Chroniques du mois de mai: ce que les autres attendent de moi, ce vers quoi j’irai sûrement

Ça fait long, comme titre.
Depuis plus de 15 ans, soit pendant la moitié de ma vie, on m’a donné La sensation d’avoir fait des choix en deçà de mes possibilités, des choix décevants. Mais décevants pour qui? Entre les représentations des autres, et mes propres aspirations, je te dévoile le cheminement qui m’a permis, aujourd’hui, de m’autoriser enfin à me poser.

Du lycée au projet de reconversion, une pression intériorisée

Quand, en Terminale, mes profs ont appris que je ne ferai pas Khâgne Hypokhâgne, certains ont failli s’en étouffer. J’avais le niveau. J’avais largement le niveau. J’avais « le profil ». Mais j’ai refusé de m’embarquer dans une prépa. Parce que je me connaissais mieux que mes profs, et que je savais que cette voie m’aurait rendue dépressive, anorexique, boulimique ou les trois en même temps. Je suis certaine d’avoir gagné ou du moins, de ne pas avoir perdu des années de santé mentale en route.

Quand mes parents et mon futur mari ont appris le métier que je voulais faire, ils ont réagi violemment. Je méritais mieux que ça. Je n’avais pas fait tout ça pour ça. Je pouvais viser plus haut. Je me suis écoutée pour faire le métier que je voulais faire, et aujourd’hui j’arrive à le dire, je ne regrette rien, car ce métier m’a convenu, je m’y suis enrichie professionnellement mais surtout humainement. Si je n’avais pas suivi mon propre chemin, j’aurais toujours eu un doute, un regret, peut-être même un ressentiment.

Quand les gens ont appris que je voulais me reconvertir, j’ai eu l’impression de revivre une troisième fois ces épisodes de ma vie: Il faut que tu vises haut. Tu es brillante, tu vas réussir. Je suis sûre que tu vas trouver une voie digne de la grande dame que tu es. Ne fais pas ça. Tu vas t’ennuyer, tu vas végéter! Vous êtes une femme passionnée, vous devez aller vers une voie qui vous fait vibrer! Vous méritez de faire ça. Tu as raison de viser haut. Je ne me fais aucun souci pour toi.

Evidemment, je suis toujours extrêmement touchée et honorée par ces marques de reconnaissance de personnes pour qui j’ai souvent une estime et/ou une affection profondes. Mais le revers de la médaille, c’est que ces remarques créent une pression inconsciente, celle d’être digne de l’opinion que les gens ont de moi. Si je ne vise pas haut, je vais les décevoir! Ca va ternir mon image! Il se diront qu’ils se sont trompés sur mon compte! Il se diront, comme à l’époque, que c’est un beau gâchis…

Derrière ces remarques, il y a aussi la représentation que les gens se font de la reconversion: si on fait l’effort de se reconvertir, c’est forcément pour changer de vie! Pour faire un métier cool, un métier qui fait rêver! C’est pour réaliser ses aspirations profondes! C’est pour être heureux(se) au travail!

Mais le but d’un métier est-il de nous rendre heureux? Un métier peut-il nous épanouir?

S’il y a bien une erreur que j’ai souvent faite, c’est de mettre tous mes oeufs dans le même panier. Je ne peux et je ne veux plus croire que changer de métier soit le seul moyen de me rendre plus épanouie. Un emploi est avant tout un moyen de gagner sa vie. Dans les meilleures conditions possibles, certes. Mais je crains que notre génération ne soit devenue trop exigeante avec la vie, soumise à cette injonction permanente de s’éclater dans toutes les sphères de l’existence.

Il n’y aura pas de métier rêvé

Ce mois-ci, l’évènement marquant a été ma prise de rendez-vous avec ma DRH pour un bilan le plus exhaustif et personnalisé possible. Pour pouvoir obtenir cet entretien, j’ai dû construire un CV et remplir un questionnaire de motivation. Ça en valait la peine.

J’ai été reçue par quelqu’un ayant mon profil, et sachant donc exactement de quoi elle parlait. Une personne à l’écoute, et une personne compétente, qui a déconstruit certaines représentations mais surtout, malheureusement, confirmé mes nombreuses recherches: je ne pourrai pas me reconvertir vers « le métier de mes rêves », ou « la voie qui me passionne ».  Je te dévoile pourquoi.

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Les options sont très réduites

Que ce soit la reprise d’études, le congé de formation, les détachements, la mobilité, les candidatures spontanées, les portes sont très peu nombreuses et très étroites. Je n’ai le choix qu’entre très peu de possibilités.

