J’ai vécu le syndrome du ventre vide

Ma grande fille, tu as eu 7 ans. On dit que 7 ans, c’est l’âge de raison. Je ne sais pas s’il s’agit de l’âge de raison pour toi, mais ça l’est très certainement pour moi. Car j’en ai fait, du chemin, depuis que tu as fait de moi une maman, dans la douleur psychique, celle du syndrome du ventre vide.

Il y a 7 ans, je t’ai mise au monde après une grossesse passée au pays des Bisounours. Sur un nuage rose, évanescent,  entourée de douce rosée, insensible aux vicissitudes et aux besoins primaires de ce bas-monde, et où même mon liquide amniotique sentait la violette et le jasmin. Une grossesse comme une bénédiction, une évidence magique, sans aucun écueil, aucun évènement malheureux ou inquiétant, à rêver le bébé que je désirais depuis si longtemps. J’allais enfin devenir mère. Le reste n’existait pas.

Je t’ai imaginée. Fantasmée. Surtout fantasmée. Dans mes projections, tu étais un projet impalpable, un bébé parfait, et bien-sûr, il n’y avait sur mon nuage aucune place pour les suites de couches, les nuits écourtées, les pleurs ou le vomi.

Mon mari m’avait avertie du danger. Ses mises en garde n’ont pas réussi à me faire atterrir avant ta sortie. Mon accouchement idyllique non plus d’ailleurs.

Le réveil est arrivé très rapidement. Il a été brutal.Violent. Pourtant, tu as été un bébé extrêmement facile, comme beaucoup de parents pourraient en rêver. Ça ne m’a pas suffi. Tu ne m’as pas suffi. Mon ventre, horriblement vide, criait toute la douleur de t’avoir perdue comme foetus, sans parvenir à trouver de compensation par ta présence bien réelle. Tu étais une étrangère. Je me sentais spoliée, dépossédée, seule. Hébétée par le manque de sommeil, je répétais comme un robot mon mal-être à qui voulait l’entendre, à qui pouvait le concevoir. Tu me manquais. Affreusement. Douloureusement. Personne ne me comprenait. Il était là, mon bébé. Qu’avais-je besoin de regretter l’autre?Toi à l’intérieur de moi, tout était si simple. Je ne t’avais rien qu’à moi, tout en n’ayant rien à gérer.

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L’amour maternel était bien là, pourtant. Je t’ai aimée immédiatement. Mais je n’aimais que le foetus que tu avais été. Je t’en voulais de ne pas être à la hauteur. Je m’en voulais d’éprouver cette sensation horrible d’être suspendue dans le vide, présente physiquement et pourtant nulle part à ma place de mère. Car j’étais la mère d’un bébé qui n’existait plus: celui je j’avais abrité, celui auquel j’avais aspiré.

Tout allait bien, pourtant.

J’ai vécu ce qu’on appelle le syndrome du ventre vide. A l’époque, on en parlait peu, et je me suis sentie très seule, incomprise, à pleurer en regardant chaque photo de moi enceinte, comme un état béni qu’on m’avait arraché sans que je sois prête, comme si je n’étais pas vouée à accoucher et que ma grossesse pouvait perdurer indéfiniment. Rien que d’écrire ces quelques mots, je ressens comme un écho, une résonance du trou béant qui semblait ronger mon corps.

Ça a duré six semaines, jusqu’à ce que tu fasses tes nuits et que la fatigue s’éloignant, je parvienne peu à peu à faire surface. Je n’ai compris ce qui m’était arrivé que des années plus tard. J’ai réellement pensé avoir fait un « simple » baby blues. Mais mon passage à vide portait un nom: la dépression post-partum. Elle s’est construite et nourrie du décalage entre l’idéalisation et la réalité. Elle a perduré jusqu’à ce que les deux se fondent jusqu’à se rejoindre dans une harmonie acceptable: la véritable maternité.

