J’ai testé pour toi #2 : 5 jours dans les Pouilles sans enfants

T’es déprimé(e)? Ton boulot te fait chier? Elles sont encore loin, les vacances d’été? Viens, suis-moi, c’est par ici, le compte rendu de mon voyage dans les Pouilles labellisé sans marmaille!

Notre séjour était prévu depuis mars. Je m’étais laissé un jour entier avant notre départ pour accomplir des choses tout à fait essentielles, comme peaufiner mon épilation ou statuer sur la nécessité de vernir mes ongles de pieds en prune ou en rouge. Las. La compagnie aérienne que nous avions choisie sur des critères tout à fait autres que la qualité du service client nous enverra un SMS laconique 36 heures avant notre départ pour nous annoncer l’annulation pure et simple de notre vol aller.

Décidés à ne pas laisser gâcher notre rêve par une putain de compagnie de merde de mes deux, nous réserverons en catastrophe un vol pour le lendemain matin, soit 24 heures avant notre départ initial, préparerons nos valises dans un désordre tout aussi manifeste, assurerons la transition avec les grands-parents de manière complètement désastreuse, je m’épilerai comme ça, sans crème, sans mousse pour adoucir le feu du rasoir, et nous partirons, hébétés, sonnés, traînant nos valises bouclées en urgence, pas certains de tout à fait comprendre ce qui nous arrive, quelques 12 heures après la réception du SMS satanique.

La bonne nouvelle, c’est que si tu as suivi, nous aurons gagné un jour de voyage dans l’histoire. 24 heures que nous n’avons nullement boudées.

Au final, c’est donc cinq jours et demi de séjour dans les Pouilles que je vais te conter…

Un point d’ancrage pour rayonner

Nous avons choisi Gallipoli comme point d’ancrage, et ne l’avons pas regretté. Cette ville portuaire fortifiée était animée le soir, très animée, genre coupes gominées, talons, robes moulantes, et regards en biais de sortie, mais pas bondée, il y régnait une atmosphère salée, rythmée par les cris des mouettes, et par le vent s’engouffrant par intervalles irréguliers dans les rues. Manger des fruits de mer, des glaces énormes et coulantes face à la mer, sans rien à l’horizon, dans le soleil couchant, nous l’avons fait pour la première fois à Gallipoli, et nous le referons plusieurs fois durant ces cinq jours.

DSC_0417DSC_0419thumbnail_IMG_3908thumbnail_IMG_3911DSC_0416

Tous les matins, nous en partions, pour deux heures maximum de routes pleines de trous, d’oliviers, de dépassements dans les virages et de départs d’incendie, avec au programme: une ville et une plage, ou une plage et une ville, cruel dilemme à résoudre en fonction d’une météo qui ne descendra jamais sous les 28 degrés.

Les Pouilles côté villes

Si mon mari a eu un coup de coeur pour Matera et ses « Sassi » (cailloux) en français, quartiers creusés à même la roche, j’ai pour ma part beaucoup aimé Ostuni la blanche, à la fois majestueuse et intimiste. Lecce et Alberobello, respectivement grandiose et stupéfiante, ne nous laisseront pourtant pas un souvenir aussi marquant. Avec Lecce, nous avons redécouvert les (trop) larges rues et immenses places, avec Alberobello, les inconvénients des lieux très fréquentés par les touristes. Quant à Otranto, elle m’a séduite par le contraste entre l’intérieur de ses murs, réservé aux visiteurs avec chapeau et appareil photo, et la périphérie, où nous nous sommes mêlés aux lycéens et aux locaux le temps d’une baignade. Nous en avons conclu qu’il y a cadre de vie et…cadre de vie.