Il est trop tard

Il n’est jamais trop tard, dit-on. Eh bien, si. Parce qu’aujourd’hui, si l’on me demandait ce que je voudrais faire, je partirais vers des métiers qui demandent cinq à six années d’études. Je l’aurais fait à 20 ans, sans attaches et sans contraintes. Mais aujourd’hui, je ne veux pas sacrifier à mes trois enfants cinq années d’études exigeantes. Ces années à ne pas voir grandir mes filles, personne ne me les rendra.

Je n’ai pas de métier rêvé

Aucun métier ne me fait vraiment rêver. J’ai mûri. Je sais que chaque profession a sa part d’ombre: de routine, de précarité, de pression, de prétention salariale, de stress, de conditions de travail, d’horaires, de reconnaissance. Je n’idéalise plus aucun métier.

Je veux juste changer

Je ressens un besoin intense d’élargir mon horizon, de gérer de nouvelles problématiques, de travailler avec d’autres publics. De changer de quotidien. Sans pour autant me mettre en danger, ou tout bouleverser. Je ne veux pas changer de vie. Je veux juste changer de métier. 

Depuis qu’une voie se dessine, j’accepte enfin de me poser

Parallèlement à cette mise à plat, et sûrement grâce à cette mise à plat, j’ai enfin défini une ébauche de parcours: faute de pouvoir faire le métier de mes rêves, je vais tout faire pour m’orienter vers un domaine qui m’intéresse: viser peut-être moins haut, pour être certaine d’avoir le choix des sujets qui jalonneront mon quotidien.

Depuis que j’ai défini cette option, j’accepte enfin de me poser. J’ai arrêter de chercher, d’écumer le net, les forums, les brochures, j’ai commencé puis arrêté de réviser. J’ai enfin accepté de me redonner du temps. De digérer et de laisser décanter cette nouvelle voie. Je me laisse jusqu’à septembre, symboliquement.

Mon congé parental vient vraiment de commencer. 

 

27 commentaires sur “Chroniques du mois de mai: ce que les autres attendent de moi, ce vers quoi j’irai sûrement

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  1. Je suis très touchée par ton article Je te souhaite de trouver ce que tu cherches J’aime l’idée que plus qu’un métier, il s’agit de trouver un verbe à sa vie. Ou plus simplement un sens. Prends soin de toi et au plaisir de te lire

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    1. Merci Emeline, j’ai lu un article hier, qui parlait de reconversion justement, et qui disait que plus qu’une « voie », il faut vraiment apprendre à être en paix avec soi-même, et il est évident que cet objectif dépasse le simple cadre d’un projet de reconversion. La DRH m’a dit qu’il y avait quelque chose à analyser, à travailler dans mon parcours fulgurant, sans bavure, sans rature, et pourtant décevant aux yeux de certains…beau programme en perspective!

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  2. C’est un questionnement qui me parle, je me laisse moi aussi quelques semaines pour profiter sans pression, avant de me tourner vers cette épineuse question de la reconversion…pas facile de repartir sur de nouvelles bases, tout ne dépend pas que de nous…

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    1. Si je retiens un conseil qui est revenu plusieurs fois au cours de mes entretiens c’est: prenez le temps. Je me connais, je pense que j’avais besoin de tout déblayer, de tout savoir, de tout contrôler, avant d’accepter de lâcher prise. Tu as raison, il y a des facteurs extérieurs prégnants, qui pèsent fortement dans la balance. En bref, tu as bien raison de profiter. Tu en ressortiras plus forte pour amorcer cette nouvelle page de ta vie.

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  3. C’est un article vraiment touchant. Je me reconnais pas mal dans ce que tu dis. Je ne veux pas de poste trop contraignants, avec du management. On me dit que j’ai de l’avenir, que je vais le regretter. Mais non. Des réunions jusqu’à pas d’heure, le smartphone collé à la main pour gérer les urgences, non merci. J’ai longtemps voulu me reconvertir dans la médecine. J’ai 28 ans, je suis trop vieille aussi. J’ai juste envie de profiter de mes jeunes enfants, de ne pas les entendre dire plus tard « mais tu n’étais jamais là ».

    J’adore mon métier, il a quand même des enjeux stratégiques importants. Je travaille beaucoup, certes. Mais quand je quitte le bureau c’est fini. J’ai plaisir à aller travailler car je sais que je peux partir une heure plus tôt sans avoir à prendre mon ordi portable pour finir dans le train. J’ai plaisir à faire autre chose que de m’occuper de mes enfants, j’en ai même besoin. J’ai besoin d’avoir les neurones en pleine tempête et de me sentir utile au delà de ma famille.Tout est question d’équilibre.