J’aime à croire que cette période n’a pas eu de retentissement sur notre lien, sur ton équilibre, mais je n’en suis pas certaine. Je ne t’ai jamais rejetée. Mais je t’ai accueillie comme on accueille l’enfant d’un autre. J’ai dû apprendre non à t’apprivoiser, mais à accepter de t’avoir perdue. Cette partie-là de ton histoire, je ne te l’ai jamais racontée. J’espère pouvoir le faire quand tu seras en âge de comprendre toute la complexité des conditions dans lesquelles on devient maman. On croit avoir tout envisagé, on croit avoir écouté tous les conseils, recueilli toutes les expériences, assimilé tous les vécus.

Notre coeur, notre cerveau arrivent pourtant à nous prendre au dépourvu, à nous infliger une souffrance que nous n’aurions jamais pu prévoir, à nous laisser démunie. Et puis, apaisée. Et finalement, grandie.

Et toi, comment as-tu vécu ton passage au statut de mère?

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Crédit photos: PXHere

39 commentaires sur “J’ai vécu le syndrome du ventre vide

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  1. Quel magnifique article qui ne résume que trop bien ce que j ai vécu! Pour moi ça a durer bcp plus longtemps (tout d abord jusqu a ce que je reprenne le travail puis il y a qq semaines)! Alors le fallait il presque 8 mois pour accepter ce que j avais idéalisé?
    Parfois encore je repense a mes fantasmes enceinte de ce bébé parfait qui ne pleure pas… c’est très dur à accepter mais j’ai enfin eu le’ déclic….

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    1. Je suis heureuse qu’une maman ait pu s’y retrouver. Autour de moi, certaines l’ont vécu mais de manière très ponctuelle, sans que ça prenne les proportions de mon propre passage à vide. Je suis désolée pour toi que ça ait été si long, et ça prouve que ce phénomène est encore trop peu diagnostiqué et pris en charge…rien que d’en parler, de savoir que j’étais normale et que ça allait passer auraient pu soulager ma peine.

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    2. Bonjour je sens comme un écho à ce que vous racontez comment avez-vous fait pour passer outre je vous explique je viens d’accoucher le dis même un beau petit garçon cela a été ma dernière grossesse car mon compagnon et en plus âgée que moi de 20 ans ne souhaite pas en avoir d’autres j’ai du mal à me résoudre à cette idée de ne plus pouvoir enfanter je vais les choses très très mal à tel point que je me demande quel sens je vais maintenant pouvoir trouver à mon existence j’ai l’impression de vivre une ménopause forcée je ne me sens plus femme cette sensation de bien-être durant la grossesse était pour moi ce qu’il y avait de plus exaltant au monde comment vais-je pouvoir trouver la force de vivre une vie fade dans laquelle je ne sert plus à rien merci de m’aider merci de vos réponses

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      1. Bonjour Anne-Flore,
        Laissez-vous le temps. Vous venez d’accoucher, vous êtes encore sous l’influence des hormones, sûrement en plein baby blues et fragilisée par le bouleversement de la fin de la grossesse. La fin d’une grossesse est brutale, violente et quand on l’a vécu sur un nuage pendant 9 mois on se prend un bus en pleine figure. J’ai beaucoup parlé du deuil de la grossesse sur mon précédent blog, car c’est de ça dont il s’agit, il va vous falloir faire un véritable deuil, d’autant plus difficile qu’il n’est pas forcément voulu. Si vous sentez que d’ici quelques mois vous êtes encore sur la brèche, malheureuse et que vous ne parvenez pas à dépasser ce sentiment de non sens et d’inutilité, n’hésitez pas à demander l’aide d’un professionnel, j’ai moi-même été suivie par une psy qui m’a beaucoup apporté. Courage et n’hésitez pas non plus à me contacter par mail si vous avez besoin d’échanger plus en détails.

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  2. Je connaissais le post partum mais j’ignorais que le syndrome du ventre vide en faisait parti. J’imagine que cela a dû être très difficile pour toi et surtout, tu sembles ne pas avoir été accompagnée. Je pense que tu as raison de vouloir en parler à ta fille, qu’elle sache.
    Grosses bises
    Cécilia

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    1. Moi non plus je ne le savais pas au moment où je le vivais, à vrai dire, je ne savais même pas que ça portait un nom bien identifié et que je pouvais ne pas être la seule à le vivre. Je n’ai effectivement pas du tout été accompagnée, j’avais honte, il est évident que j’aurais déjà dû rencontrer ma psy à l’époque. J’en ai beaucoup reparlé avec elle, elle m’a dit qu’elle était impressionnée de mes ressources pour avoir su m’en sortir si vite. Le fait que mon bébé ait été facile m’a aidée je pense. Sans ça j’aurais pu sombrer. J’essaierai de trouver le bon âge pour lui en parler, pour qu’elle comprenne tous les tenants et aboutissants de la chose.