Alberobello, 9h30, 35 degrés:  là où tu ne ressembles à rien, à suer comme un boeuf sous le cagnard des rues montantes, les yeux plissés par le rayonnement immaculé des maisons:

DSC_0592DSC_0582DSC_0587

Lecce, la ville où les italiens montent dans une Coccinelle pour faire 50 mètres. Heureusement, elle valait une sacrée photo:

DSC_0462DSC_0465

Ostuni la blanche, mon coup de coeur, où j’ai astucieusement orienté mon appareil pour que tu ne puisses pas deviner qu’en fait, les rues étaient bondées (dix minutes pour capter le cactus sans le groupe de retraités! C’est vraiment parce que tu le vaux bien!). La seule ville où nous verrons vraiment du monde, au final:

DSC_0486DSC_0476DSC_0479DSC_0466DSC_0495

Otranto la charmante, sûrement le seul endroit au monde où tu as envie de piquer une tête dans le port (oui, c’est le port, qu’on voit, là, en turquoise-transparent au premier plan):

DSC_0560DSC_0561thumbnail_IMG_3912

Polignano, la ville où il n’y a personne entre les remparts, parce que tout le monde est en train d’étrenner son string sur la plage:

DSC_0595DSC_0602

Matera, où le temps semble s’être arrêté dans les Sassi, que nous avons arpenté seuls (on entendait le bruit du courant dans le canyon), et où le haut de la ville contraste totalement en architecture et en couleurs:

DSC_0400

DSC_0371

DSC_0386

Les Pouilles côté plages

Les Pouilles sont réputées pour renfermer des plages caribéennes, telles Punto Proscuitto ou Punta della Suina. Les trois premiers jours, le temps a été très venteux, et nous n’avons pas pu admirer les joyaux de la mer ionienne ou adriatique comme nous le voulions: il y avait beaucoup de vagues et de courant. Franchement, on était dég. Bon, on s’est baignés, dans une eau à 26 degrés, et encore transparente malgré la houle, mais c’était pas pareil, et puis mon maillot de bain avait une fâcheuse tendance à se faire la malle. J’avais pris des trucs avec des noeuds-noeuds fragiles, pour des plages-piscine où rien ne bouge. Une expérience affreuse à vivre, je t’assure. Il manquait une part de magie. Nous nous sommes rattrapés un lundi de plomb, sans un souffle perceptible, dans les dunes de Campomarino, où nous nous sommes récriés tout l’après-midi, extasiés, émerveillés devant l’exceptionnelle beauté du lieu: Tain c’est trop beauuuuuuuuu, Nan mais t’as vu cette eau??? Vas-y, mitraille pour le blog on va les faire jalouser leur race!!

Punta della Suina, où nous sommes allés un samedi, entourés de locaux plus ou moins musclés venus pique-niquer en famille:

DSC_0447DSC_0445DSC_0424

Punto Proscuitto, la fameuse plage caribéenne où nous avons été forcés de nous baigner dans cette eau affreusement agitée, turquoise et à 26 degrés:

DSC_0410

Marina Serra, avec sa piscine naturelle creusée dans la roche, où je compte sur toi pour faire semblant de ne pas voir l’intruse assise à gauche qui gâche la vue:

DSC_0553

Campomarino, le clou du spectacle, l’eau limpide et aussi calme qu’un lac, à tel point que nous sommes entrés dans la mer avec l’appareil jusqu’à mi-cuisses (mi-cuisses, te dis-je!) pour te donner un beau rendu et te faire rêver au maximum:

DSC_0535thumbnail_IMG_3909DSC_0524

Les Pouilles côté vérité

Je suis une blogueuse honnête, tu le sais. Aussi ne vais-je pas te laisser uniquement sur ces photos à te faire enrager pour le restant de tes jours, non. Je vais te livrer des anecdotes vérité. Ouais. C’est ce qui fait la valeur ajoutée de mon site, vois-tu.

Les Pouilles, c’est sale. Visiblement, il manque de poubelles dans le coin, ou alors il est par trop fatigant de les atteindre.

Nous avons été frappés par la pauvreté de la région, par l’état déplorable des infrastructures. Les périphéries des villes sont particulièrement laides et déprimantes, genre pays de l’Est post effrondrement du bloc soviétique, mais en jaune-orangé.

Les italiens conduisent plutôt…mal. Nous avons assisté à deux accidents graves, mais graves hein, en cinq pauvres jours de conduite sur les lieux.

Nous avons surtout côtoyé des locaux, les touristes étaient présents mais marginaux. Les italiens parlent très spontanément le français. Deux fois sur trois, nous commencions nos conversations limitées en anglais et les finissions en français à l’initiative de nos interlocuteurs. Les italiens restent fidèles à leur réputation, très chaleureux et accueillants.