    J’ai envie d’évoluer, mais pas au point d’aller dans un poste de direction.

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    1. Merci beaucoup, eh bien sache que moi aussi, je me reconnais dans ce que tu dis. Je pense que j’ai des capacités mentales, mais beaucoup moins de capacités morales. Je suis quelqu’un qui supporte très mal la pression. Et moi non plus, je n’ai pas d’ambitions dirigistes, d’ambitions de carrière particulières. Je veux me renouveler. En équilibre, comme tu le dis si bien.

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  4. Tu en as fait du chemin en si peu de temps : bravo ! Je ne te cache pas que je suis très curieuse de savoir ce vers quoi tu te diriges mais je comprends aussi que tu ne souhaites pas forcément tout dévoiler maintenant alors que tu n’es qu’aux prémices de ce changement de métier.
    Je patienterai alors 😉

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    1. Eh bien pour tout te dévoiler, en avant première et après un suspense insoutenable, j’aimerais bien me diriger vers la culture. Mes premières amours, en quelque sorte. Ça ne te dit évidemment pas concrètement ce que je ferai, mais ça, je ne le sais moi-même pas encore!

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      1. Je te remercie de me (nous) confier cette nouvelle ! Ce choix de la culture ne me surprend guère, toi qui semble en avoir pas mal. Evidemment, c’est très vaste et il va falloir aiguiser tout ça mais les choses prendront forme petit à petit 🙂

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      2. Mais de rien et je suis flattée de donner l’impression d’avoir de la culture 😀
        Effectivement, il me faut maintenant trouver la porte d’entrée mais heureusement pour moi, il n’y en a pas beaucoup qui se présentent!

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  5. oulala qu’est ce que cet article parle à la coach que je suis devenue !! On voudrait compliquer les choses alors qu’elles sont simples : choisir sa voie, c’est juste s’écouter. Et ne pas écouter les autres, qui projettent leurs propres désirs sur nous. « si moi j’avais de telles notes, je ferai hypokakne !  » oui mais tu n’es pas moi. tu as dis non, car tu savais que ça ne te convenait pas. c’est fort d’avoir su résister a cette pression à 18 ans ! Toi seule sait ce qui te convient, selon les critères qui te parlent. Tu ne veux pas sacrifier des années avec tes enfants pour des études, très bien ! tu suis ton propre chemin, c’est super. pas toujours facile, mais super ! c’est vrai qu’aujourd’hui on met la pression pour s’éclater dans son job, j’en sais bien quelque chose 🙂 le plus important pour moi, c’est que personne n’aille bosser la boule au ventre. on peut avoir un boulot , et s’éclater ailleurs ! du moment qu’il nous convient et qu’il ne nous rend pas malade !

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    1. Merci beaucoup pour ton retour qui me fait du bien. C’est ce que mon mari me répète à longueur de temps: n’écoute pas les autres sur cette question. Il m’a comme d’habitude énormément aidée à faire le tri entre mes aspirations. Il me connaît tellement bien. C’est lui qui m’a aidée à débriefer le rdv DRH, selon la logique tu viens de décrire.
      C’est effectivement très difficile de mettre à part ce que les gens nous disent car il y a énormément d’affect qui rentre en jeu, l’opinion de ces gens compte pour moi, c’est toute la complexité de savoir les écouter tout en s’écoutant. Et tu as tout à fait décrit ce que je recherche: un boulot qui me convient. Ce sera déjà pas mal du tout.

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  6. J’ai hâte de savoir vers quel chemin tes envies de portent!
    Ton article me parle aussi (un peu ou beaucoup, je ne sais pas encore!). Je suis en congé parental, j’ai mes enfants dans le viseur pour le moment mais clairement j’ai envie de m’épanouir aussi ailleurs. Je me cherche aussi. J’ai regardé des formations, j’ai même regardé à reprendre la fac pour faire des études plus longues, comme si un diplôme plus haut me donnerait plus de valeur (j’ai compris que non, mais j’ai compris que l’image que j’ai de ma valeur était à travailler). Donc, hâte d’en savoir plus! 🙂

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    1. C’est drôle, j’ai remarqué en lisant ça et là des articles, ou des blogs, que les congés parentaux sont souvent l’occasion d’une remise en question globale, qui touche souvent à la sphère professionnelle. Pour moi, cette envie date, mais le congé me reconnecte avec mes projets et mes envies. Quant aux diplômes et à la valeur qu’ils représentent, c’est évidemment une question sous-jacente, celle de l’image qu’on a de soi et de celle qu’on donne aux autres. Vraiment, je pense qu’un projet de reconversion bouleverse beaucoup plus qu’un simple emploi.