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  3. Ton article est vraiment très poignant !
    Je n’ai pas vécu de dépression du post partum même si les choses n’ont pas été simples pour moi particulièrement, car j’étais très isolée à l’époque.
    Je savais que les débuts seraient difficiles, mais je ne m’attendais pas à autant de difficultés, particulièrement au niveau du sommeil. Mais je pense que ce n’est pas dû au hasard, j’en suis ressortie vraiment grandie. Toucher mes limites les plus profondes m’a permis de me confirmer ce que je voulais vraiment dans la vie. Finalement, j’en suis plus apaisée.
    Je te souhaite de trouver le moment de parler de tout ça à ta fille. Je pense que c’est un merveilleux cadeau que tu peux lui faire.

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    1. Merci pour ton retour Claire. L’isolement ajoute au dénuement des mamans, surtout après un premier accouchement. C’est la découverte totale, et comme tu le décris, souvent le choc, pour le sommeil ou pour d’autres raisons, même si on a anticipé, on ne prend la mesure du chamboulement qu’une fois qu’on le vit. Mon accouchement n’a pas signé la fin d’un chemin de croix, comme la grossesse peut l’être pour certaines, mais d’un bonheur de tous les instants que je voulais impérissable. Moi aussi j’en suis ressortie grandie, j’en ai appris beaucoup sur moi-même et sur des mécanismes de pensées que je peux mettre en place.

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    1. Merci Picou, à lire les réactions ici ou sur Facbook, je me rends compte que finalement c’est encore assez méconnu, je n’irais pas jusqu’à dire marginal, mais peut-être que certaines mamans n’ont pas conscience de l’avoir vécu…ce n’est pas glorieux de s’avouer qu’on a considéré son propre bébé comme un étranger.

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  4. Quel beau texte sur un sujet qui est tellement dur à évoquer. De mon côté, pas de dépression port partum pour mes 2 premières grossesses. Pour la dernière c’est un peu différent. La grossesse a été difficile, pas tant sur le point physique que sur le plan psycho (soupçon de trisomie, puis de maladie génétique, de « peut-être qu’il y a quelquechose, ou peut être pas… enfin on en sera sûr à la naissance.. ».)Bref ça a été un moment difficile et j’ai fait face. Mais quand ma puce est née, toute cette pression n’arrivait pas à passer. Le moindre pleur me paraissait byzarre, elle ne mange pas byzarre, elle mange trop byzarre, elle ne dort pas byzarre, elle dort trop byzarre…. et pendant plusieurs semaines, je me suis sentie épuisée, vidée de toute cette pression autour de ce bébé. J’ai vraiment ressentie à quel point on est fragile physiquement et psychiquement après une grossesse et un accouchement.Heureusement qu’on était 2, mon mari a été top. Il m’a fallu plusieurs mois pour retrouver un semblant d’équilibre, je commence à y parvenir et ma puce va avoir 9 mois…

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    1. Merci pour ton retour Lucie! Ton témoignage prouve bien que l’expérience, en la matière, joue moins que les circonstances. Je visualise ce que tu as dû ressentir, puisque j’ai éprouvé les mêmes choses, mais avec moins d’angoisse, lors des 5/6 mois de la petite dernière. On scrute le moindre regard, le moindre sourire, et si de mon côté j’ai été soulagée rapidement, j’imagine que des mois et des mois entiers sous tension ont dû laisser des traces profondes sur toi. L’aide du conjoint, celui qui vit l’évènement au plus proche de nous, est indispensable. Le mien était perdu. Il était jeune. Il ne savait pas comment m’aider. J’espère que tu parviendras à apaiser doucement et sûrement tes ressentis. Je me reconnais totalement dans ta phrase: on est fragile après un accouchement. J’ai toujours été extrêmement fragile après mes accouchements. Sur le fil. Ce sont des périodes hors du temps, je trouve.