DSC_0380

La nourriture est excellente, même quand elle est familiale et peu recherchée. Les prix sont tout à fait raisonnables, voire modiques, ce qui nous a permis de multiplier les restaurants, midi et soir, et de prendre chacun trois kilos au passage, à coups de raviolis aux haricots, linguine aux fruits de mer, mozzarella DOP, pesto de roquette et poulpe rôti.

Et cher lecteur, chère lectrice, je t’ai gardé le meilleur pour la fin, comme un chausson sortant du four: les italiens sont très soucieux de leurs corps, sont tous bronzés, tous très tatoués (c’est simple, je n’ai jamais vu autant de tatouages au mètre carré), autant de dire qu’on me repérait à dix kilomètres à la ronde, même sans mon appareil et ma crème solaire. Quant aux italiennes, elles donnent envie d’assumer nos corps: grandes, petites, maigres, fines ou rondes, musclées ou bourrées de cellulite, jeunes ou âgées, elles sont abonnées aux strings: de quoi faire passer ton deux pièces pourtant bien échancré pour une burqua.

Conclusion

Les Pouilles ne volent pas leur réputation montante: elles regorgent de joyaux tant naturels que citadins. C’est ce qui nous a séduits dans ce voyage: où que nous allions, nous découvrions quelque chose de différent, d’unique, chaque ville a une âme, chaque plage a une particularité. Nous en sommes revenus éblouis tant par le turquoise des eaux que par ma peau réverbérant le soleil. Bref: N’hésite pas, elles n’attendent que toi.

NB: Comme j’ai dû me tortiller et transpirer pour prendre ces photos objectivement sublimes, repérer le plus beau cactus et ce vélo posé là, dans un coin, attendre que mamie daigne dégager du champ, et tenter vainement de t’illustrer la folie des strings sans passer pour une folle perverse, on peut décemment affirmer que ces photos sont tous droits réservés. Gare à toi.

31 commentaires sur “J’ai testé pour toi #2 : 5 jours dans les Pouilles sans enfants

Ajouter un commentaire

  1. j’aurais aimé te voir te débattre avec ton maillot de bain a noeuds noeuds !! (excuse mais c’est drôle !) effectivement pour connaitre un peu l’Italie, ils conduisent un peu à la oneagainbistouflaïe (tu connais pas cette expression ??) et c’est pas les plus propres. mais bon, vous avez profité un max, et ça c’est cooool ! et le vol du retour, lui n’a pas été annulé j’imagine ! je suppose que c’est une compagnie low cost ? bande de chacals. bon moi j’ai pris air france pour cet été, y’a plutôt pas intérêt a ce qu’ils pensent à annuler ou à faire gréve, sinon y’aura des meurtres ! c’est pas tous les jours qu’on prend l’avion, c’est environ une fois tous les 15 ans !

    Aimé par 1 personne

    1. A la fin c’était des quadruples noeuds histoire de conserver un semblant de dignité 😀
      Oneagainbistouflaïe? Bien-sûr que je connais et ça décrit effectivement très bien les rabattements au dernier moment, les collages de cul, les dépassements dans les virages et autres manoeuvres sécuritaires!
      Oui, on a terriblement profité, et évidemment non, nous n’avons pas eu 24 heures de plus au retour! Oui, c’est la compagnie low cost la plus moins bien réputée! J’ai cru à une joke avec leur SMS, tellement c’était écrit à la va-vite, sans formulation, mais non, on a mis 2 heures à retrouver l’info officielle…à leur décharge, pour une fois, la grève, c’était en Italie! Je croise les doigts pour toi (et pour nous, on repart avec ces chacals cet été!)!

      Aimé par 1 personne

  2. Que te dire d’autre que tu as magnifiquement réussi cet article et que tu es parvenue à ton but ? Je te déteste et te jalouse donc cordialement. Et je pars faire ma valise. Et si tu le permets, d’ici quelque temps, quand les remous d’admiration à l’égard de ce splendide article seront calmés, je rebloguerai cet article afin de faire profiter mon lectorat de ton talent de conteuse et de photographe. Ou au moins je collerai un lien sur mon blog.