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  7. Pas facile toute cette pression! Je l’ai aussi vécu quand toute ma famille me voyait médecin… mais pas moi… J’ai fait une année de médecin pour leur faire plaisir mais j’ai vite changé après! Aujourd’hui, je ne suis pas forcément satisfaite de là où je suis… Est-ce à cause de la boîte ou de mon métier? Je ne sais pas mais je me pencherai sur le sujet une fois le projet bébé 2 abouti 😉
    En tous cas, je te trouve sur la bonne voie et plutôt sereine! Profite bien de ton congé parental 🙂

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    1. Contrairement à toi on ne m’a jamais imposé ni dessiné une voie toute tracée…je pense vraiment que les attentes étaient plus latentes, plus diffuses, mais bien présentes. Je connais beaucoup de gens qui comme toi, ont été poussés dans une branche qui ne leur convenait pas: ça s’est toujours fini comme pour toi et heureusement finalement. Ca prouve qu’il ne sert à rien de se forcer « pour faire plaisir ». Et tout comme toi, je suis persuadée que mes projets familiaux m’ont détournée pendant un bon moment de ces questionnements professionnels sous-jacents! Prépare toi à un effet rebond 😉

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  8. Il y a une étude qui dit que les personnes entrant sur le marché du travail aujourd’hui auront 3 jobs bien différents durant leur carrière !

    Et je suis certaine que notre génération est prise en étau entre la génération de ceux qui font leur carrière dans la même boite et ceux qui ont la bougeotte. Actuellement rien n’est adapté à nos reconversion de milieu de carrière, on ne sait pas comment gérer ces périodes… Mais ca va venir, il n’y aura pas le choix

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    1. Je pense qu’effectivement nous avons le cul entre deux chaises, partagés entre nos aspirations et les réflexes de la génération d’avant, qui ne s’est jamais posé ces questions et du coup est sûrement perdue face à ces remises en questions existentielles. En tout cas, c’est certain, dans mon métier, rien, ou en tout cas quasiment rien n’est fait pour favoriser la mobilité…

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  9. Ne t’inquiète pas, on ressent au travers de ta plume, que tu es quelqu’un de brillant! Pour moi, la vraie intelligence consiste à savoir de quoi on a besoin et ce qu’il faut pour nous rendre heureux. Peu de gens en sont capables et oscillent souvent dans leur vie entre frustration et rêves chimériques. Tu as su trouver ta voie et te remettre en question quand tu en ressentais le besoin, bravo!

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    1. Wahou. Ça c’est du compliment. Je me le garde sous le coude, en cas de phase de recherche dépressive 😀 Merci beaucoup!
      Je pense que je suis surtout très consciente de mes limites qui sont surtout comportementales. Oui, je pense que mon tempérament hypersensible, angoissé, un peu torturé m’empêche d’envisager certains métiers. Je l’accepte totalement et l’intègre dans mes explorations!

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  10. Les autres pensent souvent mieux savoir sur nous-mêmes, que nous. Ces commentaires peuvent être avisés pour des choix inconscients mais cela ne semble pas avoir été ton cas !
    C’est super de se poser et de savoir ce que l’on ne veut pas, à défaut de savoir ce que l’on veut. Cela nous guide dans nos réflexions. Je te souhaite maintenant de profiter avec sérénité de ton congé parental et de trouver de belles opportunités dans ton nouveau domaine prochainement !

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    1. Merci pour ton commentaire! Je n’ai jamais reçu de « conseils », uniquement des phrases d’encouragement, très flatteuses au demeurant, mais elles me mettent la pression! Il est effectivement beaucoup plus simple de savoir ce que l’on ne veut pas que l’inverse! Et oui, je commence à profiter à fond, à ne plus avoir d’arrière-pensées, à être plus disponible et ça c’est 👍🏻

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  11. coucou!

    j’aime beaucoup ce post. Je me souviens bien de cette période où tu as fait le choix de ta carrière de base. C’est vrai que tu « aurais pu » faire autre chose. Mais en même temps, quand j’étais en terminale, je voulais faire les mêmes études que toi (la même filière pour arriver au même concours). Mais mon père m’a dit : « hum…choisis peut être une autre filière. Il n’y a pas beaucoup de déboucher dans cette voie si jamais au final tu ne passes pas le concours (ou si je le rate). » Au final, je choisis psycho et ouf parce que j’aurai été en échec total dans l’autre filière. Et ouf, parce qu’au final, je n’ai pas passé le fameux concours. ET tant mieux parce que j’aurai encore une fois été en échec.

    Bref, tu aurais pu continuer dans ta filière, mais c’est vrai que les débouchés sont assez restreints. Qu’aurais tu fait au final si tu avais continué? Et puis, tu disais que ça ne te faisait plus vibrer toutes ces études de texte.

    ET finalement ton post m’a fait réfléchir concernant mes enfants. Je me suis toujours dit que j’allais être très libérale : mes enfants feront ce qu’ils veulent (tant qu’ils font). Mais j’attendais d’eux que qu’elle que soit la carrière ils y aillent à fond et ne s’arrêtent pas au minimum de leur capacité. J’ai réfléchi un peu pareil que tes proches. Ben oui, on veut le « meilleur » pour ses enfants et on transpose notre anxiété sur eux.
    Avant, on apprenait surtout sur le tas, aujourd’hui, ça reste vrai parfois mais les diplômes st survalorisés et si on ne les a pas, on peut pas avancer, hélas. (Dixit d’expérience familiale).

    Bref, je vais au boulot sur ces bonnes paroles ^^

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    1. Bah moi j’aime beaucoup ta réponse (et d’ailleurs, je voulais te dire que pour une parasite, tu commentes tout de même régulièrement!)! Je l’aime bien parce que c’est la seule réponse d’une proche et que tu rappelles des éléments cruciaux 😉 Mais quelle sagesse, ton papa!!! Quelle sagesse!!! Sérieusement, tu penses vraiment que tu aurais été en échec total dans l’autre filière?? Etrange, les ressentis des autres, moi j’aurais vu tout le contraire!
      Tu te souviens parfaitement et tu as raison que OUI, je n’en pouvais plus de ces versions latines et de cette littérature comparée, et OUI, j’en avais marre des études, je voulais me poser et faire un môme. Peut-être cette envie viscérale a-t-elle joué à l’époque dans mon choix.
      Et je te rejoins totalement dans la direction que tu veux donner à ta pression parentale (faut bien qu’il y en ait une tout de même!) mais ici je sens que le mari n’aura pas du tout les mêmes ambitions pour ses filles. Pour lui l’ascenseur social a tellement fonctionné qu’il n’imagine pas l’inverse pour ses propres enfants. Ah là là, si on ajoute les inquiétudes sur le destin des enfants à ma propre trajectoire, la douche froide ne me suffira plus pour trouver le sommeil! 😀

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  12. Je trouve que tu as déjà fait un bon bout de chemin. Tu arrives à une vision juste et dés-idéalisée de ton futur métier. Comme tu le dis, on en demande beaucoup à un simple job de nos jours, et en même temps c’est une considération extrêmement bobo-parisiano-bourgeoise, car je doute que les personnes travaillant en chaîne de montage, ou emballant des escalopes de dinde toute la journée, se questionnent sur leur épanouissement professionnel : elles payent leur loyer, point. L’équilibre personnel/professionnel est primordial, il faut trouver sa reconnaissance dans la sphère privée, plus que dans la sphère pro, je crois que l’on en arrive toutes à cette même conclusion, quel que soit notre parcours professionnel 🙂

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    1. Merci pour ton commentaire, ça me fait du bien d’avoir différents retours! J’ai eu longtemps le sentiment de pédaler dans la semoule mais au final, tous ces questionnements auront servi à déjouer de fausses représentations et c’est toujours ça de gagné pour la suite. Le mari d’une amie, qui a connu la guerre au Liban, lui dit souvent que nos questions existentielles sont un luxe occidental, et ça fait du bien de se l’entendre rappeler parfois. Je pense que quand on est jeune, qu’on vient de débuter, on cherche forcément à se réaliser par le travail, même sans avoir fait de longues études. C’est la suite de l’histoire qui modifie la donne, même si je trouve normal et sain que suivant les périodes de nos vies, il y ait des va et vient entre priorités personnelles et professionnelles. C’est comme ça qu’on mûrit et qu’on s’enrichit, sans quoi on s’encroûterait à réfléchir toujours aux mêmes enjeux 🙂

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      1. J’ai eu la chance de partir 6 mois à l’étranger, dans un pays très pauvre, et oui, on se rend compte du décalage des priorités entre nos propres questionnements, et la réalité quotidienne de certains, pour qui rester en vie et se nourrir, est l’unique enjeu. Cela ne doit pas pour autant empêcher toute réflexion, mais juste aider à relativiser l’importance de ce qui occupe notre vie. J’essaye de garder à l’esprit que j’ai beaucoup de chance d’avoir le luxe de me poser des questions sur des problématiques non vitales 🙂

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