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  5. J’ai dis tellement souvent à ma dernière: «Tu me manques» … mais je ne crois pas l’avoir vécu comme un traumatisme mais plus comme une transition. Je peux dire aujourd’hui que je l’aime inconditionnellement pour ce qu’elle est maintenant, c’était peut-être moins le cas les premiers mois. La fatigue n’aide sûrement pas et le fait de n’avoir profité que quelques semaines du bonheur d’accueillir ce nouveau bébé aussi. Pas étonnant qu’elle soit née post terme! 😊

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    1. Elle a anticipé tes ressentis cette demoiselle! J’aime bien ta façon te décrire ton amour pour elle. Moi aussi j’ai dû ré-apprendre à aimer un nouvel être. Pour moi ce sont les soucis de santé qui ont perturbé son arrivée mais je n’ai ressenti aucun manque pour la dernière, ni la cadette d’ailleurs. Ouf! Ça aurait pu me donner envie de remettre le couvert 😄

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  6. C’est un témoignage très poignant que tu nous livres. J’ai eu un petit baby blues qui allait et venait pendant quelques temps mais rien de comparable. Je n’avais d’ailleurs jamais pensé à la dépression du post-partum de cette manière. Ca a du être vraiment difficile pour toi et sûrement ton mari également durant cette période!
    Je suis sûre que ton témoignage servira à d’autres 🙂

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    1. Je t’avoue que sur le coup je n’ai rien compris à ce qui m’arrivait. C’est ma sage-femme qui m’a parlé de dépression, des années plus tard. Un Baby blues ne dure que quelques jours. Si ça s’installe, c’est que c’est plus profond. Ça a été d’autant plus difficile que j’avais honte et que personne ne comprenait mon ressenti, tout le monde me répétait: mais il est là, ton bébé!!! Avec du recul je les comprends, j’ai dû passer pour une folle 😅

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  7. Je ne connaissais pas ce que tu décris. Comme les autres lectrices, j’ai eu un baby-blues ou une dépression à l’arrêt de l’allaitement, mais jamais de nostalgie de mon bébé intra-utérin. Comme tu le dis ce n’est pas très courant et cela doit être d’autant plus difficile à vivre car on doit se sentir complètement ovni. Ce doit être une véritable renaissance de sortir de cet état !

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    1. À l’époque j’en ai surtout parlé à ma famille, très peu à mes amies, et leurs réactions ahuries, démunies m’ont découragée d’aller chercher plus avant du soutien. J’ai déjà fait des recherches sur le net, apparemment ce n’est pas si rare que ça mais sûrement encore un peu tabou. Et tu l’as deviné, la période qui a suivi a été une véritable plénitude, comme une réparation!

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  8. Comme d’hab’ j’arrive bonne dernière…il en faut bien une! ^^
    Je n’ai pas ressenti ce syndrome du ventre vide. Un sentiment d’étrangeté face à ma fille et cette idée que « mince…on peut plus faire machine arrière, c’est ma fille pour toute la vie. » Je m’en voulais d’ailleurs de ce genre d’idée et non pas d’avoir un flux énorme d’émotion, de joie et de pleurs mélangés que d’autres ressentent. C’était plutôt une responsabilité qui m’incombait désormais.
    J’ai eu un baby blues mais sans aller plus loin. Mais ça me suffisait, je garde un mauvais souvenir de ce sentiment interne et psychique spécifique au baby blues. Ce mal être, cette solitude, cette anxiété du soir… Bref, toutes les joyeusetés de baby blues.

    Et même si on est bien entouré ( ce qui n’a pas particulièrement été le cas pour moi) je pense qu’on reste profondément seule face à son mal être, interne et singulier. Super CCL pessimiste me direz vous. Ben non, parce que la plupart trouveront les ressources internes pour sortir de tout ça. cela sera une page de leur histoire comme d’autres vivent autres choses et en sortent. parfois plus fort, parfois pas mais s’en sortent.