    Aimé par 1 personne

  3. Génial ce séjour, tu m’as donné envie de découvrir les Pouilles dont j’avais déjà entendu parler ! Dommage pour la saleté ; j’avoue que c’est rebutant pour le coup mais bon…
    Allez bon retour en France et vivement les prochaines vacances, hein 😉

    Bises
    Cécilia

    Aimé par 1 personne

    1. Je t’assure qu’on l’oublie vite, la saleté c’est en périphérie, là où c’est moins fréquenté, « hors circuit »…ça ne gâche quasiment rien du plaisir! Et ouiiiii, vivement les prochaines 😀

      J'aime

  4. Tu parles de photos et de string dans ton dernier paragraphe. Mais quid de la photo du dit string??? Un cactus, des eaux turquoises…c’est surfait! mais un beau string sur des fesses…ça c’est de la photo!! Nan..je suis déçue! (2nd degré, bien évidemment! Ne nous méprenons pas! ^^)

    Aimé par 2 personnes

    1. J’ai tenté. J’ai écrit « vainement ». Je suis navrée. J’y ai mis toutes mes forces. Mais comme les plages étaient assez peu fréquentées, l’orientation de mon appareil aurait été par trop suspecte. J’essayerai de me rattraper à Majorque, où les conditions devraient être optimales 😀

      J'aime

  5. C’est vendu, j’inscris la destination dans ma top liste des potentielles destinations de vacances pour les années à venir!! (Cette année, elles seront toutes aussi italiennes mais plus toscanoises)

    Aimé par 1 personne

    1. Ça vaut vraiment le coup! Après avoir fait Rome et le Nord, des Cinque Terre jusqu’à Venise, nous avons inscrit la Toscane, mais aussi toute la côte Adriatique et la Sardaigne dans notre « to do list »! N’hésite pas à me donner un retour de votre expérience de cet été!

      J'aime

  6. Tu sais que tu me manques mais un truc de dingue toi???
    Heureusement que ton blog est là pour me faire sourire, rire, pleurer, réfléchir… J’adore tes articles, le ton que tu y mets. J’adore te lire. C’ est un régal comme une petite bouffée d’oxygène dans mes journées chargées!
    Hâte de te voir. 😘

    Aimé par 1 personne

    1. Marine, tu me fais pleurer❤️ Toi aussi tu me manques, plus que quelques semaines avant de sourire, rire et réfléchir ensemble! Et sache que ce sont toutes vos réactions, et des réactions comme les tiennes puissance 1000, qui sont de mon côté des bonheurs du quotidien! Merci, merci, merci 😍

      J'aime

  7. Oh, ces photos!! Comme tu me donnes envie de partir en amoureux! Je rêve de retourner en Toscane avec mon mari! Ce ne sera pas pour cet été visiblement, mais je ne perds pas espoir! C’est une chance de pouvoir faire garder les enfants, tu as bien eu raison d’en profiter!

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, moi aussi quand je les regarde j’ai envie de partir en amoureux 😀
      L’espoir fait vivre, tu as raison, même si ces projets sont reportés, ils sont présents dans un coin de nos têtes et nous aident à rendre la vie plus jolie!

      J'aime

  8. Elles sont canons tes photos !
    1. Une petite évasion de l’esprit parfaite pour une fin de week-end avant de ré attaquer le boulot
    2. L’envie d’aller dans les pouilles, que je ne connaissais que de nom
    3. Désagrément et avantages fidèles au sud de l’Italie je pense, j’avais été à Naples et ça ressemble à ta conclusion
    (Désolée pour les bullet points, mais on est dimanche soir…)

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup!
      1) Ravie que ça t’ait permis de t’évader
      2) C’est une destination encore assez confidentielle, mais tout comme la Croatie que j’avais faite au début des années 2000, plus pour très longtemps je pense!
      3) Effectivement, j’ai eu des retours de la région napolitaine assez similaires!
      Désolée pour les bullet points c’est la reprise 😀

      J'aime

  9. Super article 🤗 ! Je ne connaissais pas cette région et mon italien de mari (du nord) n’a toujours pas daigné me faire visiter son pays que je ne connais qu’à travers un médiocre voyage scolaire quand j’avais 15 ans.
    Tes photos sont magnifiques et le texte drôle 👍, bravo !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :