plus jamais croisés, si ce n’est pour voir défiler devant nous avec un regard haineux le contingent en robe indécente et talons de vingt-sept centimètres dédié à la toile de fond du jury.

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On y eeeeeeeeeeeeeeeeest!

L’organisation était millimétrée: vestiaire, petite bouteille d’eau, sandwich triangle Leader Price, hop, nous étions prêtes pour monter sur le balcon, non sans entre-apercevoir à deux cent cinquante mètres de nous et à moitié cachée par une porte la veste scintillante de Chris Marquez.

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En passant par les escaliers, nous avons noté au passage, avec un rire sardonique, vengeur et mesquin, que finalement, les gens assis ne voyaient pas si bien que ça, et peut-être même que les cheveux du voisin de devant pouvaient éventuellement les gêner. Quant à nous, nous avons débarqué dans l’espace réservé aux gueux-qui-restent-debout, avec vision panoramique et comble du luxe, bouteilles d’eau à volonté incluses.

J’ai poussé un Wahouuuuuuuuuuuu de gamine émerveillée devant un sapin de Noël, déclenchant l’hilarité de mes voisines aussi hystériques que moi: Hihihihihi, on a eu exactement la même réaction, hihihihihihi! Bref, le décor, la musique et l’atmosphère ont fait soudainement, mais heureusement pas irrémédiablement chuter la moyenne des QI en présence. A 19h15, le plateau était déjà illuminé, musique à fond, danseurs en costume sur la piste en train de répéter, ambiance de folie direct.

Et heureusement qu’elle était là, l’ambiance. Parce qu’au bout de 3h30 de clap-clap-clap, de ouééééééééééééééééééééééééé, de youhouhouuuuuuuuuuuuuuuuuuuu, de wahouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu et de yeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah dirigés de main de maître par un chauffeur de salle qui ne rigolait pas du tout- on sent qu’il y a un standing à tenir- nous ressemblions à des loques humaines avec des poteaux à la place des jambes et un périnée souffrant de l’apesanteur. Heureusement, y’avait les pubs. J’aurais jamais cru pouvoir dire ça un jour.

Car vois-tu, les pauses sont absolument nécessaires à ce genre d’émission en direct. Et pas seulement pour récolter un max de flouze, non, non. Pendant que toi, tu enrages sur ton canapé à coup de distingués Et alleeeez, encore des pubs, font vraiment chier TF1, suceurs de moelle, ou encore on s’en balec de ce que pense la mère de la cousine du voisin du danseur, sur le plateau, on installe, on plante le décor, on remaquille, on règle, on révise, on nettoie, et si on fait partie des gueux, on s’assoit.

Rien, absolument rien n’est laissé au hasard. Tout est millimétré, du costume de Miss Univers dont tu ne peux même pas jalouser les fesses tant elles sont humainement exceptionnelles, jusqu’à la vanne du présentateur que tu croyais improvisée et qui est en fait écrite noir sur blanc sur le prompteur. Les danses paraissent plus lentes en réel qu’à la télévision, plus homogènes aussi, et le travail du staff technique est hallucinant. La machinerie est impressionnante, au service exclusif du spectacle télévisuel. J’ai ainsi regretté les échanges quasi inexistants des danseurs avec le public (Attends, il nous regarde, Anthony, là nan? Hein? Il nous… Ah, bah nan.) qui s’est pété les mains a donné de la voix pendant presque quatre heures. Mais mon ultime contrition restera de ne pas être tombée sur un soir de torses dénudés. Un seul, et appartenant à un gamin de vingt ans,  c’était visuellement très insuffisant. Au final, on retiendra sûrement de cette soirée mémorable notre centième de seconde de gloire en haut à droite de l’écran quand on fait pause à 1 minute 45 très précises.

Mais bon, on va pas faire les exigeantes, hein. Musique, spots-ligths, meilleure amie, ambiance boîte de nuit, rires, cris, mais surtout, SURTOUT quatre heures de liberté totale sans enfants, ça valait largement le coup d’être sélectionnée du premier coup!

24 commentaires sur “J’ai testé pour toi #6: sur le plateau de DALS

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  1. AHhhhhhh Trop bien cet article. Je savais déjà tout ça puisque j’avais eu la chance que tu me le partages de vive voix mais j’ai quand même pris plaisir à le lire et à revivre cette expérience avec toi.

    Trop cool, classe, fantasmatique. Peut être trop frustrant pour moi : mais pourquoi c’est pas moi qui danses dans les bras d’Anthony???????

    Mais bon…on peut toujours rêver. Antho, si tu passes pas là… ^^

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    1. Merci contente que ça te parle aussi à l’écrit 😊
      On s’est dit que c’était vraiment à faire! C’était mon premier plateau télé et franchement commencer avec une grosse émission comme ça c’est une super expérience!
      Anthony, ouais, pas mal, mais Brahim reste irremplaçable 😍😍😍

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      1. je reste sur Anthony (si tu passes dans le coin Antho…on se fera une petite salsa/bachata…).
        Comme ça on a chacune le siens! On ne se marche pas dessus et notre amitié n’en pâtira pas ^^ (c’est beau de rêver)

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  2. C’est marrant comme ce choix d’émission ne cadre pas du tout avec l’image que j’ai de toi ! 😉 Sacré récit inspiré, quelle expérience !! Mais dis-nous en plus sur les conditions de sélection, comment as-tu fait pour décrocher si vite cette place tant convoitée ????

    Aimé par 1 personne

    1. Ah oui? Pourquoi? J’ai une horde d’amies de longue date qui sont aussi fans que moi, c’est notre côté « On se vide la tête »!
      Côté sélection j’ai fait comme monsieur-madame Toutlemonde: je suis allée sur le site Idille émissions, j’ai rentré mon nom, mon prénom, celui de la personne qui m’accompagnait et hop! C’est parti faire coucou au huissier! Il faut postuler chaque semaine, on ne s’inscrit que pour une émission à la fois! Sur les 800 personnes du plateau, seules 200 ont été tirées au sort, c’est te dire la double chance qu’on a eue!

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  3. Ca sent l’éclate totale ^^ J’avoue tu me donnes envie mais j’habite un peu trop loin!
    Un copine fait la première tous les ans depuis 3 ans je crois… Tirée au sort à chaque fois, quelle chance!!

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    1. J’ai des amies qui ont fait le déplacement depuis Lille, on y est vite et puis c’est sur la route (Saint Denis)!
      Alors j’ai cru comprendre qu’on pouvait s’inscrire en tant que « membre » privilège, d’où les VIP et d’où peut-être la chance systématique de ta copine?

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  4. Du temps lointain de mes études parisiennes, j’étais allée assister à l’enregistrement d’une émission sur… France Inter ! Il y avait moins de paillettes et d’ambiance que sur le plateau de DALS… 😀😀

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