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    1. Merci pour ton commentaire et de décrire si précisément ce qu’ont pu être tes propres ressentis après cette première naissance. Le sentiment de « responsabilité soudaine » et la sensation d’être prisonnier qui l’accompagne souvent est plus fréquent je pense! Moi aussi je garde un mauvais souvenir, un peu nauséeux, de ces périodes. Et je pense aussi qu’on ne peut compter que sur soit pour s’en sortir, un peu comme pour tout coup dur de la vie d’ailleurs: les autres peuvent nous écouter, nous comprendre mais pas aller mieux à notre place…

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  9. Je trouve ce témoignage magnifique et poignant. Je n’ai pas connu la dépression post-partum dont tu parles, sans doute parce que j’étais trop occupée à me reconstruire après deux accouchements catastrophiques. Du coup, je comprends mieux cette dépression que je connaissais de nom sans vraiment trop comprendre le processus. Ce n’est pas si facile de trouver les mots et tu le fais magnifiquement bien.

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire, en plus avant de l’ouvrir, je ne vois que les premiers mots « magnifique et poignant » s’afficher, du coup j’ai direct le sourire 😊
      Je suppose que tu parles de reconstruction physique te concernant car les accouchements difficiles peuvent aussi laisser des traces psychiques longues à cicatriser. Je trouve assez fou toutes ces directions multiples et ces aspects que peut revêtir une seule et même réalité: le fait de (re)devenir Maman.

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  10. Je n’avais jamais entendu parler de ce syndrome…Moi, ça a été, totalement, le contraire. Grossesse horrible niveau physique, accouchement traumatique (mon fils était en détresse respiratoire)…En finir avec cette partie a été une délivrance. Tu as très bien décrit le phénomène en tout cas.

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    1. Merci pour ton retour, c’est certain que toutes les circonstances ont joué en faveur du déclenchement de ce syndrome, tout comme pour toi elles ont joué en faveur du sentiment de délivrance. Comme je le disais plus haut, c’est un panel impressionnant de tout ce qu’on peut ressentir en devant mère!

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  11. Un très beau et très touchant témoignage, dans lequel je retrouve une partie de ce que j’ai ressenti à la naissance de mon fils. Pour ma part j’ai eu l’impression que les neuf mois de grossesse m’avaient préparée… à être une future mère, une femme enceinte ! Mais pas du tout à être une mère tout court. Et mon ventre plein me manquait beaucoup. En revanche, mon bébé lui-même ne me manquait pas, je l’ai « reconnu » immédiatement… mais à cela s’est ajouté une énorme angoisse, qui s’est heureusement peu à peu apaisée. Je trouve que c’est important de parler des sentiments ambivalents qu’on peut éprouver à la naissance d’un bébé. Cela évitera peut-être à d’autres mamans de se sentir aussi démunie et incomprise que toi, tu l’as été.

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    1. Je te rejoins totalement dans ta description de la grossesse. Je l’ai ressenti -mais après coup- de la même manière, je construisais et voulais faire perdurer un état que je connaissais déjà!
      Ce sentiment de « reconnaissance » je l’ai heureusement éprouvé pour mes deux autres filles mais le contexte était totalement différent et je sais qu’il joue beaucoup.
      Je pense aussi qu’il est nécessaire d’en parler, même si le vécu en face n’est pas identique, ça permet de démystifier et d’échanger sur une période complexe pour beaucoup de mamans. Merci pour ton commentaire!

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  12. Quel magnifique article !
    Mon fils va avoir 8 ans le mois prochain, je me reconnais tellement dans ton article, même si je pense l’avoir vécu moins fort que toi.

    Ma grossesse je l’ai aimé tellement fort… J’ai adoré être enceinte et je pense ne jamais avoir été aussi heureuse. C’était entre moi et mon bébé, lui et moi. Quand il est né je l’ai laissé au papa et à la famille qui était venu le voir, comme si j’avais besoin de recul avant de devenir maman. Moi ce que j’avais aimé c’était la grossesse… pendant quelques semaines j’ai ressenti des choses, j’ai cru devenir folle, comme si je sentais mon ventre bouger. Je passait mon temps avec ma main sur le ventre. Ma grossesse me manquait vraiment.

    Après ça, je suis devenue fusionnelle avec mon fils mais j’ai mis du temps à devenir maman.

    Pour la deuxième, tout du contraire, je n’ai pas aimé ma grossesse, j’étais déprimée… Par contre ça a été fusionnel dès la seconde ou j’ai posé mes yeux sur elle.

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire, ça me fait très plaisir de te lire en détails. Je me reconnais dans tout ce que tu décris. Les grossesses et moi avons toujours été de fortes histoires d’amour, j’ai eu la chance de les vivre sans aucun écueil. Le début de ma troisième grossesse a été moralement très difficile, mais j’ai réussi à relever la tête mois par mois. Je pense qu’on « reconnaît » plus facilement un deuxième enfant qu’un premier, on connaît l’amour qui va nous prendre aux tripes, on sait par quelles étapes on va passer, on est prêtes.

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      1. Ca m’a fait plaisir de lire ton article ! Je n’en avais jamais vraiment parlé a personne de peur qu’on ne me comprenne pas… Du coup, même presque 8 ans après, ça me fait du bien 🙂
        Oui c’est ce que je me dis aussi. Avec un 2eme enfant on est déjà maman or que pour un premier on le devient, on a parfois besoin d’un petit temps d’adaptation.
        Souvent quand les mamans me disent « j’ai peur de ne pas aimer le 2eme comme le premier » c’est ce que je leur dis 🙂

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  13. Merci pour ton article
    Je me retrouve dans bien des sensations et des réflexions que tu partages dans ce texte
    Je ne reconnaissais pas ce bébé, j’avais beau savoir intellectuellement que c’etait le même bébé, ça n’était pas ce que je ressentais … j’ai eu besoin de psychothérapie et de médicaments pour aller mieux
    Et cela a été une occasion de mieux me connaître et de grandir, dans la douleur mais grandir quand même
    Je me demande souvent quand ce sera le bon moment pour en parler à ma grande (7 ans comme la tienne, ma première)
    En tout cas je suis décidée à lui en parler, pour ne pas enf aire un de ces secrets de famille terribles
    J’en parle d’ailleurs très facilement car j’aurai aimé moi en avoir entendu parler, je me serai sûrement remise plus vite
    Bises, si je peux me permettre 🙂

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    1. Un grand merci pour ton retour qui me conforte que j’ai fait le bon choix en mettant mes ressentis par écrit. Tout comme toi, la raison ne comptait pour absolument rien dans ce que j’éprouvais, et cette sensation de ne pas se maîtriser soi-même était presque effrayante…Je m’en suis sortie sans médicaments sur le coup, mais j’ai fini par faire une psychothérapie aussi…pour d’autres raisons.
      Je pense que le bon moment, il faudra le saisir, quand nos filles nous demanderont plus de détails sur leur venue au monde…je ne laisserai pas passer l’occasion car tout comme toi, je suis convaincue que le silence blesse, qu’il tue.
      Et oui, tu peux te permettre 😉

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  14. Je n’ai pas vécu ce sentiment, tu le sais. Moi c’est différent, mon premier bébé a été une intense réparation. Une situation un peu particulière… Mais j’aime la manière dont tu le décris et je suis sûre que beaucoup s’y reconnaîtront.

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  15. Merci pour cet article qui met les mots sur la douleur que je peux ressentir et qui est indescriptible…. Comment l’expliquer… Mettre des mots c’est impossible… La naissance de ma première je n’ai jamais compris ce qui m’étais arrivé… Actuellement ma deuxième a 1 mois, dernière grossesse, dernier bébé…. Et je le vis très mal et pourtant je l’aime tellement… La serrer contre moi soulage un peu… Mais rien que de se regarder dans les yeux et les larmes me montes…. Je me dis que ça passera… Sans en être convaincu.

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    1. Aurore,
      Je ne sais par quelle combinaison de mots douloureux tu es arrivée sur mon site, mais sache que je suis très touchée par tes écrits. Prendre la peine de commenter sur un blog qu’on n’a jamais lu, ce n’est pas anodin. Je suis très émue par ce que tu ressens, ça fait évidemment écho à mon propre vécu. N’hésite surtout pas à me contacter par mail si tu as besoin d’échanger plus longuement ou plus intimement. Si tu sens que tu ne remontes pas la pente, il faudra absolument demander de l’aide. J’espère que tu n’en arriveras pas là. Je te souhaite l’apaisement, en plus de l’amour. Courage.

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